94ème anniversaire de la Deuxième République d’Espagne 13 avril 2025
Le 14 avril 1931, la République était proclamée en Espagne. Nous reproduisons cet article publié sur le site du Parti Communiste d’Espagne (marxiste-léniniste).
5ème marche républicaine à Fuencarral (Madrid)
Hier, dimanche 6 avril, s’est tenue la 5ème marche républicaine au cimetière de Fuencarral. En présence de plusieurs dizaines de personnes, l’événement, organisé par une douzaine d’organisations et d’associations, a débuté aux cris de « L’Espagne sera républicaine demain » et « Felipe, accélère, la Troisième arrive », en passant par différentes rues du quartier pour se diriger vers le cimetière de la vieille ville de Fuencarral.
À onze heures du matin, convoquées par AAVV Valverde, AABI [, JCE (ml), PCE (ml), les organisations locales de Más Madrid, PCE, PODEMOS, PSOE, l’Asamblea Popular Republicana del Bº.Pilar (1), une centaine de personnes sont parties de la place de l’ancienne mairie pour une marche vers le cimetière de Fuencarral.
C’était une matinée lumineuse où les drapeaux républicains et les slogans flottaient dans les rues.
Au cimetière, nous avons été accueillis par des participants qui n’avaient pas pu se joindre à la marche à pied, et nous nous sommes rendus ensemble au mémorial des brigadistes internationaux qui ont été enterrés dans ce cimetière. Le régime franquiste a profané leurs tombes et leurs corps ont été jetés dans une fosse commune dont on cherche encore l’emplacement aujourd’hui.
Plusieurs interventions ont été effectuées sur le site. L’historien et membre du PCE (m-l), Carlos Hermida a pris la parole :
« (…) Il y a 94 ans, le régime le plus démocratique que notre pays ait connu dans toute son histoire contemporaine a été mis en place.
Une République qui a non seulement étendu les droits démocratiques, comme le divorce ou le suffrage des femmes, mais qui, entre 1931 et 1933, et pendant la période du Front populaire, a mené des réformes visant à moderniser le pays, à améliorer la situation matérielle des classes laborieuses et à promouvoir les services publics par le biais de l’action de l’État.
C’est pourquoi les classes dominantes – les propriétaires terriens, l’oligarchie financière, l’Église catholique et une partie de l’armée – ont tenté de détruire le régime républicain dès le début. Et pour ne pas perdre leurs privilèges, elles ont organisé et planifié la guerre civile, une guerre d’extermination. Aujourd’hui, ici, nous rendons hommage à tous les hommes et femmes qui ont défendu la République ; à tous les combattants des Brigades internationales, venus en Espagne pour lutter contre le fascisme national et international.
La guerre n’a pas été provoquée par la République, comme nous l’entendons quotidiennement dans les médias réactionnaires. La guerre a été imposée au peuple espagnol et pas n’importe quelle guerre, mais une guerre d’extermination qui visait à anéantir toutes les conquêtes populaires réalisées depuis le XIXe siècle (…) tout ce qui exprimait la modernité, la science, le progrès, et s’opposait à la vision obscurantiste de l’Église, de l’armée et du classisme des groupes dominants.
Quatre-vingt-quatorze ans ont passé et l’Espagne est un pays très différent de celui de 1931, mais les problèmes que nous rencontrons aujourd’hui sont très sérieux, profonds, structurels. La privatisation des services publics, la corruption, la perte de la souveraineté nationale, les inégalités sociales croissantes, l’augmentation de la pauvreté, la question des nationalités historiques, n’en sont que quelques-uns. Et il n’est pas possible de les résoudre en changeant de gouvernement. Ce ne sont que des palliatifs. Un changement de régime est indispensable, une rupture républicaine est nécessaire.
Il faut rompre avec le régime de 78, car cette monarchie et la Constitution sont la clé de voûte d’un régime au service de l’oligarchie, dont les intérêts sont antagonistes à ceux des classes populaires.
Nous avons besoin d’une République à caractère populaire et fédéral, capable d’aborder les réformes structurelles dont l’Espagne a besoin. Pour réaliser cette République, la vraie gauche doit mettre de côté ses différences et s’unir autour d’un programme républicain. Mais il faut aussi créer un tissu républicain, une conscience républicaine ?
Si nous ne parvenons pas à renverser cette monarchie, héritière directe de la dictature fasciste de Franco, la frustration, la peur et le désespoir augmenteront et c’est là le terreau du développement du fascisme.
Nous avons suffisamment de ressources humaines et économiques pour que chacun d’entre nous ait un travail, un logement et des services publics de qualité. L’obstacle, le problème, c’est cette monarchie et ceux qui la soutiennent….
Ces dernières années, la droite a définitivement tombé le masque, … déformant l’histoire et faisant ouvertement l’éloge du fascisme. Elle a mené une guerre culturelle dans laquelle elle cherche à détruire tous les éléments progressistes jusqu’à leurs fondements. … Mais au-delà de ses débordements idéologiques, … son objectif fondamental est de détruire la sphère publique.
Le fascisme n’est plus une menace, c’est un danger réel, en Europe, aux États-Unis et dans le monde. Et le fascisme doit être vaincu par tous les moyens de lutte. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus regarder ailleurs, personne ne peut être neutre, car la neutralité n’est rien d’autre que de la lâcheté. Nous devons prendre parti, comme l’ont fait les hommes et les femmes des Brigades internationales… parce qu’ils étaient conscients que le triomphe du fascisme signifiait la barbarie. Et nous, ici et maintenant, nous devons imiter leur exemple antifasciste.
Nous devons retrouver le langage de classe : parler de lutte des classes, parler de socialisme, parler d’exploitation ; dire à la droite que les expulsions sont du terrorisme, que refuser l’avenir aux jeunes est du terrorisme et que la lutte armée contre le franquisme était légitime.
Je ne peux terminer sans évoquer le génocide commis par l’État d’Israël contre le peuple palestinien. Il s’agit d’une politique d’extermination planifiée depuis de nombreuses années, avec le soutien des États-Unis et des puissances européennes dites démocratiques. Les mêmes puissances qui ont trahi la République espagnole trahissent aujourd’hui le peuple de Gaza et de Cisjordanie. Le peuple palestinien a besoin d’aide.
Camarades, camarades, amis, antifascistes : formons un mur de poings levés et crions une fois de plus : ILS NE PASSERONT PAS !
Andrés a pris la parole pour l’AABI, qui a expliqué l’histoire des Brigades internationales dans leur relation avec le peuple de Fuencarral et ce cimetière.
Il a également mentionné certaines femmes qui ont joué un rôle important dans les Brigades. Enfin, Carmen Carreras, de la Commission de la vérité de San Sebastián de los Reyes, a expliqué le rôle et les tâches que son association accomplit, le travail d’exhumation qu’elle a encouragé à Colmenar Viejo et a demandé des ressources financières pour que les exhumations, lorsqu’elles seront réalisées (n’oublions pas les milliers de personnes qui sont encore dans les fossés), puissent être complétées par le travail d’anthropologues et d’experts médico-légaux qui pourront identifier leurs restes, les remettre à leurs familles et donner une sépulture digne aux combattants de la liberté.
L’hymne de Riego et le chant de l’Internationale ont clôturé cet hommage émouvant.
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(1) AAVV Valverde : Association des voisins de Valverde
AABI : Association des amis des Brigades internationales,
Asamblea Popular Republicana del Bº.Pilar : Assemblée populaire du quartier El Pilar

