La libération des prisonniers et prisonnières palestiniens fait partie du combat pour la libération de la Palestine 13 avril 2026
Le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) a célébré la journée internationale de solidarité avec les prisonniers-ères palestinien-nes le jeudi 9 avril, à la Bourse du travail, à Paris.
La journée dédiée est le 17 avril.
Pendant plus de 3 heures, le public très attentif a suivi les interventions des militants palestiniens, en visio, puis celles des intervenants dans la salle avec, en guise de conclusion, la prestation du duo Osloob, rappeur palestinien, accompagné d’Issa Murad, compositeur et joueur de oud, qui ont fait danser la salle.
Linda (Solidaires), Dalal et Lana, du Forum Palestine citoyenneté, ont introduit la soirée au nom du collectif et ont animé les deux tables rondes.
La première a donné la parole à l’avocate Janan Abdu, de Haïfa, qui est une des rares avocates à pouvoir visiter les prisonniers et prisonnières, qu’elle suit, dans les prisons inhumaines dans lesquels les entassent les autorités israéliennes. Mais depuis octobre 2023, l’état d’urgence a été imposé dans toutes les prisons : elles sont totalement fermées, aucune visite n’est permise, y compris pour les avocats, les représentants de la Croix-Rouge. Les prisonniers sont privés de toute aide financière extérieure, sont rationnés sur le plan alimentaire, vestimentaire… et les « combattants illégaux », raflés et emprisonnés sans jugement, notamment de Gaza, n’ont aucune protection.
3 500 personnes sont des détenus administratifs, dont 350 enfants et 75 femmes.
La torture psychologique, par le bruit infernal, par la privation de nourriture, de lumière naturelle, le harcèlement et l’humiliation constante exercée par les gardiens, sont le lot de la plupart des prisonniers.
La liste de sévices est interminable, les témoignages sont difficiles à recueillir, mais les militants et militantes, comme Janan, « ne lâchent rien ».
Un des fils de Marwan Barghouti, Arab Barghouti a apporté le témoignage de sa famille, notamment de sa mère, sur « le prix payé pour la liberté » du peuple. « Il n’y a pas une seule famille palestinienne qui n’ait pas un prisonnier ». « Marwan est le symbole de la résistance unifiée », et son fils dit sa fierté de voir que « son père a formé quelque 450 étudiants durant les années qu’il a passé dans des prisons. Il encourage à brandir les photos des prisonniers, partout, pour montrer qu’on ne les oublie pas.
La deuxième table ronde était consacrée à ce qu’il est possible de faire, sur ce qui se fait déjà, et sur ce qu’il faut continuer à faire.
En visio, Sahar Francis, directrice de l’association palestinienne Addameer ([i]), de soutien aux prisonniers, qui s’occupe en particulier des prisonniers palestiniens des Territoires Occupés, a notamment expliqué les conséquences de la récente loi votée par la Knesset, sur la peine de mort à l’encontre des Palestiniens. Parlant des démarches, rapports, interpellations … pour dénoncer les crimes d’Israël, elle a insisté sur le fait « qu’il ne faut pas arrêter ce travail, mais qu’il faut surtout renforcer la pression de l’opinion publique ». Elle a appelé à développer la campagne BDS, à exiger la suspension de l’accord de coopération UE-Israël, et à mettre fin à la liberté de voyager des dirigeants israéliens poursuivis par la justice internationale.
Benjamin Fiorini, universitaire, directeur de l’Institut d’études judiciaires de Paris 8, a détaillé tous les crimes commis par l’Etat d’Israël contre les Palestiniens, notamment les crimes contre l’humanité, la pratique de la torture contre les Palestiniens, le génocide commis par Israël ; tous ces crimes établis mais pas poursuivis. Il a insisté sur les responsabilités des gouvernements des Etats membres de l’ONU, qui ont toutes les prérogatives juridiques pour poursuivre l’Etat d’Israël mais qui ne le font pas. C’est surtout l’Etat français qu’il visait, dénonçant son inaction qui le rend complice d’Israël.
Christine, pour l’AFPS, est revenue sur l’importance de la question des prisonniers et des prisonnières. Elle a rappelé certaines campagnes de solidarité avec des prisonniers qui ont dû être interrompues, parce que les personnes étaient la cible d’une répression redoublée de la part des geôliers, pour insister sur la nécessité de coordonner les actions avec les prisonniers, leurs avocats et leurs familles. Elle a rappelé que les autorités israéliennes veulent réduire au silence les organisations de défense, qu’elles soient palestiniennes ou israéliennes et a insisté sur le fait que « la question des prisonniers était centrale, qu’elle ne pouvait pas être séparée de la dénonciation du génocide, du nettoyage ethnique, de la volonté de l’Etat sioniste de briser la résistance du peuple palestinien ». Elle a annoncé que l’AFPS allait mener une campagne d’une dizaine de jours, pour exiger la libération de Marwan Barghouti, autour de la date de son incarcération, le 15 avril. Elle a également appelé à ne pas oublier le cas du médecin palestinien de Gaza, arrêté et torturé, Hussam Abu Safiya.
Elle a conclu en appelant à amplifier la mobilisation pour empêcher l’adoption de la loi Yadan, qui veut criminaliser toute critique d’Israël, interdire la dénonciation du sionisme et empêcher la solidarité avec le peuple palestinien.
C’est au son de l’oud d’Issa Murad et du rap d’Ooslob que s’est terminée cette activité militante. Dommage que toutes les organisations du collectif n’aient pas mobilisé, car cette soirée a apporté énormément d’informations, de témoignages concrets, qui ne peuvent que nourrir les convictions des militants, jeunes et moins jeunes, solidaires du combat du peuple palestinien.
C’est une des réflexions faites par les camarades et amis du parti présents.
[i] Addameer a été dissoute avec d’autres associations par l’administration israélienne et ne peut plus recevoir de financements extérieurs, l’obligeant à réduire ses activités. L’administration Trump a interdit les activités d’Addameer aux USA.
[i] L’administration Trump a interdit les activités d’Addameer aux USA.







