Des dizaines de milliers dans les rues, pour dire « Non au permis de tuer » 22 septembre 2026
Les mobilisations contre la loi « permis de tuer » ont eu lieu dans de nombreuses villes, avec une forte participation de jeunes. Elles traduisent la forte opposition à une forme de légalisation de l’impunité policière. La présomption de « légitime défense » toujours invoquée par les forces de l’ordre, serait rendue quasi systématique et ce sont les familles des victimes, leurs avocats, les « parties civiles », qui seraient obligées de prouver l’absence de légitime défense.
C’est ce qui donne toute sa force au mot d’ordre même de ces mobilisations – contre le « permis de tuer ». Les secteurs déjà mobilisés sur ces questions, souvent depuis des années, qui réclament « justice », se sont retrouvés dans cette mobilisation. Elle s’est élargie, ce qui constitue une avancée importante.
Paris
Beaucoup de monde à cette manif, à Paris plus de 20 000 minimum. La manif était débordée sur les côtés par de nombreuses personnes. Il y avait essentiellement des jeunes. Beaucoup de bruit et de gaieté, des tambours, de la musique. De nombreux panneaux, avec des dessins, des jeux de mots étaient brandis.
Les organisations politiques, les associations comme la LDH, Amnesty International, Extinction rébellion, ATTAC, l’UNEF, la CGT (Culture, Bibliothèque…)… les collectifs de familles de victimes des violences policières et beaucoup de groupes de jeunes, ont défilé.
Le fait que les policiers et les gendarmes faisant usage de leurs armes, seraient présumés agir dans le respect de la loi, notamment la légitime défense, et que ce seront les victimes et leurs familles qui devraient prouver le contraire, est vu comme un dangereux « permis de tuer », dans le contexte de répression policière qui vise particulièrement les jeunes et les habitants des cités populaires.
Les 730 000 signatures de la pétition exigeant l’abandon de cette loi dangereuse, votée en juillet par les députés, montrent que l’inquiétude est grande.
S’il n’y avait relativement peu de mots d’ordre, le « Siamo tutti antifascisti » était puissamment repris.
La mobilisation du 20 septembre ne s’est pas limitée à Paris. Des rassemblements ont eu lieu dans de nombreuses villes, dont Marseille, Lyon, Toulouse, Tours, Caen et Niort…. Au total, certainement plus de 50 000 manifestants.
La loi doit passer au Sénat, en octobre ; autrement dit, la mobilisation doit se poursuivre.


Carcassonne
Plus de 200 personnes ont participé à la marche contre le Permis de Tuer à Carcassonne ce samedi 19 septembre. Vu le contexte local, les organisations initiatrices ont en effet décidé d’organiser la manif le samedi, jour de marché, pour passer en centre-ville de manière bien plus visible.
Après les multiples scandales concernant la police municipale, nationale, puis la Mairie, et maintenant l’armée, c’était l’occasion de dénoncer la fascisation accélérée du territoire et de faire le lien avec les menaces d’expulsion des syndicats de la bourse du travail par le Maire.
La LDH a introduit le rassemblement, puis a donné la parole à une mère de victime de violence policière sur Carcassonne. Après ce témoignage clair et poignant, le cortège est parti en centre-ville.
L’UL CGT avait préparé des pancartes sur le sujet et contre l’expulsion des syndicats par la Mairie. De plus, le cortège a été particulièrement animé tout du long avec des slogans comme :
« Permis de tuer, citoyen en danger » / « C’est pas les syndicats, c’est pas les assos, c’est les fachos qu’il faut virer » / « Police partout, justice nulle part » / « Pourquoi la police a peur de la justice ? » …
Un arrêt a été fait devant la Mairie de Carcassonne où la chorale militante a chanté « A bas l’Etat policier » et « Rue de Gaza ».
Organisations présentes : LDH, CGT, FSU, Solidaires, LFI, PCOF, AFPS … Nombre de jeunes. Une belle manif combattive pour la rentrée.

