« Méthode Notre-Dame de Paris »:Pour un retour sur investissement plus rapide 08 mai 2026
Mercredi 22 avril, E. Macron, s’est rendu à Echassières, dans le sud du département de l’Allier, pour inaugurer une mine de lithium. Un projet lancé en 2022 par le monopole minier français Imerys.
Ce site devrait permettre selon les estimations de produire 34 000 tonnes par an d’hydroxyde de lithium pour équiper en batteries 700 000 voitures électriques à partir de 2030.
« Il s’agit de répondre au défi de la transition énergétique en offrant une solution pérenne de décarbonation tout en augmentant la souveraineté de la France et de l’Europe par la réduction des importations » , a souligné Alessandro Dazza, directeur général d’Imerys. Autrement dit de permettre aux monopoles de l’automobile ici en France de pouvoir s’équiper en batteries sans importer plus que nécessaire de lithium de par le monde.
Afin de rassurer notamment les habitants qui craignent à juste titre pour leur environnement et en particulier pour les nappes phréatiques vu que la consommation en eau pour le traitement du lithium est estimée à 1,2 million de mètres cubes chaque année, Imerys s’est engagé à pomper … dans la rivière voisine, la Sioule. 90 % de l’eau utilisée sera recyclée et la raffinerie à Montluçon utilisera les eaux usées de la station d’épuration, s’est engagé Alan Parte, le vice-président chargé des projets lithium chez Imerys.
Discours déjà entendu mille fois de la part des monopoles en matière de protection de l’environnement, prêts à vendre père et mère pour satisfaire leur soif de profits.
C’est donc sur ce terrain de la future mine avec en toile de fond un énorme drapeau bleu-blanc-rouge qu’Emmanuel Macron a repris son antienne « de la méthode Notre-Dame de Paris » : « un projet identifié, une chaîne de commandement claire, des gens à qui on rend compte, et des délais records qu’on doit tenir ». Un projet minier qu’E. Macron a présenté comme emblématique des 150 autres grands projets stratégiques, répartis sur 63 départements qui dans l’agroalimentaire, les centres de données, les biocarburants, les batteries, la santé, l’aéronautique, la défense. Le tout représentant un investissement de l’ordre de 71 milliards d’euros.
« Ce que nous voulons pour la France et l’Europe suppose de faire plus vite.
Rien ne justifie que nous soyons une nation qui sait faire en cinq ans la reconstruction de Notre-Dame de Paris et qui parfois met plus de cinq ans à faire un projet industriel ou un poulailler (industriel ndlr !) . Cette accélération passe par une simplification des procédures, en s’affranchissant de choses inutiles et des bureaucraties tatillonnes pour retrouver l’action. Il s’agit donc de partir des 150 cathédrales industrielles et d’un combat jumeau en faveur des projets agricoles » , a martelé E. Macron.
Mais bien loin du chantier d’une reconstruction aussi prestigieuse soit-elle, ici ce sont 71 milliards investis dans la production et que leurs propriétaires demandent à l’État de garantir. C’est à dire qu’il prenne les dispositions nécessaires afin d’en accélérer l’investissement concret, en simplifiant les procédures et les voies de recours en cas de contestation, notamment d’ordre environnemental de la part des populations et/ou des associations écologiques, afin de permettre un retour sur investissement le plus rapide possible et les profits qui vont avec.
Rien à voir avec un mécénat à fonds perdus (ou presque) qui a accompagné la reconstruction et la revalorisation de la cathédrale. Mais par contre reste pour une part, effectivement, la méthode plus communément appelée de « simplification » en vogue dans tous les centres de pouvoir de Paris à Bruxelles en passant par Washington.
C’est ce 22 avril que paraissait aussi – coïncidence ! – au Journal officiel un décret pour que les délais des recours contre les projets industriels ne dépassent pas « dix mois » , « un nouveau régime contentieux accéléré et unifié pour certains projets en matière environnementale » .
Désormais, la cour administrative d’appel sera directement saisie, sans passer par le tribunal administratif.
« Cela permet de gagner au moins un an », indique Mathieu Lefebvre, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique.
Ce texte concerne les projets de « développement des énergies décarbonées, d’infrastructures de transports, d’opérations d’intérêt national et de grandes opérations d’urbanisme, de souveraineté économique et industrielle et de souveraineté alimentaire » , autrement dit, non seulement les 150 « cathédrales industrielles » d’E. Macron, mais tous les projets d’investissement portés par les détenteurs de capitaux. ★
