Parti Communiste des Ouvriers de France

2025 : Une année de résistances à la militarisation, à l’austérité et à la réaction
13 janvier 2026

Macron est aujourd’hui au plus bas des sondages de popularité. Il n’a toujours pas de majorité stable au parlement, malgré tous les compromis et manœuvres de Lecornu, cinquième premier ministre de son deuxième quinquennat finissant. Macron est isolé au niveau européen où il a toujours voulu apparaître comme le leader du « moteur » franco-allemand de l’UE. Il se fait moucher par Trump et Poutine, qui sont déterminés à « régler » la question de l’Ukraine en se partageant territoire et richesses. Et en Afrique, il est obligé de passer par le Nigeria et d’actionner les forces spéciales françaises déployées au Bénin pour sauver – pour combien de temps ? – un des derniers régimes inconditionnels de la Françafrique.

La Françafrique obligée de s’adapter

Cette question semblait être passée au second plan des priorités de l’impérialisme français. Mais il ne s’est pas résolu à passer par pertes et profits ses reculs dans les néocolonies d’Afrique. La rapidité de l’intervention militaire française au Bénin le montre. Mais le fait est qu’il a été chassé dans plusieurs pays par les peuples, qui ne veulent plus de sa domination arrogante et par des régimes qui ont tissé des alliances avec d’autres puissances impérialistes, notamment la Russie.

Les mécanismes de domination impérialiste changent, mais n’ont pas disparu, car l’impérialisme français ne se désintéresse aucunement des richesses, qu’elles soient minières (comme l’uranium, les terres rares…), ou agricoles, du pétrole et du gaz…

La crise coloniale s’approfondit

La crise coloniale, autour de la Kanaky mais qui se manifeste aussi aux Comores, dans les Antilles…, ne cesse de se développer. En Kanaky, l’impérialisme français butte sur la radicalisation de la droite coloniale locale, qui veut que « rien en bouge » et surtout et avant tout sur l’exigence des Kanak et du FLNKS et des autres organisations indépendantistes d’engager un véritable processus pour l’auto-détermination. Macron avait prétendu « régler » la question au début de son deuxième quinquennat.

La répression coloniale au moment de la révolte du peuple kanak en 2024 et qui sévit toujours, avec les arrestations, déportations des militants, n’ont pas entamé l’aspiration du peuple kanak à l’auto-détermination.

Les prisonniers politiques kanak de la CCAT, déportés dans les prisons de la métropole, ont essaimé leur combat, malgré leurs conditions de détention à 17 000 km de leur pays.

Les collectifs de solidarité se sont développés dans les villes et régions, faisant connaître la justesse de ce combat. La tournée réalisée par C. Téin, président du FLNKS, de ses camarades, hommes et femmes, une fois libérés sous contrôle judiciaire, avant leur retour en Kanaky, a encore élargi ce soutien. Ils ont ainsi pu expliquer la ferme position du FLNKS de refus du texte de Bougival, qui constitue un grave recul par rapport aux accords précédents, figurant toujours encore dans la constitution de l’Etat français.

Il est clair que l’impérialisme français ne veut pas perdre cette « présence » dans la zone de l’Indo-Pacifique, dans le contexte international créé par la politique de l’impérialisme US. D’autant que le nickel fait partie des minerais stratégiques que l’UE entend « protéger ». Cela ne fait que souligner l’importance du travail de solidarité à développer. Il a gagné une place dans le mouvement anticolonialiste et anti-impérialiste et doit se développer dans le mouvement syndical et politique.

La persistance de l’instabilité politique

L’absence de majorité parlementaire et la valse des premiers ministres créent une instabilité politique, signe des difficultés de l’impérialisme français. Tout cela ne peut être dissocié de la situation sociale.

En effet, la question centrale pour Macron, c’est d’arriver à imposer une politique de méga austérité qui pèse essentiellement sur les travailleurs et les masses populaires et qui ne touche pas aux riches, toujours plus riches, aux monopoles qui ne veulent payer ni pour le chômage qui explose du fait des licenciements, ni pour le système de protection sociale qui se dégrade à grande vitesse, mais qui exigent toujours plus d’aides, d’exonérations, moins de contraintes… pour être «  compétitifs  ». C’est le discours tenu par les grands patrons du CAC 40, qui font le chantage aux délocalisations vers les USA, brandissant même la menace de sortir dans la rue, si le gouvernement touchait à leurs profits.

