80ème anniversaire des bombardements nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki 05 août 2025
Le 6 août 1945, l’impérialisme américain larguait une bombe à uranium sur la ville japonaise d’Hiroshima : la moitié de la population de la ville meurt. Trois jours après, le 9 août, la même opération (mais avec du plutonium) frappe la ville de Nagasaki et provoque la mort de 80 000 habitants.
80 ans plus tard, alors que l’impérialisme US vient de larguer des bombes d’un nouveau genre sur les installations nucléaires de l’Iran … et que l’impérialisme français figure parmi les puissances qui la détiennent, la question de la fabrication, de la prolifération et de l’utilisation de l’arme nucléaire dans les guerres impérialistes est toujours d’une inquiétante actualité,
Parce qu’il est important de se souvenir pour comprendre et agir, nous reproduisons l’article de La Forge (édition de juillet -aout 2025) qui revient sur le contexte, les motivations et les conséquences des bombardements nucléaires étasuniens de1945,permétrés avec les plus puissantes armes jamais utilisées.

Il y a 80 ans, les bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki (La Forge 674 07-08/2025)
Le bombardement, en août 1945, de ces deux villes japonaises a été présenté par les dirigeants étasuniens comme le moyen de mettre fin le plus rapidement possible à la Deuxième Guerre mondiale qui se prolongeait en Orient. Mais derrière cette justification officielle, l’impérialisme américain, qui se préparait pour l’après-guerre, entendait, surtout, affirmer sa supériorité sur l’Union soviétique et le reste du monde.
Le contexte
Comme elle s’y était engagée aux conférences de Moscou, Yalta et Postdam, l’Union soviétique se préparait à entrer en guerre contre le Japon qui refusait de capituler. C’était un nouveau sacrifice énorme pour un pays dont la contribution avait été décisive dans la défaite de l’Allemagne nazie, au prix d’énormes pertes humaines et matérielles. 300 000 hommes, plus de 2 000 canons et mortiers et plus de 1 400 chars ont été mobilisés sur ce nouveau front. L’Armée rouge, aidée par l’Armée populaire mongole, affligea une importante défaite à l’armée japonaise qui occupait la Manchourie depuis 1931. Cet engagement jouera un rôle déterminant dans la capitulation du Japon.
Mais les Etats-Unis entendaient rester les maîtres du jeu. La veille de l’entrée en guerre de l’Union soviétique, Truman, qui a succédé à Roosevelt, ordonna le largage d’une première bombe atomique sur Hiroshima. Une seconde visera Nagasaki, quelques heures après l’arrivée des Soviétiques en Manchourie.
« L’arme la plus puissante de l’histoire »
Les conséquences matérielles et humaines de ces deux bombardements atomiques furent terribles. Au cœur de l’explosion, toute trace de vie humaine, végétale ou animale a été effacée.140 000 morts à Hiroshima, selon le mémorial pour la paix d’Hiroshima, tués par l’onde de choc, les brûlures et les irradiations. Entre 60 et 80 000 à Nagasaki. Parmi les survivants, beaucoup sont décédés dans les semaines qui suivirent sans qu’aucun soin ne puisse soulager leurs atroces douleurs. Par la suite, d’autres ont développé des leucémies et des cancers.
Pourquoi ?
En août 1939, Einstein et le savant Allemand Leó Szilárd avaient alerté Roosevelt de l’imminence de la mise en point par les nazis « de bombes d’un genre nouveau et d’une extrême puissance ». La mise au point d’une arme atomique par les Etats-Unis a alors été présentée comme une course de vitesse avec l’Allemagne hitlérienne. Mais en août 1945, l‘Allemagne était déjà vaincue et démilitarisée et le Japon sur le point de perdre la guerre. De nombreuses villes japonaises avaient déjà été bombardées avec des armes traditionnelles et dans la mesure où l’Union soviétique s’était engagée sur ce front aux côtés des Alliées, une fois terminée la guerre contre l’Allemagne nazie, la défaite du Japon s’avérait déjà proche et inéluctable.
Le prestige acquis par l’Union soviétique dans la guerre antifasciste était immense, le camp socialiste s’élargissait à l’Ouest et le communisme progressait dans le monde… En larguant des bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, Truman a voulu afficher une supériorité décisive de l’impérialisme américain sur le plan mondial et indiquer que quiconque ne se rangerait pas derrière les Etats-Unis pouvait être anéanti. Le message s’adressait à l’URSS, mais aussi à la Chine et à la Corée du Nord libérées de l’occupation japonaise.
« Plus Jamais Hiroshima & Nagasaki »
Après ces crimes de guerre d’une ampleur sans précédent, des savants, y compris parmi ceux qui ont participé au projet Manhattan dont est issue la bombe américaine, ont pris position contre les armes nucléaires. En juillet 1955, 11 prix Nobel – dont le français Frédéric Joliot-Curie – ont signé l’appel Russel-Einstein contre la possession de l’arme nucléaire et l’escalade nucléaire.
Depuis juillet 1957, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) est censée contrôler la sûreté et la sécurité du parc nucléaire mondial et promouvoir l’utilisation pacifique des sciences et des technologies nucléaires. Le 1er juillet 1968, un traité international de non-prolifération des armes nucléaire a été signé sous l’égide de l’ONU. Il est entré en vigueur le 5 mars 1970, mais la liste des pays détenant l’arme nucléaire n’a, depuis, cessé de s’élargir, incluant aujourd’hui la Russie, les Etats-Unis, la France, la Chine, le Royaume-Uni, le Pakistan, l’Inde, Israël (qui a toujours refusé que l’AIEA contrôle ses infrastructures nucléaires) et la Corée du Nord. D’autres pays, comme l’Iran, l’Arabie saoudite, la Turquie, le Japon ou la Corée du Sud, disposent de programmes nucléaires civils et de technologies qui pourraient leur permettre de se doter plus ou moins rapidement d’armes nucléaires.
De nombreux exemples montrent qu’il n’y a pas de frontière étanche entre nucléaire « civil » et nucléaire militaire. Notre parti milite contre la « force de frappe » nucléaire de l’impérialisme français, et se positionne également pour une « sortie du nucléaire », technologie coûteuse et dangereuse, qui n’a rien d’une « énergie verte ». *

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