13 octobre : encore plusieurs centaines de milliers de lycéens et lycéennes, de syndicalistes, parents, militants associatifs, politiques … dans les rues 14 octobre 2026
Une mobilisation qui reste très élevée, sans recul, du point de vue du nombre de lycéens et lycéennes dans la rue, une mobilisation qui grossit dans les facs et même dans de grandes écoles, et une forte mobilisation des syndicalistes, qu’ils soient enseignants ou salariés du public ou du privé. Bien sûr, il y a de la fatigue, mais la détermination reste élevée.
Cette mobilisation des lycéens et lycéennes crée une dynamique de lutte, dans un contexte où les raisons de lutter se multiplient, du fait des attaques du patronat et du gouvernement.
Le gouvernement a beau multiplier les annonces de réouvertures de bahuts, de reprises des cours, les dernières déclarations du ministre sur les milliers de prof remplaçants qui vont être envoyés dans les lycées, sont un coup médiatique, un mensonge, une provocation grossière, qui renforce l’idée que le gouvernement se moque d’eux.
La dénonciation de la répression policière est largement partagée : c’est un tournant, car si beaucoup de jeunes sont victimes des provocations policières, notamment dans les quartiers populaires, c’est l’ensemble des jeunes mobilisés qui se sentent directement concernés et menacés par cette police.
Parmi les revendications, celle de l’abandon de ParcourSup est beaucoup reprise. Ce dispositif est vécu comme une machine à sélectionner et à creuser les inégalités sociales, à soumettre la majorité des jeunes à un stress permanent, au moins pendant deux ans, avec, au final, des « propositions » qui n’ont rien à voir avec les attentes des lycéens.
Les jeunes se posent beaucoup de questions, sur tous les sujets de la société et sur leur avenir. Ils et elles sont conscients d’une chose : c’est par la lutte, la lutte collective, qu’ils avanceront. Et le fait que beaucoup de militants soient à leurs côtés, les encouragent dans cette voie.
Grenoble
10 000 personnes annoncées pour la manifestation de ce mardi 13 octobre.
Trois cortèges se sont rejoints au centre-ville. L’un d’eux est parti du lycée des Eaux-Claires dans l’ouest grenoblois. Un autre a démarré du domaine universitaire. Le troisième s’est mis en route à partir du « campus sud » comprenant notamment l’IUGA (Institut d’Urbanisme et de géographie alpine) et l’ENSAG (Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble). Rejoint par le lycée Marie Curie d’Echirolles, avant de faire une halte devant le lycée Mounier où la mobilisation est toujours très forte. Le troisième cortège du Sud grenoblois comptait également dans ses rangs le collectif Travail social et des inspecteurs et inspectrices du travail. A noter également une manifestation à Vienne et un rassemblement à Bourgoin-Jallieu.
Le parti a diffusé son tract sur le mouvement lycéen.



Les trois cortèges qui se sont rejoints au centre ville


L’école d’architecture, des militantes de Femmes Egalité


Strasbourg : une nouvelle manifestation lycéenne d’importance ce 13 octobre
Les rangs ne désemplissent pas, une mobilisation en nombre proche de celle du samedi, de plus de 7.000 personnes.
La motivation et la détermination ne faiblissent pas. De nombreux panneaux, slogans, qui parlent des revendications des lycéens et lycéennes. Des collages se font pendant la manif. « Suppression de parcoursup, Non à la répression, De l’argent pour l’éducation pas pour les tanks », dénonciation des manques de moyens humains dans les lycées, Liberté d’expression, Halte à la répression, Nous voulons le Bac pas la BAC, Je pense, donc je gêne, l’école ne se vend pas – panneau en référence à mai 68, etc.
Les enseignants, eux-mêmes en revendication pour leurs salaires et leurs conditions de travail, ont soutenu massivement les lycéens. Ils dénonçaient le manque de dialogue de l’éducation nationale et du gouvernement avec la jeunesse. Une prof témoigne « Cette montée en répression et en violence, nous ne l’avions jamais vue. Mes collègues et moi, nous étions très choqués. On n’était jamais dans le dialogue, toujours dans la répression. Ce n’est pas à la hauteur des espoirs et des attentes de la jeunesse » Une professeure d’école tenant un panneau de solidarité avec le mouvement, déclarait : « Je suis d’accord avec tout ce qu’ils revendiquent et j’en fais les frais tous les jours, manque de moyens, manque de considération… De l’argent, il y en a mais pas pour nous Je suis heureuse que les jeunes se mobilisent »
Les parents, voire des grands-parents, sont à nouveau aux côtés de la jeunesse. Les associations de parents d’élèves aussi (FCPE ou l’ADEPEI). D’autres associations également comme la LDH. Et comme dans toutes les manifestations, il y avait des drapeaux palestiniens.
Côté syndicats, l’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires) et les syndicats étudiants (FSE, AES, AFGES) ont mobilisé et leurs militants composaient l’essentiel du cordon de sécurité.
Des préavis de grève avaient été déposés pour la journée. Des syndicalistes du privé comme du public, ont répondu présents : Cheminots, Educ’Action, des militants de Punch, Territoriaux, UD CGT 67, délégation des UL CGT de Schiltigheim, Strasbourg, Haguenau, CGT Recherche Publique, Spectacle, … Élément nouveau : des gens aux fenêtres applaudissaient les manifestants.
Le lien entre les revendications lycéennes et étudiantes et des slogans sur le front démocratique, social et politique était explicite. Un mouvement qui montre que les jeunes ne portent pas que leurs propres revendications mais aussi les questions de société et défendent l’avenir.










