Non à la surexploitation, à la militarisation et aux intimidations ! 10 juin 2026
La vague de chaleur qui a encore battu des records est la conséquence du dérèglement climatique (1) que des responsables politiques, de soi-disant scientifiques, continuent à nier. Elle met une fois de plus en lumière les graves conséquences pour les masses populaires des politiques de liquidation des services publics – notamment dans la santé, l’école, le transport ferroviaire, qui tombe de plus en plus en panne.
Elle sert aussi de justification à la course à l’électrification de l’économie promue, à coups de milliards, par Macron et son gouvernement. Elle est destinée avant tout à favoriser les monopoles du secteur électronucléaire et à soutenir les monopoles de l’automobile, en pleine « transition », entraînant de vastes plans de restructuration, synonymes de milliers de suppression de postes de travail. Elle est surtout conçue pour fournir des quantités astronomiques d’électricité pour les data centers énergivores, maillons essentiels pour permettre aux géants de la tech d’attirer toujours plus de milliards. Leur capitalisation boursière atteint des sommets :
1700 milliards de dollars pour le monopole SpaceX d’E. Musk, un des magnats « libertariens » de l’entourage de Trump. Ils vivent sur le dos de l’Etat et sont les partisans les plus déterminés et intéressés financièrement à la destruction des services sociaux.
Ils jouent également un rôle accru dans la militarisation de l’espace, des télécommunications et dans la robotisation des armements.
La vague de chaleur a remis sur la table la question de l’eau . Pour les tenants de l’agrobusiness, elle doit servir avant tout à l’agrobusiness et ses bassines, défendues par les forces de l’ordre qui répriment et blessent, en toute impunité. Les révélations sur les tirs intentionnels des gendarmes contre les manifestants de Sainte-Soline, pour blesser, restent sans suite. L’impunité pour la répression des mouvements écologistes radicaux est totale.
Quant aux ouvriers des chantiers, les travailleurs et travailleuses des PME, ils doivent se « débrouiller » pour travailler malgré tout, sans la protection des inspecteurs et contrôleurs du travail, toujours moins nombreux et toujours plus empêchés de faire leur travail par l’Etat et ses représentants « locaux », les préfets, comme on l’a vu autour du coup de force contre le 1er Mai. Cette question n’est pas terminée, une nouvelle proposition de loi va être présentée au Sénat le 16 juin pour permettre le travail des employés des boulangeries-pâtisseries et des fleuristes de travailler le 1er mai (Voir notre article p. 8) Le chiffre du chômage dépasse les 8 %, avec cinq trimestres consécutifs d’augmentation, un triste record depuis dix ans. C’est un « engagement » non tenu de plus de Macron, qui continue à prôner la « politique de l’offre » qui justifie les cadeaux faits au patronat, aux monopoles.
La grand-messe « choose France » en est une illustration. Les milliards d’investissements des monopoles étrangers sont attirés par les milliards investis par l’Etat pour produire plus d’électricité nucléaire et par ses « réformes » permettant une exploitation maximum de la force de travail, avec des salaires réduits, pour « accroître l’attractivité de la France ». Le tout avec un nombre très faible de créations d’emplois.
Parallèlement, le nombre d’accidents du travail chez les jeunes explose – encore deux, cette semaine. Cet aspect, conséquence de l’aggravation des conditions d’exploitation, a fait l’objet d’une journée nationale et européenne de mobilisation, qui est passée « sous les radars » médiatiques, mais qui a mis en lumière l’ampleur du phénomène.
La question des salaires se pose avec acuité
La précarité touche toujours plus de salariés pauvres, au Smic et en dessous, sans parler des retraités et des chômeurs. L’augmentation « mécanique du Smic » de 2,45 % (du fait notamment de l’inflation à 2,2 %) qui intervient début juin, fait qu’un nombre croissant de branches ont des grilles de salaires qui débutent en dessous du Smic. Le mécanisme des allègements de « charges » sur les salaires autour du Smic, que le patronat veut maintenir à tout prix, ne fait qu’amplifier ce phénomène de « trappe » aux très bas salaires.
