Parti Communiste des Ouvriers de France

Soutien à Pierre et Benoît, inspecteurs du travail à Grenoble
10 septembre 2026

Ils sont convoquées en conseil disciplinaire mardi15 septembre. Pour les soutenir, la quasi-totalité des inspectrices et inspecteurs du travail de la DDETS 38 ont débuté une grève reconductible, lundi 7 septembre. Mardi 8, un rassemblement était organisé devant les locaux de la Direction du Travail.

Pierre et Benoît sont deux syndicalistes militants du syndicat Sud Travail.  Les pressions qui s’accumulent sur eux ont une double dimension. Ils sont poursuivis en tant que représentants syndicaux, qui avaient notamment dénoncé les pratiques managériales d’une responsable, et en tant qu’inspecteurs du Travail attachés aux missions de service public pour lesquelles ils ont choisi ce métier et que, comme leurs collègues, ils entendent pouvoir exercer librement.

Le 1er mai, alors que le gouvernement avait dû provisoirement reculer sur son projet de ne plus en faire un jour chômé et payé, et qu’il avait annoncé, de surcroît, qu’il n’y aurait ni contrôles ni sanctions, les pressions de la Direction avaient été très fortes pour empêcher les inspecteurs et inspectrices de faire des rappels à la législation et des visites dans les entreprises.

Quelques jours après, Pierre et Benoît étaient convoqués à l’hôtel de police dans le cadre d’une plainte pour « harcèlement moral » contre leur responsable déposée par la Direction. Celle-ci a été classée sans suite et il n’y a pas eu de poursuites judiciaires, mais les choses ne se sont pas arrêtées. Des poursuites disciplinaires sont toujours en cours. Pierre et Benoît sont convoqués mardi prochain devant la commission administrative paritaire, notamment pour des manquements qui atteindraient à la dignité de la hiérarchie et participeraient d’une mauvaise ambiance dans le service.   

Lors du rassemblement du 8 septembre les représentantes de Sud (Solidaires) et  le représentant de la CGT sont intervenu.e.s pour resituer ces attaques dans leur contexte : réductions massives d’effectifs (entre 30 et 50 % en 10 ans selon les unités de contrôles), management toxique, répression syndicale et bafouement des droits syndicaux, dysfonctionnement des instances représentatives du personnel (« Ici les droits d’alerte servent à caler les portes ») ;   remise en cause de l’indépendance de l’Inspection du Travail et détournement des missions : « la direction applique avec zèle  les consignes de la préfecture et du ministère de l’Intérieur » ; elle «  met la pression sur les agents pour qu’ils participent à des opérations de lutte contre des sans-papiers »  

Les syndicats SUD, CGT, FSU et CNT ont lancé un appel national à la grève et à un rassemblement à Paris le 15 septembre, jour de la CAP, à partir de 10h00 au 78, rue Olivier de Serres (75015) : « Non à la répression antisyndicale au ministère du travail ! Soutien à Pierre et Benoît, menacés de sanction pour leur engagement syndical. Tou.tes mobilisé.es et en grève le 15 septembre 2026. »

Le représentant CGT de la DDETS 38 à appelé à faire une démonstration de force, le 29 septembre, pour les conditions de travail, les salaires, et pour défendre les libertés syndicales.

Les interventions de SUD Travail DDETS 38, CGT DDETSTS 38 et de de l’UD Solidaires

Plus d’une centaine de personnes sont venues apporter leur soutien. Après les syndicats ont également pris la parole, la député LFI Sandrine Nosbé, le NPA-R, notre parti et un militant de LO. Comme le dit la une de La Forge de septembre : « la solidarité permet de lutter et de gagner ! »