2025, année où la contestation de l’impérialisme s’est élargie 13 janvier 2026
Pour plus d’hommes et de femmes dans le monde, notamment de jeunes, l’impérialisme c’est la militarisation effrénée, la méga austérité pour les travailleurs et les peuples, la montée de la réaction et la fascisation.
L’intervention militaire US au Venezuela , le kidnapping du président N. Maduro et de son épouse et leur transfert et enfermement aux Etats Unis sont des événements importants, qui ont une portée qui dépasse les rapports entre l’impérialisme US, le Venezuela et le régime qui le dirigeait depuis 2013. Trump et l’équipe qui l’entoure ont annoncé d’autres coups de force possibles, comme la prise du Groenland, mêlant intimidations et menaces réelles d’interventions des forces militaires US disséminées dans des bases dans le monde entier.
C’est certainement la première fois, depuis des années, que l’impérialisme US s’en prend aussi ouvertement à ses alliés d’Europe , qui « protestent », mais ne veulent pas « braquer » Trump et se plient, chacun essayant de « négocier » un rabais sur le racket généralisé provoqué par la politique de hausse des droits de douane et tous étant d’accord pour faire payer les travailleurs et les peuples.
Ils se sont lancés dans une politique de réarmement général, faisant de la militarisation de leurs économies le moteur de la « construction européenne » et de l’Europe de la défense leur étendard. Un étendard que les Macron, Merz, Melloni et Steimer se disputent, pour avoir la part la plus grande possible de ce marché pour « leurs » monopoles.
Ils veulent faire payer aux travailleurs, aux peuples, les centaines de milliards qu’ils y consacrent , à travers les budgets de méga austérité partout, qui provoquent partout des résistances ouvrières et populaires. Elles sont d’ampleur diverses, et elles posent aussi la question de l’organisation de la solidarité internationale, pour un « tous ensemble » qui créerait un rapport de force pour la classe ouvrière.
Un « tous ensemble contre le capital, contre la militarisation, contre l’impérialisme, contre la réaction » … qui redonnerait l’initiative aux forces progressistes et occuperait le terrain que les forces réactionnaires, nationalistes, racistes revendiquent tout en capitalisant électoralement une partie du mécontentement.
Cette solidarité internationale a commencé à s’exprimer à travers le refus de participer au génocide du peuple palestinien, à partir du refus des dockers d’Italie à charger des cargaisons de matériel militaire à destination de l’armée de l’Etat sioniste. Cet exemple s’est propagé dans d’autres pays et de là, il a initié une prise de conscience dans des secteurs avancés de la classe ouvrière qu’elle pouvait et devait agir contre la frénésie de la militarisation.
Dans la jeunesse, de Washington à Madrid, de Paris à Rome… on peut parler de l’émergence d’une « génération Gaza » , qui s’est politisée dans les mobilisations, les manifestations… souvent réprimées. Elle fait le lien entre la dénonciation de l’impérialisme US, de l’Etat sioniste génocidaire et la complicité des gouvernements ; entre militarisation, austérité et précarisation. Pas de travail sauf ubérisé, pas de logement, une planète qui se déglingue, et le service militaire obligatoire… après les années de galère du Covid !
C’est aussi cette jeunesse qui a soutenu les tentatives de briser le blocus de Gaza, par les « flottilles » de quelques dizaines de bateaux, et qui ont fait ce que les gouvernements prétendant défendre le « droit international » n’ont jamais entrepris.
Ce n’est évidemment pas « toute la jeunesse », mais c’est la frange qui ne se laisse pas manipuler par les réseaux de désinformation contrôlés par les magnats multi milliardaires de la Tech, qui sont aux manettes avec Trump.
Génération Z Ce sont aussi les milliers de jeunes qui se sont mobilisés contre la corruption, contre les régimes réactionnaires qui accaparent les richesses de leurs pays, pour eux et leurs familles : à Madagascar, au Maroc, au Népal, en Serbie… Des mouvements spontanés, sans orientation politique claire, qui ont pu être récupérés, mais qui montrent qu’aucun régime despotique n’est à l’abri de révoltes.
Mais aussi puissant soit-il, l’impérialisme étasunien n’est pas le seul acteur du système impérialiste mondial.
