Parti Communiste des Ouvriers de France

1er mai Le gouvernement continue de manœuvrer
08 mai 2026

Parti en guerre contre le 1 er Mai, journée internationale de lutte des travailleurs pour leurs droits, seul jour férié chômé et payé sans condition d’ancienneté, Gabriel Attal, alors Premier ministre, avait déjà voulu se distinguer. Il avait essayé d’ouvrir une brèche, par la petite porte d’une niche parlementaire, à un projet de loi élargissant la liste des dérogations permises pour le travail le jour du 1 er mai. Dérogations qui s’appuyaient déjà sur le concept du « volontariat » pour les travailleurs concernés, concept que l’on sait très relatif dans ces secteurs où perdurent de forts liens de subordination.

Le 3 juillet 2025, de nouveau sur les bancs de l’Assemblée, Gabriel Attal s’est empressé, via une procédure accélérée, de faire adopter par le Sénat de droite ce projet de loi. Un pas ouvertement réactionnaire directement dirigé contre le mouvement ouvrier et syndical. A l’Assemblée nationale, en dépit des manœuvres parlementaires du groupe macroniste avec la droite et le Rassemblement national pour essayer de faire passer le projet de loi sans débats et en évitant une éventuelle motion de censure, le 10 avril, en première lecture, une motion de rejet préalable est votée, rebattant les cartes.

Cette motion de rejet a forcé le premier ministre S. Le Cornu à prendre acte du renvoi de cette proposition de loi après les présidentielles.

Le rapport de force à l’Assemblée, comme celui constitué par les organisations syndicales et les mobilisations l’a contraint à refuser in fine de saisir la commission mixte paritaire, prenant ainsi à contrepied la tactique parlementaire d’un Gabriel Attal qui n’a pas décoléré contre la lâcheté du gouvernement. Qui, sur CNews, depuis la foire aux jambons de Bayonne, n’a eu de cesse de se cacher derrière les « volontaires » pour justifier le bien-fondé de son projet de loi.

Malgré le piteux échec de la tentative de passage en force à l’Assemblée nationale, et le renvoi annoncé du débat après les présidentielles, le gouvernement indique, dès le 17 avril, qu’il va déposer, le 29 avril, un nouveau projet de « loi de sécurisation du travail du 1 er mai en réduisant le champ des dérogations aux salariés volontaires des boulangers pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes grâce au dialogue social de branche ». S’ensuit de façon express une consultation formelle avec les secteurs concernés autour des modalités concrètes du contenu de la future loi. Toutes les organisations syndicales y participent. Le 20 avril, elles donnent un avis défavorable aux propositions présentées par le gouvernement, la CFDT se démarquant, préférant opter pour « la prise d’acte » ?! En fait, favorable à ce que la loi autour de ces dérogations se fasse au niveau des branches professionnelles, permettant au patronat de faire de cette journée une journée « à la carte » en fonction du rapport de force au niveau de telle ou telle branche. Exit l’unité des travailleurs autour de cette journée !

Le patronat, de son côté, regrette de façon unanime que le texte proposé n’en reste qu’aux secteurs ciblés dans la proposition de loi.

En parallèle – ne renonçant à rien – le premier ministre indique que « des instructions » sont données afin « que les artisans de ces deux secteurs (boulangers et fleuristes) ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1 er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi [volontariat et majoration du salaire – ndlr ] » ! [Dans Les Echos, on lit que « l’entourage de Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, assure que s’ils sont verbalisés par l’inspection du travail, (dont les agents interviennent en toute indépendance), les artisans boulangers et fleuristes n’auront pas à payer d’ame nde », le tout en évoquant un cas par cas !

Devant cette mise en cause de leur indépendance et de leur mission, c’est l’indignation chez les Inspecteurs et contrôleurs du travail : « Ce n’est pas au ministre de décider, unilatéralement, des suites judiciaires à donner à un PV dressé par un agent de contrôle » ; « Quand on donne des consignes à la justice pour ne pas condamner, c’est qu’on autorise la délinquance patronale.

Pire, on s’adapte à cette délinquance et on tord le droit dans l’intérêt de ces patrons »… En réponse et par pure provocation, S. Lecornu et G. Attal, chacun dans une boulangerie, iront se faire servir en ce 1 er mai 2026.

Mais du côté des cortèges syndicaux, la défense du 1 er mai, comme journée internationale des travailleurs, fériée, chômée et payée, était bien présente et portée aussi par un grand nombre de jeunes sensibles au symbole que représente une telle journée. ★