Bayrou, avec les 40 milliards « d’économies  » comme bannière et la surenchère sur la « dette publique » à réduire comme principal argument et son indifférence à l’aggravation des conditions de vie du plus grand nombre, a fait grossir la colère, jamais éteinte depuis le grand mouvement ouvrier et populaire contre la réforme des retraites. La façon dont il a mis fin à la pseudo-concertation sur cette réforme a braqué les forces qui étaient prêtes à «  jouer le jeu  ». Macron n’a rien fait pour empêcher la chute du gouvernement Bayrou en annonçant, de son propre chef, une hausse du budget de la défense, véritable budget de guerre, au moment même où tous les autres budgets étaient à la baisse. Il avait déclaré en mars qu’il fallait passer à « l’économie de guerre » et pour cela, il fallait un premier ministre qui ne soit pas empêtré dans des affaires de violences sordides (comme l’affaire Bétharram) et qui soit suffisamment souple pour faire passer l’essentiel et trouver des compromis avec la droite et le PS, pour faire voter un budget conforme à cette « ère de guerre ».

Un nouveau cycle de la lutte de classe

La «  sortie  » de Bayrou s’est faite – via le vote de la censure – alors qu’une première mobilisation sociale – «  bloquons tout  » – était lancée pour le 8 septembre, puis le 18 septembre, à l’appel de plusieurs syndicats et associations, contre le projet de budget d’austérité et que la dénonciation du budget de guerre commençait à percer. La forte présence de jeunes a donné un dynamisme particulier à ces mobilisations que nous avons analysées comme le début d’un nouveau cycle de la lutte de classes.

Ce cycle n’est évidemment pas linéaire et pendant quelques mois, il a paru disparaître, du moins des « radars médiatiques ».

Les résistances ont continué, notamment dans la classe ouvrière qui ne se résigne pas à subir les attaques du Capital et de l’Etat à son service. Cette résistance se manifeste par les nombreuses luttes, dans les entreprises, contre les licenciements, pour les salaires, contre la répression antisyndicale… Les travailleurs se battent pour faire payer le prix fort au Capital  : c’est une réalité qu’il faut sans cesse mettre en lumière, valoriser.

Ces luttes sont éparses, d’ampleur diverse, mais toujours justifiées et doivent être soutenues, quand elles défendent les intérêts de la classe ouvrière, des masses travailleuses, françaises ou immigrées, avec ou sans papiers… Nous nous en faisons écho dans notre journal chaque mois et plus souvent encore sur notre site.

De la même façon qu’il faut souligner les mobilisations contre la propagande raciste, contre les lois et les pratiques discriminatoires et affirmer haut et fort que les travailleurs et les masses populaires veulent vivre ensemble, qu’ils refusent de se laisser diviser. Plusieurs manifestations importantes ont eu lieu cette année, sur ces thèmes.

Contre la militarisation, l’austérité, la réaction, pour la solidarité internationale

Lecornu, ancien ministre de la Défense et des Outre-mer, s’est imposé pour mener le plus rapidement possible la tâche de trouver une sortie, sans faire de l’ombre à Macron.

Macron a cru lui apporter une base de soutien élargie, en continuant à marteler la nécessité de se préparer dans tous les domaines à la guerre avec la Russie de Poutine. Mais si la droite, l’extrême droite, le centre et le PS partagent cette orientation générale, comme on a pu le voir lors du débat non contraignant à l’Assemblée, elle ne passe pas de la même façon dans les milieux populaires.

Plusieurs terrains de mobilisation ont pris une ampleur tout au long de cette année :

  • Le refus de l’austérité, des licenciements, la défense des services publics, au service des masses populaires, le soutien avec ceux engagés dans ces combats ;
  • Un début de mobilisation contre la militarisation dans les entreprises et dans le mouvement syndical. Elle se traduit par une prise de conscience autour de l’idée «  Nous ne voulons pas être complices du génocide » et le succès des mots d’ordre qui font le lien entre le refus et la lutte contre la politique d’austérité et la dénonciation de la militarisation.
  • Le combat pour le droit au logement, pour tous et toutes.
  • Les mobilisations contre l’extrême droite.
  • Les mobilisations anti-impérialistes allant du soutien au peuple palestinien, de la dénonciation du génocide et du soutien de l’impérialisme US à l’Etat sioniste et de la complicité des gouvernements, notamment français, au soutien au peuple kanak.

Tous ces terrains montrent qu’il y a un véritable cycle de la lutte de classe qui est engagé, qui va devoir s’élargir, s’enraciner, pour combattre l’exploitation et faire face à l’offensive réactionnaire lancée par l’impérialisme US. ★