La politique de Trump, qui a pris ses fonctions début 2025, se définit comme celle de l’empire le plus puissant du monde, qui revendique son droit à dominer une vaste zone d’influence, qu’il appelle l’hémisphère occidental, à en exploiter les richesses et à en interdire l’accès à ses alliés historiques, comme à ses rivaux.
Si l’impérialisme étasunien domine ses principaux concurrents, notamment sur le plan de ses capacités militaires qu’il peut mettre en œuvre pratiquement partout dans le monde, il n’est plus hégémonique sur le plan économique.
Son principal rival, la Chine , continue à étendre son influence au niveau mondial, maîtrise des technologies de pointe et les minéraux essentiels à leur développement et développe à marche forcée ses capacités militaires et les moyens de les projeter. Sans parler de sa diplomatie très active qui se traduit, en particulier, par sa capacité à tisser des alliances politiques, économiques, industrielles et commerciales, internationales. Les BRICS en sont une illustration, les « routes de la soie » en sont une autre.
Quant à l’impérialisme russe , son dirigeant actuel a compris qu’il avait intérêt à négocier avec Trump, « entre brigands », les richesses de l’Ukraine, en écartant les rivaux européens. C’est le contenu de la « paix » qu’ils essaient d’imposer ensemble.
Penser que l’impérialisme chinois, ou russe, vont venir au secours des peuples agressés par l’impérialisme US et son allié sioniste est une illusion : le peuple palestinien de Gaza réduite à des ruines, de la Cisjordanie, agressée par des colons racistes et fascistes, l’Iran bombardé en juin, à nouveau menacé, ne peuvent compter que sur la solidarité des autres peuples. ★
Dans La Forge de juillet-août, nous faisions un bilan sur les 6 premiers mois de l’année. Une situation internationale chaotique et pleine de dangers
« Ces six premiers mois de 2025 ont été marqués par la prise de fonction de Trump et de son équipe, à la tête de l’impérialisme étasunien. Si le style, fait de provocations, de chantages et de revirements, donnent une impression d’imprévisibilité et d’absence de cohérence, il n’en demeure pas moins que Trump et son équipe suivent une ligne ; celle de la défense des intérêts des monopoles étasuniens les plus puissants, ceux de l’armement, de la « tech », par-dessus toutes les alliances et conventions internationales, intérêts défendus par la force de la puissance militaire étasunienne. C’est entouré des principaux responsables politiques et militaires que Trump a annoncé les bombardements des installations nucléaires de l’Iran (13 juin), pour bien montrer qu’il y a unité au sommet de l’Etat autour de cette poli tique. Et qu’il est vain de spéculer sur des divisions du camp aux manettes. Les contestations existent aux USA, au niveau des milieux populaires, notamment contre les arrestations d’étrangers par la police de l’immigration et contre le déploiement de la garde nationale à Los Angeles, en Californie. Un autre type de contestation existe, plus « institutionnel », de la part de juges, qui essaient de s’opposer à la reconfiguration des institutions vers un système présidentialiste aux pouvoirs étendus. C’est un aspect de la fascisation de l’Etat étasunien, lourde de dangers pour les libertés démocratiques. Du point de vue de l’impérialisme US, la guerre en Ukraine peut encore durer, tant que ses intérêts ne sont pas menacés et que les Etats européens en portent le poids, en y consacrant d’énormes moyens financiers et qu’ils commandent des armes étasuniennes. (…).
Dans la guerre contre l’Iran , engagée par Israël, ce sont les méga bombes aux mains exclusives des USA qui ont été larguées et c’est Trump qui a annoncé le « succès total » et la destruction de la filière d’enrichissement de l’uranium, et décrété un cessez-le-feu. Netanyahu aurait certainement voulu pousser plus loin, jusqu’à provoquer la chute du régime des mollahs, mais Trump, qui a comme ligne rouge, pour le moment, de ne pas engager de troupes US sur le terrain, a refusé. L’impérialisme US veut être au centre des enjeux et des décisions au niveau international, et il y parvient, en divisant, en exerçant du chantage, en semant le chaos et en utilisant sa puissance militaire. » ★