Il s’attaque aussi aux acquis sociaux – les chèques restaurants, les chèques vacances –, et tout ce que les travailleurs ont gagné par leurs luttes et qui sont devenus des compléments de revenus indispensables.
Ce sont tous les salaires des ouvriers, employés, du privé comme du public, qui ne suffisent pas pour vivre .
Les « négociations salariales » de ces deux dernières années ont débouché sur de faibles augmentations, essentiellement individuelles, insuffisantes pour rattraper les prix. Avec l’aggravation de la crise, du fait notamment de l’augmentation des prix de l’énergie, cette année s’annonce encore pire, avec un patronat décidé à ne rien lâcher sur des augmentations collectives de salaires, mais qui doit tenir compte de la multiplication des mouvements de grève sur cette question.
Dénoncer les monopoles profiteurs de guerre
Le dirigeant du monopole TotalEnergies, symbole des monopoles profiteurs de guerre, qui enregistrent des profits de plusieurs milliards, continue à menacer de laisser filer le prix des carburants si le gouvernement s’en prenait à ses surprofits ! Ce que, visiblement, ce gouvernement n’a pas l’intention de faire, du moins pour le moment, donnant la priorité à la recherche d’économies… sur le dos des travailleurs et des masses populaires.
Il y a des chiffres qui marquent : plus de 6 milliards de profits en quelques mois pour TotalEnergies, 6 milliards d’économies supplémentaires à réaliser sur le budget de l’Etat et 36 milliards pour l’actualisation de la loi de programmation militaire.
Face à la crise économique qui s’amplifie, et qui se traduit notamment par la baisse de la production, des exportations… Lecornu se contente de dire que « la crise va durer » et maintient le cap de la militarisation et de la « préparation à la guerre », avec comme horizon 2030, échéance qui, nous martèlent les « experts » militaires, devrait forcément voir l’impérialisme russe attaquer un Etat membre de l’UE et de l’Otan.
Cette propagande a un double effet :
provoquer la peur pour essayer de neutraliser les oppositions ouvrières et populaires, celles de la jeunesse, et renforcer la résistance dans ces mêmes secteurs. Les critiques s’approfondissent, les liens se font entre les questions sociales, politiques et la militarisation.
Dans de nombreuses entreprises, « trop, c’est trop » et des résistances se construisent, pour faire payer le patron, tant qu’il y a encore un patron, pour des hausses de salaires, pour dire « non à la remise en cause des acquis ».
C’est cette tendance que nous mettons en avant, à partir de luttes concrètes, sachant qu’elle n’est pas majoritaire dans le mouvement syndical.
Dans le précédent numéro, nous avons souligné l’orientation « probusiness » du RN . Son caractère anti-ouvrier et antisyndical se manifeste par des attaques systématiques de ses élus dans les villes qu’ils dirigent contre la CGT et, plus largement, contre les syndicats, à travers des mesures d’expulsion des bourses du travail qui sont souvent hébergées dans des locaux municipaux.
La montée de l’extrême droite, qui a de puissants relais médiatiques, inquiète à juste titre le mouvement syndical, les jeunes, le mouvement démocratique, le mouvement féministe… C’est un aspect de la fascisation qui s’inscrit dans la crise du système capitaliste impérialiste de façon générale, et dans celle de l’impérialisme français en particulier.
Cette inquiétude ne paralyse pas l’action . On a vu que les commémorations de l’abolition de l’esclavage, qui avaient tendance à s’institutionnaliser, ont été l’occasion de mobilisations plus militantes et plus populaires ; que les provocations de l’extrême droite, comme celles des élus, suscitaient des mobilisations plus larges, plus « politiques », dans le sens qu’elles faisaient le lien entre ces actions, la dénonciation de la complicité de la droite et des macronistes, et le climat de militarisation.
On constate, en lien avec cette situation, une demande forte, notamment chez les jeunes, à la fois de manifester, de se retrouver nombreux, et un besoin de comprendre ces phénomènes, y compris d’un point de vue historique.
C’est cet esprit offensif qu’il faut encourager et nourrir : les réunions autour de notre journal doivent y contribuer. ★
