Loi Ripost contre la jeunesse et les Free Parties 07 juillet 2026
Le projet de loi RIPOST initié par Retailleau et présenté par Nunez en procédure accélérée est arrivé à l’Assemblée le 22 juin.
RIPOST, pour Réponses Immédiates aux Phénomènes Troublant l’Ordre Public, la Sécurité et la Tranquillité.
Le travail sur les mesures de cette loi a été engagé dès l’été 2025 avec la gendarmerie, ses escadrons départementaux, de contrôle de flux, unités territoriales, gendarmeries spécialisées. 7 articles sur les 24 sont portés par la gendarmerie.
Au cœur de cette loi, la jeunesse, dans ses comportements de regroupement et de loisirs qui sortent du cadre, avec consommation de protoxyde d’azote, rodéos… et surtout, free parties. Le texte recherche « un choc d’autorité ».
En fait, ce sont deux textes de lois qui veulent réprimer les free parties, avec une première proposition de loi numéro 1133 initiée par le parti Horizon, en mars 2025, qui vise « à renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-parties ». Un nouveau délit « d’organisation illégale d’un rassemblement musical » serait ainsi créé, puni de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, avec confiscation du matériel des organisateurs, du véhicule de transport et annulation du permis de conduire du conducteur pendant 3 ans. Largement adopté au Sénat, le texte a même été durci : l’organisation d’un rassemblement musical de plus de 250 personnes est soumise à une déclaration préalable et une reconnaissance de la responsabilité civile des organisateurs pour les dégâts causés sur le site de la free party est possible. Les participants aussi « seraient pénalisés, avec un délit de participation à un rassemblement illégal », assorti d’une punition pouvant aller jusqu’à 6 mois de prison et 7 500 euros d’amende. Et c’est la police qui pourrait leur infliger une amende forfaitaire délictuelle allant possiblement de 1 000 à 2 500 euros.
C’est là un des chevaux de bataille du ministre Nunez, qu’on a vu à l’œuvre pour réprimer le Teknival qui a rassemblé aux moins 20 000 personnes près de Bourges début mai.
Cette fête, convoquée pour danser sur le site d’un ancien champ de tir militaire, voulait protester contre ce projet répressif. Mise sous la haute surveillance policière et du ministre lui-même venu en hélicoptère, avec interdiction de la préfecture, les médias ont surtout insisté sur les dangers (un champ de tir pour obus), pour essayer de dénigrer les organisateurs « inconscients ». Ils se sont gardés de relayer le message de plusieurs organisateurs qui ont souligné que le choix de ce terrain militaire, plutôt qu’un champ, était aussi une façon de dénoncer la militarisation.
Bien qu’aucun trouble ne se soit produit, 600 personnes ont été verbalisées, 18 interpellées, 9 gardées à vue.
Le mouvement des free parties explique que le Collectif s’est créé en France après l’interdiction des free parties en Italie en 2022, par le gouvernement d’extrême droite de Meloni. Ses objectifs visent en particulier à lutter contre la répression et la désinformation, à informer sur les violences policières et défendre les valeurs de la fête libre et des cultures alternatives, le soutien aux luttes des autres mouvements réprimés.
Le Collectif dénonce une répression violente, administrative et financière qui s’acharne et s’aggrave ces dernières années, sur ces fêtes libres qui sortent du système marchand, depuis trente ans.
La noyade de Steve, en 2019, à Nantes, l’attaque à Redon qui a provoqué une main arrachée, en 2021, ou l’agression à Rennes par des néo-fascistes sans intervention de la police, qui a aspergé de gaz lacrymogène les teuffeurs en mars 2025… la liste est longue des violences policières contre cette partie de la jeunesse qui se retrouve dans ces fêtes.
En riposte, du 30 mai au 13 juin, le mouvement des free parties a organisé des « manifestives » dans 30 villes pour s’opposer et continuer la mobilisation contre le projet de loi.
Pour Kamille de Tekno Antirep :
« Des lois aussi répressives sont disproportionnées par rapport à des gens qui font la fête. Elles représentent une atteinte aux libertés fondamentales » . Son collectif exige « le retrait de la PPL 1133 et du projet de loi Ripost » , mais aussi « l’arrêt immédiat et définitif des interventions violentes » contre les free parties.
Cette jeunesse est dans l’œil du cyclone. Mobilisée, rassemblée, en dehors des sentiers battus, présente en nombre dans les dernières mobilisations sociales, elle fait peur à la réaction et refuse de se laisser embrigader. ★
