ADMR 41 : Le licenciement d’Ana est refusé 12 novembre 2025
Dans La Forge d’avril 2025, nous nous étions fait l’écho du rassemblement organisé par l’Union départementale CGT du 41 devant le tribunal de Blois en soutien à la Secrétaire générale du syndicat de l’ADMR, Ana Fernandes, visée par une demande de licenciement de la part de la direction de l’ADMR. Ce même 10 avril, l’association ADMR 41 comparaissait devant ce même tribunal pour « travail dissimulé ». La secrétaire générale du syndicat devait monter à la barre pour témoigner. Le tribunal s’étant retranché derrière la Convention collective, les organisations syndicales de la CGT ainsi que le Procureur ont fait appel.
Le 31 octobre, l’UD CGT 41 et le syndicat CGT de l’ADMR ont annoncé la réintégration d’Ana, le Ministère du travail ayant rejeté le recours formé par la direction de l’ADMR suite au refus de l’Inspection du travail de Blois d’autoriser le licenciement.
Nous publions ci-dessous le tract des organisations syndicales de la CGT.
L’Inspection du travail de Blois et le Ministère du travail ont refusé le licenciement de notre camarade Ana Fernandes
Le 20 février 2025, la Secrétaire générale de notre syndicat CGT de l’ADMR41, Ana Fernandes (élue au CSE et déléguée syndicale CGT), était convoquée pour un entretien préalable pouvant aller jusqu’au licenciement. A la suite de cet entretien préalable, elle était mise à pied conservatoire et, le 13 mars, 2025, les élues CFTC (majoritaires) au CSE votaient pour son licenciement comme le leur demandait la direction.
L’Inspection du travail, dans son courrier du 15 mai, refusait le licenciement d’Ana au motif que :
- suite aux différents entretiens relatifs aux droits d’alerte des élues CGT, comme ceux de la CFTC qui ont suivi, « aucun élément de nature à justifier d’actes de harcèlement moral commis par Madame Ana Fernandes au cours de ces entretiens n’est mentionné dans les rapports établis par Monsieur Tondon (à l’époque, Directeur de transition de la fédération ADMR du Loir-et-Cher) ».
- « qu’aucun élément factuel n’a pu être produit quant au caractère diffamatoire, irrespectueux et (de nature à) chercher à nuire à l’image de l’ADMR et de ses salariées notamment par la diffusion de vidéos sur les réseaux sociaux des propos qui seraient tenus par Madame Ana Fernandes ».
- « qu’aucun élément circonstancié de nature à justifier d’actes de harcèlement moral commis par Madame Ana Fernandes n’a été produit ».
- et plus loin : « la matérialité des faits reprochés à Madame Ana Fernandes n’est pas établie ».
En conséquence, l’Inspection du travail décide que « le licenciement pour motif disciplinaire de Madame Ana Fernandes est refusé ».
Le 23 mai, la direction de l’ADMR forme un recours hiérarchique auprès du Ministère du travail, contre la décision de l’inspection du travail de Blois. Ce recours sera rejeté de façon implicite par le ministère le 26 septembre et confirmé de façon explicite par courrier en date du 23 octobre 2025 : « la décision de la Responsable d’Unité de Contrôle (l’Inspection du travail de Blois) en date du 15 mai 2025 est confirmée ».
Lundi 3 novembre, après 8 mois d’incertitude, notre camarade est enfin réintégrée à son poste de travail auprès des personnes âgées dont elle a la charge.
Tout au long de ces 8 mois de mise à pied, Ana n’a rien lâché du combat syndical en participant à toutes les réunions du CSE de l’ADMR, en dirigeant la délégation de la CGT lors des réunions NAO toujours en cours, en intervenant, le 10 avril, à la barre du Tribunal pour faire reconnaître les temps de déplacement réels entre deux interventions chez les bénéficiaires, comme d’assister des collègues de l’ADMR convoquées à des entretiens préalables d’intimidation.
Les 5 juin, 10 septembre, 18 septembre et le 2 octobre elle était aussi au piquet de grève devant les locaux de la fédération de l’ADMR avec ses camarades CGT de l’association… A partir du 3 novembre, elle retrouve enfin l’intégralité de ses mandats d’élue et de déléguée syndicale CGT aux côtés de tous les salarié-e-s de l’ADMR. Cette victoire contre la répression antisyndicale et tout particulièrement contre une militante de la CGT a été possible grâce à toutes celles et ceux qui, au sein même de l’ADMR, ont soutenu Ana et aussi grâce aux militants et militantes notamment de la CGT du département et au-delà, qui ont répondu présents lors des différentes mobilisations.
Qu’elles et ils en soient remerciés-es. ★
Blois le 31 octobre 2025
