Parti Communiste des Ouvriers de France

21 février 1944 : Ce que nous disent aujourd’hui les combattants de l’Affiche rouge
12 février 2026

Le 21 février 1944, 15 000 affiches rouges sont collées à Paris par les occupants nazis.

Y figurent les photos de 10 résistants, avec les mentions « Juif polonais », « Juif hongrois », « Communiste italien », « Espagnol rouge »… Tous sont des membres des FTP-MOI. Créée dans les années 1920, à l’initiative de l’Internationale syndicale rouge, l’organisation de la « Main-d’œuvre Immigrée » (MOI) regroupait les travailleurs immigrés de la Confédération générale du travail unitaire  (CGTU). Pendant la guerre d’Espagne, beaucoup de ses membres avaient participé aux Brigades internationales venues soutenir les Républicains espagnols. A la fin de l’année 1941, la MOI , l’Organisation spéciale et les Bataillons de la jeunesse , trois organisations communistes engagées contre l’occupant, furent regroupées au sein d’une organisation unique : les Francs-Tireurs et Partisans.

Le collage massif de cette « Affiche rouge » fut doublé par la diffusion d’une brochure violemment antisémite et xénophobe intitulée « L’Armée du crime ». Ce même 21 février 1944, ces 10 résistants du groupe de Manouchian, ce dernier désigné comme « Arménien, chef de bande », furent exécutés au Mont Valérien avec 12 autres membres du groupe et 3 lycéens bretons engagés dans la Résistance. Olga Bancic, qui faisait également partie du groupe Manouchian, fut condamnée à mort, déportée en Allemagne et guillotinée à Stuttgart le 10 mai 1944.

L’exemple de ces travailleurs d’origine étrangère, antifascistes et internationalistes activement engagés dans la Résistance au nazisme, à son idéologie mortifère et à sa guerre criminelle, est depuis lors resté une référence pour tous les révolutionnaires et toutes celles et ceux qui se battent contre les idées et les politiques réactionnaires et xénophobes qui stigmatisent les étrangers pour détourner la colère de toutes les victimes de l’exploitation et de la misère que génère le système capitaliste.

« Siamo tutti antifascisti »

Le contexte actuel est celui d’une crise profonde de tout le système capitaliste impérialiste. Il est marqué par une intensification des tensions internationales, des agressions contre les peuples et de l’exploitation capitaliste contre les travailleurs. Dans notre pays, comme dans beaucoup d’autres, refont surface les mêmes politiques et idées nauséabondes qui avaient été portées dans les années 1930-1940 par les nazi-fascistes et par tous ceux qui avaient misé sur eux pour éteindre la lutte de classe et faire obstacle au communisme.

D’énormes pressions sont exercées sur les peuples, sur les travailleurs, sur la jeunesse pour instiller la peur, le désarroi, la confusion. Des sommes colossales sont englouties dans le budget des armées, dans la production militaire et dans tout l’appareil de répression, et une propagande intense appelle les jeunes à se préparer aux plus grands « sacrifices pour la patrie ». Quand, dans ce contexte, des milliers de jeunes crient en italien « nous sommes tous antifascistes », cela montre qu’ils sont prêts à surmonter la peur, à ne pas se tromper d’ennemis. Prêts à s’engager dans les luttes sociales, et non pour être de la chair à patrons et de la chair à canons.

Rappeler ce que fut le 21 février 1944, c’est contribuer à faire vivre l’esprit antifasciste et internationaliste de résistance au nationalisme et au racisme qui a animé hier les 22 fusillé.es du groupe Manouchian. ★