Parti Communiste des Ouvriers de France

La santé et le monde du travail en première ligne
07 juillet 2026

Sans surprise, les effets du réchauffement climatique lié aux activités humaines viennent de toucher très durement la France.

Sans surprise non plus, les « cellules de crise  » du gouvernement n’ont répondu en rien aux exigences de la situation  : buvez de l’eau et soyez vigilants  ! Nous sommes renvoyés à nos « responsabilités » individuelles :

surveillez vos proches, vos voisins, les personnes fragiles … Le bilan est déjà lourd et va sans aucun doute continuer d’augmenter :

la surmortalité est évaluée à + de 2 000 personnes en 1 semaine (du 22 au 28 juin), alors que nous entrons juste dans l’été. En 2025, 5 700 décès liés aux chaleurs extrêmes avaient été recensés en France. La situation pourrait être pire cette année.

Comme pour le Covid, l’hôpital est en première ligne, mais ses moyens sont encore plus restreints  : le budget de la santé ne cesse de décliner, 2026 étant le plus restrictif jamais présenté depuis 1997. Pourtant, Selon Santé publique France, « le nombre de recours aux soins d’urgence tous âges en lien avec la canicule a atteint un pic historique de consultations SOS médecins de 698 le 25 juin et de passages aux urgences de 2 089 le 26 juin … Au total, entre le 18 juin et le 29 juin, 6 351 hospitalisations ont été enregistrées dont les deux tiers concernent des personnes de 75 ans et plus ». Manque de personnel pour gérer l’afflux de patients dans les services d’urgences, manque de lits d’aval, manque de climatisation, chambres atteignant plus de 30°, comme à l’hôpital pédiatrique de Tours, où les soignants ont fait grève pour alerter sur les conditions de travail et d’accueil des jeunes patients. Ici, comme dans les écoles, les moyens sont dérisoires : couvertures de survie collées sur les fenêtres, climatisations mobiles qui font rentrer autant de chaleur qu’elles en rejettent… même les tenues de travail sont étouffantes. Et le déclenchement du Plan blanc ne servira qu’à épuiser davantage des personnels au bout du rouleau.

Mais c’est à domicile que le taux de mortalité a augmenté le plus :

91 % par rapport à la semaine précédente, en particulier des personnes âgées. Le virage ambulatoire, les logements bouilloires, le manque de structures de soins et d’aide à domicile, l’isolement social sont autant de facteurs qui ont participé à cette hécatombe, et les chiffres définitifs ne seront connus qu’en fin d’été. ★


Mort au travail à 19 ans !

A Ponet-et-Saint-Auban, dans la Drôme, un jeune couvreur est mort le 26 mai suite à un malaise sur son lieu de travail après avoir travaillé toute la journée sur un toit en pleine chaleur. L’inspecteur du travail a relevé, après enquête, l’absence de mise à disposition d’eau potable, de décalage des horaires, d’ins tallations sanitaires de protection contre les chutes, alors qu’il travaillait à plus de 3 m de hauteur. Soit un mépris complet de la mise en sécurité des travailleurs par le patron. Le 30 juin, à Besançon, c’est un homme de 35 ans, travaillant dans les travaux publics qui est mort d’un arrêt cardiorespiratoire après s’être plaint toute la journée de la chaleur. Alors que chaque année des morts au travail par la chaleur sont dénombrés, 5 en 2025, les mesures prises par le gouvernement sont une fois encore en dessous des nécessités : à partir du 1er juillet, le dispositif prévoit notamment l’obligation pour les employeurs « d’adapter les horaires, suspendre les tâches pénibles durant les heures les plus chaudes, mieux ajuster les périodes de repos », ainsi que la fourniture aux salariés exposés « d’équipements adaptés » et d’au «  minimum trois litres (d’eau) par jour et par personne  ». Mais ce sont les entreprises qui sont appelées à adapter le travail. L’inspection et la médecine du travail manquent cruellement de moyens pour les faire respecter. Il n’y a pas d’interdiction stricte de faire travailler au-dessus d’une certaine température, il ne faudrait pas donner de limites à l’exploitation !