Paris : deux immenses cortèges
Il y avait deux cortèges, l’un partant de l’Hôtel de ville et l’autre, de la Place d’Italie, à l’appel de l’intersyndicale ; ils devaient converger.
Nos camarades avaient installé le point de diffusion du parti le long du cortège sur le trajet déposé par les syndicats.
Énormément de manifestants, avec des cortèges compacts de jeunes lycéens, venus de leur bahut, aussi bien de Paris que de la banlieue, avec leurs profs.
Une manifestation ininterrompue, sans arrêt, très dynamique et joyeuse : la joie de se retrouver encore si nombreux, et de voir aussi le soutien des militants, des parents… Fierté aussi de voir que toutes les forces politiques étaient là, qui dans des cortèges, qui avec des points de diffusion. La jeunesse « compte ».
Les exigences remplissaient les centaines de cartons, avec beaucoup de phrases qui claquent et qui dénoncent le fait que le gouvernement n’écoute pas la jeunesse, qu’il ne répond pas à ses attentes.
« On veut le Bac, Macron nous envoie la Bac ».
La répression policière était largement dénoncée et visiblement, il y avait des consignes de « modération » données aux forces de répression.
Le parti, sur Paris, a tenu un point de diffusion, avec table et diffusion du tract et des autocollants « non à la militarisation ». Ils sont partis très vite.
Les SO des syndicats « encadraient » les cortèges des syndicats de lycéens, ce qui ne facilitait pas la distribution des tracts. Mais la majorité des manifestants marchaient dans des cortèges très ouverts, souvent derrière la banderole d’un lycée.
Il fallait souvent discuter, expliquer, pour que le bras de la manifestante ou du manifestant saisisse le tract, provoquant la même réaction de tout un groupe. Du coup, tous les tracts ont été diffusés. Fait significatif ; pas de tract par terre !
Les militants syndicalistes étaient mobilisés et visiblement contents de participer. Si la CGT était en force, la FSU était également très présente, ainsi que Solidaires. Des camarades du parti, enseignants, ont manifesté avec leurs élèves et leurs collègues.
Bordeaux : entre 5 et 7 000 manifestants
La tactique du gouvernement tablant sur le pourrissement n’a pas vraiment fonctionné ce 13 octobre. Plusieurs lycées avaient été rouverts pour accueillir des élèves pour « du dialogue, de l’écoute, etc.. » autour des proviseurs et autres responsables d’établissements. D’autres lycées étaient encore fermés ou sous la surveillance de la police. Les vacances d’automne approchant, le gouvernement joue l’épuisement et la dispersion des centaines de milliers de jeunes en lutte. La manifestation était certes moins nombreuse mais la détermination est toujours là, donnant un dynamisme et une détermination plus grands que lors des précédentes manifestations. Il faut noter la présence supplémentaire d’étudiants des facs bordelaises : la fac de droit « Montesquieu » est bloquée depuis hier et ce n’était pas arrivé depuis les années 1990, celle de « Montaigne », elle, est fermée depuis lundi pour éviter tout risque de blocage et Science Po est toujours bloquée.
On ressent un mûrissement en profondeur du mouvement qui soulève désormais des questions qui dépassent la seule Education nationale et pointent la politique générale du gouvernement et de l’Elysée. A Libourne ce sont les hospitaliers syndiqués proches du lycée Max Linder qui sont venus devant l’établissement faire cause commune avec les lycéens et lycéennes, flanqués de la FCPE locale. Les syndicats professionnels de Bordeaux et sa banlieue étaient présents comme depuis le début du mouvement. La police a été discrète, presque absente sauf à la fin d’un parcours extrêmement long où elle a procédé à une dispersion violente et a interpellé 5 manifestants.
Nous avons tenu un point fixe avec pancartes et affiches et diffusion du tract du parti « La lutte des lycéens et lycéennes est juste ! » La Forge a été achetée et d’anciens ont été donnés. Le dernier numéro de Rupture traitant de « l’Education nationale en système capitaliste » a également été diffusé.









