Parti Communiste des Ouvriers de France

La « rentrée » du patronat ignore les mobilisations sociales
08 septembre 2026

Dirigeants politiques et responsables économiques veulent tourner la page de cet été désastreux.

Toutes les forces politiques ont en ligne de mire les élections présidentielles et le patronat prend des initiatives pour faire « entendre la voix des entreprises ».

Le gouvernement Lecornu, chargé d’assurer les affaires courantes jusqu’en 2027, doit, dans l’immédiat, trouver les moyens de «  doter la France d’un budget » avec un double défi : augmenter les dépenses d’armement tout en réduisant la dette de l’État  ! Cela dans un contexte de fortes tensions internationales et de crise climatique qui font revoir à la baisse toutes les prévisions de croissance. La recherche d’économies, qui va se faire aux dépens des services publics, des protections sociales et des collectivités locales qui ont été aux premiers rangs au moment des incendies, va continuer à alimenter les inquiétudes et la colère ouvrière et populaire : celle de la jeunesse, des femmes des milieux populaires, des militants syndicaux, des opposants à la guerre impérialiste… Dans ces conditions, le recours aux outils qu’offre la constitution réactionnaire de la V e République (article 49.3, ordonnances…), est d’ores et déjà de plus en plus envisagé pour imposer de nouveaux budgets de méga-austérité. Des ballons d’essai sont lancés, comme la forte hausse des franchises médicales, qui a été immédiatement dénoncée et sur laquelle le gouvernement a dû partiellement reculer.

C’est dans ce contexte que les différentes forces politiques ont fait leur propre rentrée, tandis que la rentrée sociale est marquée par un calendrier de mobilisations très dense.

Le Medef voudrait donner le ton

L’organisation patronale, qui organisait comme chaque année son université d’été au stade Roland-Garros, n’avait pas caché les ambitions de cette 8 e édition des « rencontres des entrepreneurs de France » :

« La REF 2026 , pouvait-on lire sur son site, donnera le ton des attentes de tous ceux qui entreprennent, produisent les richesses et créent les emplois de notre pays. Un rendez-vous essentiel pour débattre, développer son réseau et faire entendre la voix des entreprises. » Le ton était donné dans le programme même de ces journées, avec différents débats dont les intitulés sont parlant  : entre autres, «  Sommes-nous prêts à affronter la guerre  ?  » ou «  La solidarité inconditionnelle, jusqu’à quand ? » !

Le maître-mot autour duquel s’articulaient les débats était «  courage » : pour « simplifier », « assurer la compétitivité  » , «  rééquilibrer, protection et contribution » , « dire la vérité, refuser l’évitement et poser les choix de 2027 » .

C’est à cette fin que le Medef a convoqué à une audition 7 candidats déclarés à l’élection présidentielle  :

Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Edouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier.

Chaque candidat a été sommé de répondre aux questions qui leur ont été posées et aux injonctions qui leur étaient adressées  : réduire la dette de l’Etat – sans remettre en cause les 215 milliards d’aides publiques qui leur sont accordées chaque année  ; réduire toutes les réglementations contraignantes qui freinent le profit ; alléger encore les impôts, taxes et cotisations qui «  chargent  » les entreprises, élargir la TVA payée par la population, pousser plus loin la réforme des retraites… Petit hommage de rigueur aux soldats du feu. Mais silence sur leur manque de moyens, sur le dénuement des services publics qu’ils ne cessent de prendre pour cible. Rien sur les conséquences sociales des incendies et des canicules, rien sur les salaires ou la revalorisation des minima sociaux… Le Medef a aussi entendu la présidente de la Commission européenne, U. von der Leyen. Elle a listé avec fierté toutes les remises en cause en matière de normes environnementales impulsées il y a encore peu, par la commission européenne, tous les allégements des réglementations «  sociales  ». Elle a détaillé les milliards d’investissements européens dans les secteurs stratégiques, notamment dans le domaine de l’armement, de l’énergie, des infrastructures de communication. Elle a aussi essayé de faire oublier son attitude de soumission face aux exigences et attaques de Trump, en insistant sur les mesures prises contre la Chine. ★