Parti Communiste des Ouvriers de France

0ctobre 1917 : Une révolution socialiste préparée de longue date
12 novembre 2025

Les 7 et 8 novembre 1917 (1), la classe ouvrière, alliée aux paysans pauvres et soutenue par les soldats et les matelots, accédait au pouvoir dans l’ancien empire tsariste. Un nouveau type d’Etat voyait le jour : le pouvoir des Soviets. Ce ne fut ni un putsch, comme le prétendent certains, ni l’aboutissement d’une lutte parlementaire dans laquelle les réformistes fondent tous leurs espoirs, mais le résultat d’une insurrection populaire dont la victoire a été rendue possible grâce à la direction révolutionnaire du parti bolchevik.

n mars 1917 (2), les ouvriers et les paysans enrôlés dans l’armée s’étaient soulevés contre la guerre et la famine. Le tsar avait été renversé et un « Gouvernement provisoire » issu de cette révolution avait pris la tête du pays. Dirigé par la bourgeoisie libérale, puis par une coalition de forces que nous appellerions aujourd’hui «  social-démocrates » (3), ce gouvernement bourgeois et pro-impérialiste avait poursuivi la guerre et sans répondre à aucune des aspirations profondes de la classe ouvrière et de la grande masse des paysans russes : du pain et la paix  ! Les éphémères acquis démocratiques de cette révolution bourgeoise (droit de vote, libération des prisonniers politiques, liberté d’organisation…) ont rapidement été noyés sous la répression féroce des grèves ouvrières et des mobilisations populaires (4). Le gouvernement provisoire avait par ailleurs été incapable de résister au complot contre-révolutionnaire du général Kornilov.

Une rupture complète avec toutes les institutions de l’Etat bourgeois

Lénine et les bolcheviks avaient, dès le printemps 1917, élaboré un plan concret pour passer d’une « première étape de la révolution, qui a donné le pouvoir à la bourgeoisie par suite du degré insuffisant de conscience et d’organisation du prolétariat, à sa deuxième étape, qui doit donner le pouvoir au prolétariat et aux couches pauvres de la paysannerie » (5) .

Après la Révolution de février, à côté du nouveau pouvoir d’Etat incarné par le « Gouvernement provisoire  », existait un autre pouvoir, celui du « Soviet des députés ouvriers et soldats  ». Les députés soldats étant principalement des paysans mobilisés, ce « Soviet des députés ouvriers et soldats  » concrétisait l’alliance des ouvriers et des paysans contre le pouvoir tsariste. Les bolcheviks le considérèrent comme le futur « organe de la dictature de la classe ouvrière et de la paysannerie » (6). Ils travaillèrent à en arracher la direction à la petite bourgeoisie représentées par les mencheviks et les socialistes révolutionnaires qui s’y trouvaient au début en majorité, tout en lançant, sans attendre, le mot d’ordre « tout le pouvoir aux soviets ! ».

La totalité du pouvoir passa effectivement entre leurs mains les 7 et 8 novembre 1917 (25 et 26 octobre).

A l’issue de l’insurrection ouvrière préparée et dirigée par le Parti bolchevik, la Douma (le parlement russe) a été dissoute et tout le pouvoir a été transféré aux conseils d’ouvriers de soldats et de paysans (les Soviets). Le Gouvernement provisoire dirigé par Kerenski a été destitué et remplacé par un conseil des commissaires du peuple désignés par les Soviets. Une nouvelle administration révolutionnaire a été mise en place avec des hommes et des femmes issues de la classe ouvrière et du peuple. La police et l’armée qui, sous le Gouvernement provisoire, avaient gardé beaucoup de personnels et de caractéristiques de l’époque tsariste, ont été remplacées par des milices populaires et une armée rouge qui a pu défendre la révolution pendant la guerre civile et l’intervention étrangère menée contre le pouvoir des Soviet… La classe ouvrière et les masses populaires disposaient ainsi de nouveaux outils pour prendre leur destin en mains.

Une lutte de classe menée sur le plan économique, politique, théorique et pour une organisation révolutionnaire

Cette victoire fut possible parce que les bolcheviks s’étaient assimilé les leçons que Marx et Engels avaient tirées de la Commune de Paris et que Lénine avait reprises dans son ouvrage L’Etat et la révolution , à savoir que « la classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre telle quelle la machine de l’État et de la faire fonctionner pour son propre compte ». Elle fut possible parce que, dès 1901-1902, dans son ouvrage Que faire ?, Lénine avait battu en brèche les théories « économistes », à une époque où « la social-démocratie de l’Europe occidentale, qui avait été autrefois le parti de la révolution sociale, était en train de devenir un parti de réformes sociales » (7).

