Parti Communiste des Ouvriers de France

90e anniversaire de 1936 – suite: un “front populaire pour le pain, la liberté et la paix”
10 juin 2026

C’est en œuvrant à la mobilisation et à l’organisation des masses autour de ce mot d’ordre que le PCF des années 30 a préparé le Front populaire.

C’est un aspect important au regard des questions que beaucoup de monde se pose aujourd’hui : comment combattre les divisions, le racisme, le poison du nationalisme  ? Comment couper l’herbe sous les pieds à la démagogie populiste de droite et d’extrême droite qui prétend défendre les intérêts des travailleurs et parle parfois de « rupture » sans remettre en cause l’ordre capitaliste et encore moins l’impérialisme français.

Dire que malgré ses mutations, ses efforts de dédiabolisation et son installation dans les institutions de la démocratie bourgeoise, le FN transformé en RN reste un parti profondément réactionnaire, aux gènes fascisants est important, mais ne suffit pas à convaincre. Il faut dénoncer et combattre les mesures concrètes qu’il impose contre les travailleurs quand il est aux manettes dans les municipalités, les lois réactionnaires qu’il contribue à faire passer en les votant au Parlement. Mais ce qui est primordial, c’est de combattre les politiques anti-ouvrières et antipopulaires menées par le gouvernement et le patronat. De renforcer la conscience de classe chez les travailleurs, la conscience des intérêts communs de toutes les couches et classes victimes des politiques d’austérité et de la militarisation, de la détérioration de leurs conditions de vie.

Mener ces combats concrets est indispensable pour ne pas laisser la réaction élargir sa base électorale et se créer une base sociale.

« Faire front », en les menant dans l’unité la plus large sur des objectifs précis, est nécessaire pour arracher des victoires, consolider les collectifs militants, donner confiance dans la lutte, créer des liens de solidarité concrets, qui vont en l’encontre des corporatismes, du chacun pour soi, de la recherche de boucs-émissaires.

Quels enseignements pour aujourd’hui ?

Avant toute chose, il ne faut pas oublier qu’en 1936, il y avait l’URSS et un parti communiste fort dans notre pays.

Celui-ci avait ardemment travaillé à réaliser l’unité à la base, le front unique dans les entreprises. Les exigences ouvrières et populaires qui ont été mises en avant – y compris celles de la paysannerie pauvre – devinrent le socle du Front populaire.

Sur le plan politique, celui-ci s’est concrétisé par une alliance électorale entre le PCF, le Parti socialiste et le Parti radical qui a conduit à la victoire des listes «  Front populaire  » aux élections législatives d’avril-mai
> 1936. Cette politique de front a permis de mettre provisoirement en échec les forces qui voulaient installer une dictature fasciste dans notre pays.

Le caractère massif des grèves et des occupations du mois de juin ont fait pression sur le gouvernement Blum – que le PCF soutenait sans y participer – et ont permis d’arracher d’importants acquis qui resteront les symboles du Front populaire.

Mais ce front n’a pas tenu face à l’agressivité du patronat et de la réaction. Les radicaux et les socialistes ont eu peur des mobilisations ouvrières, du renforcement du PCF et de l’essor du mouvement révolutionnaire. Et le PCF lui-même, qui a estimé qu’il n’était plus possible dans ces conditions de poser la question de la révolution socialiste, s’est laissé isoler.

Cette expérience nous rappelle que la politique de front est une nécessité pour créer le rapport de force, faire reculer le patronat et la réaction, arracher des exigences sociales et politiques.

Elle montre aussi que la politique de front ne peut pas se résumer à de simples alliances électorales, qu’elle doit mettre en mouvement toutes les classes et les couches victimes des politiques d’austérité, de l’aggravation de l’exploitation et de la militarisation à marche forcée, que la classe ouvrière doit en être la colonne vertébrale, mais aussi qu’elle doit être inscrite dans la lutte pour une rupture révolutionnaire avec le système capitaliste impérialiste. ★