Enfin, le rassemblement s’est clôturé à côté du marché avec la lecture du texte national unitaire par la FSU, avec un ajout sur la situation à Carcassonne. Le stand des amis de l’AFPS était monté à côté, comme chaque samedi matin pour le marché, prolongeant le rassemblement.
La Préfecture avait souhaité que le rassemblement se termine dans un lieu moins visible, à la demande de la Mairie pour un motif fallacieux, mais les organisateurs n’ont pas lâché.



Tours
20 septembre à Tours manif contre « le permis de tuer »
C’était une manif essentiellement de la jeunesse et organisée localement par les militants de LFI, de la JC, du NPA…. les syndicats étudiants… avec la présence des militants-es de Solidaires. Des associations comme le Collectif infantiste, Utopia 26… avaient également mobilisé. 500 personnes ont manifesté en passant dans les rues du quartier du Sanitas, un quartier populaire de Tours jusqu’au marché Velpeau où ont eu lieu des prises de paroles.
L’évènement survenu la veille à St Pierre des corps, où un jeune à moto a été renversé par une voiture de police et se trouve à l’hôpital, a fait grimper la colère d’un cran. Le jeune a risqué de perdre sa jambe. Dans les quartiers populaires de l’agglomération à la Rabaterie, au Sanitas et à la Rabière, toute la nuit, les jeunes se sont affrontés aux forces de l’ordre. Pour les habitants du quartier la Rabaterie, cet évènement n’est pas un fait isolé et cette violence en lien avec les interventions de la police, ils la vivent tous les jours.
Le policier qui conduisait la voiture a été mis en garde à vue, mais comme l’ont répété les avocats qui participaient à la manif, si cette loi était en œuvre, le policier ne serait pas passé par la case de la garde à vue et ce serait à la famille du jeune d’apporter des éléments suffisants pour prouver la responsabilité du policier.
Le Collectif infantiste a fait remarquer que les jeunes des quartiers populaires étaient « adultisés » afin de mieux les réprimer.
Des lycéennes du lycée Paul louis Courier ont témoigné qu’elles restaient traumatisées par l’intervention musclée de la police lors d’un blocage de leur lycée en septembre 2025 lors du mouvement « bloquons tout ».
Un représentant du mouvement Bassine Non Merci a témoigné contre la répression démesurée contre les manifestants, alors qu’ils ne faisaient que défendre le droit à la vie.
Ce nouvel acte de violence policière survenu la veille à St Pierre a été dénoncé comme faisant partie de la violence d’État, avec les gouvernements successifs qui n’ont eu de cesse d’empiler des lois répressives tout comme la création de nouveaux corps de répression : la BAC, la Brigade Anti Criminalité, la BRAVM (Brigade de Répression de l’Action Violente Motorisée)… Un enseignant de droit a fait remarquer que si cette loi était retoquée par le Conseil constitutionnel, il faudrait continuer à se mobiliser.
Les camarades du parti étaient dans la manif avec le journal et une pancarte « Non à la loi Permis de tuer et Non aux violences et à l’impunité policières ».



Strasbourg
A l’appel du collectif « Face aux lois sécuritaires, on est ensemble et solidaires, Non au permis de tuer, non à la loi Ripost, » regroupant plus de 40 organisations et partis, dont le PCOF, la manifestation a rassemblé près de 5000 personnes le samedi 19 septembre.
Beaucoup de jeunes, étudiants et lycéens, avec des pancartes réalisées par leur soins, également des syndicalistes CGT, SUD, …, syndicats étudiants, des collectifs, associations, partis politiques.
Notre parti est intervenu avec drapeau, panneaux avec notre mot d’ordre Halte aux violences et à l’impunité policières. Non à la loi « permis de tuer », le tract de septembre, que certain e s manifestants venaient réclamer.
Beaucoup de discussions, montrant une grande envie de débattre. La Forge a été appréciée, : des numéros de septembre ont été vendus, des numéros de juillet août offerts et les panneaux ont été pris en photo à de nombreuses reprises.
Cette mobilisation a dynamisé les camarades et amis ; rendez-vous a été pris pour une prochaine rencontre autour de La Forge.