Dans les années qui ont précédé la révolution d’Octobre, les bolcheviks ont mené dans certaines périodes la lutte pour des réformes (« La social-démocratie révolutionnaire a toujours compris et comprend dans son activité la lutte pour des réformes » ) . Ils n’ont jamais délaissé la lutte «  économique  », c’est-à-dire l’organisation et la direction des grèves et des luttes contre l’exploitation capitaliste. Mais, dans un cas comme dans l’autre, sans jamais abandonner l’objectif de la révolution. Ils ont combattu la conception « trade-unioniste de la politique » et développé un travail pour faire grandir la conscience révolutionnaire dans la classe ouvrière  : « l’histoire de tous les pays – rappelait en effet Lénine – atteste que, par ses seules forces, la classe ouvrière ne peut arriver qu’à la conscience trade-unioniste, c’est-à-dire à la conviction qu’il faut s’unir en syndicats, mener la lutte contre le patronat, réclamer du gouvernement telles ou telles lois nécessaires aux ouvriers ». Partant du principe que sans théorie révolutionnaire et sans parti communiste, il ne peut y avoir de direction révolutionnaire au mouvement de masse, Lénine et ses camarades ont œuvré pendant toutes les années qui ont précédé la grande révolution socialiste de 1917 à la construction et à la consolidation d’un solide parti révolutionnaire : le parti communiste bolchevik.

C’est cet ensemble de conditions objectives et subjectives qui ont permis la victoire de la révolution socialiste d’Octobre 1917.

Connaître l’histoire, pour comprendre et agir !

C’est en s’inspirant de cette expérience du mouvement ouvrier et communiste, de celle de la Commune de Paris et de la révolution socialiste d’Octobre 1917 que notre parti travaille à faire grandir la conscience de la nécessité et de la possibilité d’une rupture révolutionnaire avec le système capitaliste impérialiste. Cette conscience ne peut mûrir en dehors du mouvement de masse lui-même, mais elle ne peut pas s’acquérir sans l’action résolue des militants révolutionnaires. C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui veulent y travailler avec nous, à rejoindre notre parti.

Ne donner comme seule perspective aux colères et aux exigences populaires, les batailles parlementaires en appelant à se battre «  dans la rue et dans les urnes  » ne peut conduire qu’à une impasse, tant sont graves la violence de l’oligarchie et profonde la crise d’un système « broyeur de vies ». ★


1. Les 25 et 26 octobre dans le calendrierJulien en vigueur en Russie jusqu’en janvier 1918, d’où le nom de Révolution d’Octobre.
2. Le 23 févier dans le calendrier Julien.
3. LesMencheviks , courant social-démocrate lié à la II e Internationale réformiste, partisans d’une alliance avec la bourgeoisie libérale, et les Socialistes révolutionnaires (SR) influents dans les campagnes.
4. En juillet 1917, les mencheviks et les SR,alliés à la bourgeoisie, envoyèrent l’armée contre les ouvriers et les soldats qui manifes taient à Petrograd, puis dirigèrent la répression contre le Parti bolchevik.
5. Lénine Thèses d’avril.
6. Cette forme d’organisation politique demasse est apparue pour la première fois lors de la révolution de 1905. Les soviets des députés ouvriers réunissaient alors des délé gués de toutes les usines. Lénine et les bol chéviks avaient, dès cette époque, considéré cette «  nouvelle forme du génie créateur du peuple  » comme l’embryon du pouvoir révo lutionnaire, une «  préfiguration du pouvoir des Soviets que devait créer le prolétariat en 1917  » (Histoire du Parti communiste (bolchevik) de l’URSS – Ed. de Moscou 1949, p. 87). Entre février et octobre 1917, il y eu « dualité des pouvoirs » entre le Gouvernement provisoire et le Soviet des députés ouvriers et soldats (Ibidem, p. 198).
7. Lénine,Que faire ? Idem pour les citations qui suivent.

1 er novembre 1954 Début de l’insurrection du peuple algérien

Ce jour-là, une série d’attentats contre des gendarmeries, des fermes de colons et des caïds profrançais signés du FLN marquent le début de la guerre de libération nationale du peuple algérien. Il arrachera l’indépendance 8 ans plus tard, en 1962, après 132 ans de domination et d’exploitation coloniales. La droite et l’extrême droite, qui n’ont jamais accepté la « perte » de l’Algérie, tentent aujourd’hui d’utiliser les contradictions avec le régime algérien pour alimen ter la haine et pousser à la confrontation.