10 milliards d’euros pour un porte-avions nucléaire de nouvelle génération 13 janvier 2026
En juillet dernier, Macron appelait à un effort historique pour augmenter les dépenses de défense.
Bayrou l’avait immédiatement intégré dans son projet de budget en aggravant encore les mesures d’austérité réclamées par ailleurs.
Le projet de loi de finances présentée par son successeur, Lecornu, ancien ministre des Armées, a confirmé la même orientation : des économies massives aux dépens des services publics et de la population, mais une hausse spectaculaire du budget pour les Armées. + 13 % en 2026 (50,5 milliards d’euros en 2025, 57,2 milliards en 2026) avec un objectif de 63,4 Mds en 2027 !
Le 10 décembre, le Premier ministre a invité l’Assemblée nationale à « approuver le principe d’une augmentation du budget de la défense pour soutenir une montée en puissance plus rapide de nos forces armées dès 2026* ». Sur 521 votants, seuls les élus de La France insoumise, ceux du groupe Gauche démocrate et républicaine où siègent les députés PCF, quatre élus écologistes et un socialiste ont voté contre.
Le 21 décembre, célébrant Noël avec les forces françaises stationnées aux Emirats arabes unis (900 soldats sur 3 bases), Macron a annoncé le coup d’envoi de la construction d’un nouveau porte-avions :
« Conformément aux deux dernières lois de programmation militaire, et après un examen complet et minutieux, j’ai décidé de doter la France d’un nouveau porte-avions ».
Plus puissant, plus moderne que le Charles-de-Gaulle qu’il remplacera, ce « porte-avions de nouvelle génération » sera le plus grand bâtiment jamais construit en Europe : 310 mètres de long, 80 000 tonnes.
Avec un équipage de 2 000 marins, il pourra embarquer 30 avions de combat. Il est censé être « l’illustration de la puissance de notre nation » :
« puissance de l’industrie, de la technique, puissance au service de la liberté sur les mers et dans les remous du temps ».
Ces rodomontades sont en total décalage avec l’affaiblissement indéniable de l’impérialisme français sur la scène internationale où la « voix de la France » a de moins en moins de poids, malgré les agitations de Macron.
Le coût annoncé de cet immense chantier militaro-industriel est énorme : 10 milliards d’euros ! Ce coup de pouce à la filière nucléaire est également présenté comme une opportunité économique majeure pour les nombreuses entreprises sous-traitantes qui vont être associées à la construction de ce nouveau sous-marin. 800 fournisseurs sont concernés à qui Macron a déclaré qu’il serait « le garant » de l’engagement de l’Etat. C’est osé pour un président en fin de mandat qui s’engage sur un projet dont l’achèvement est prévu en 2038 ! Comme pour tous les autres grands chantiers de l’Etat, c’est la politique du fait accompli qui veut rendre irréversibles les travaux engagés, quel que soit le personnel politique !
Imposée depuis l’Elysée en plein débat sur le budget, cette décision aux lourdes conséquences sur les finances publiques confirme une fois de plus que les parlementaires discutent, mais que c’est l’oligarchie qui décide !
Pour imposer ses choix, elle peut s’appuyer sur les institutions, mais il lui faut également gagner l’opinion. Ce n’est pas étonnant si l’une des rares annonces faites lors des vœux présidentiels a été le retour d’un service militaire volontaire « qui renforcera le lien entre nos armées et la nation ».
C’est dans ce contexte de préparation des esprits à l’acceptation de sacrifices que le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées françaises, invité au congrès des maires de France, les a exhortés à se mobiliser pour que le pays restaure sa « force d›âme » et soit prêt à « accepter de perdre ses enfants ».
Refusons de nous ranger derrière les va-t-en-guerre ! De l’argent pour le social, la Santé, l’Education, le Logement… Pas pour l’armement ! ★
