Parti Communiste des Ouvriers de France

1er mai: face à un nouveau projet de loi, le combat continue
10 juin 2026

Rappelons que la première bataille pour garantir le 1er mai des travailleurs, seul jour férié payé chômé, a été gagnée suite à la mobilisation unanime des organisations syndicales et au rejet, en première lecture à l’Assemblée nationale, du projet de loi ouvrant en grand le champ des dérogations aux secteurs du commerce alimentaire, de la boulangerie-pâtisserie et des fleuristes, bref une loi dite « Carrefour-Interflora ».

Le 13 avril, l’ensemble des organisations syndicales avaient réussi à faire en sorte que le gouvernement ne passe pas en force et ne convoque pas la Commission mixte paritaire, entérinant ainsi le retrait de ce projet de loi réactionnaire promu par les nostalgiques de la « fête du travail » de Pétain.

Pour autant, cherchant à faire passer par la fenêtre ce qu’il n’a pu faire passer par la porte, le gouvernement a déposé, dès le 29 avril, une nouvelle version de son projet de loi initial dans un nouveau texte dit de «  sécurisation du travail du 1er Mai » en réduisant le champ des dérogations aux salariés volontaires des artisans boulangers- pâtissiers et fleuristes acceptant de travailler ce jour férié chômé.

Traité comme une loi d’urgence, ce projet de loi sera soumis le 16 juin 2026 au vote du Sénat pour une application le 1 er mai 2027, la veille des élections présidentielles. Il s’inscrit dans le climat de surenchère contre les droits sociaux et syndicaux des travailleurs.

Dès le 23 avril, le Conseil d’État a, par avance, déjà donné un avis favorable à ce nouveau projet de loi, le critiquant sur des questions de pure forme sur « la brièveté des délais », sans qu’il y ait la moindre étude d’impact. Ce qui souligne et surligne le caractère idéologique de cette mesure.

Il ne s’agit rien moins que d’une modification du Code du Travail dans son article L. 3133-6 avec la rédaction d’un nouvel alinéa intégrant les artisans boulangers-pâtissiers et fleuristes autorisés à faire travailler leurs salariés le jour du 1 er mai, le tout justifié par « une obligation de continuité de l’activité d’intérêt publique comme la santé, la sécurité, les transports » et qu’ils soient « volontaires ».

Le forcing du gouvernement s’est poursuivi pour obtenir des accords collectifs de branches, avec une consultation formelle de la Commission Nationale de la Négociation Collective de l’Emploi et la Formation Professionnelle. Toutes les organisations syndicales des secteurs concernés ont été consultées sur les modalités concrètes du contenu de la future loi. Elles ont toutes donné un avis défavorable, la CFDT se contentant de prendre acte.

Deux conventions collectives nationales sont concernées  ; celle de la boulangerie-pâtisserie artisanale qui concernait, en 2023, 180 000 emplois avec 81 % des entreprises de moins de 20 salariés. Et celle des artisans fleuristes. Cette convention Collective concerne 14 638 emplois de fleuristes (chiffre de 2023) sans être applicable en Polynésie et Nouvelle-Calédonie.

Dans un communiqué de presse, l’ensemble des organisations syndicales a pris acte du retrait du premier projet et a dénoncé «  l’empressement du gouvernement à déposer ce nouveau projet, montrant son obstination à répondre à la moindre exigence du patronat… ».

Un empressement qui s’était déjà traduit, le 1er mai 2026, par les encouragements des ministres en direction des patrons boulangers comme des fleuristes à s’affranchir de la loi, en leur garantissant qu’ils ne seraient pas poursuivis en cas de contrôle par l’inspection du travail.

Lors de la réunion des instances du personnel au sein de la Direction du travail, toutes les organisations syndicales représentant les inspecteurs et contrôleurs du travail ont quitté la séance, pour protester contre les propos du Premier ministre, considérant que son texte de loi était déjà adopté.

Avec ce nouveau texte, l’inspection du travail en charge du contrôle d’infraction au regard du code du travail verra sa mission se limiter à contrôler la réalité du volontariat de ces salariés à travailler le 1er mai  ! Autant dire, que dans ces secteurs soumis à une très forte emprise patronale, ce «  contrôle  » n’aura aucun effet. Il faut également prendre en compte que, derrière les boulangeries ou les boutiques de fleurs «  artisanales  », peuvent, en réalité, se cacher de grandes chaînes à caractère industriel et commercial.

Le 16 juin, la CGT a prévu de tenir des rassemblements contre cette nouvelle réglementation du 1 er mai. Pas touche à la remise en cause de la journée internationale de lutte des travailleurs-euses pour leurs droits. ★