Parti Communiste des Ouvriers de France

Les pompiers se mobilisent et exigent des moyens
08 septembre 2026

Un premier bilan des incendies qui ont ravagé la Gironde donne 42 000 ha de forêt disparus, 240 habitations détruites, dont 152 sur la seule commune du Porge, 220  000 personnes évacuées –  avec ce que cela peut générer comme traumatisme – et 11 jours de batailles exténuantes des pompiers pour arriver à seulement fixer le feu.

Et si aucun civil n’a perdu la vie dans ces incendies, on le doit d’abord et avant tout à ces soldats du feu, qui ont lutté sans relâche, avec une totale abnégation et au péril de leur vie pour tenter d’en venir à bout (1).

Et nous voilà à la question qui a fait polémique : celle des moyens.

Dans un premier temps, le gouvernement par la voix de son ministre de l’Intérieur, Nunez, a menti sans vergogne, affirmant que les moyens avaient été donnés.

Lecornu, lors de son déplacement en Gironde où il a été hué, a fait profil bas, reconnaissant à demi-mot des manques.

Le communiqué de l’UD CGT 33 du 24 juillet énonce clairement la problématique :

« On ne peut pas continuer à envoyer des pompiers au front sans leur donner les moyens de préserver leur propre vie.

Si tous les feux ne peuvent pas être évités, le manque de prévention et de moyens, lui, est un choix.

Moyens matériels mais également “moyens humains”. En effet, l’épuisement du personnel s’aggrave après plusieurs jours de combat contre le feu. Et ce malgré les alertes antérieures notamment celles de 2022 et ses mégafeux en Gironde.

Les travailleur-ses sont épuisés. Que ce soit les pompiers envoyés d’un feu à l’autre, d’un département à l’autre sans pouvoir véritablement dormir.

Que ce soit les hospitaliers encore en sous-effectif chronique et encore rappelés sur leurs congés pourtant bien mérités.

Plus de canadairs, moins de tanks !

Pourquoi le gouvernement s’obstine-til à ignorer les alertes répétées du terrain ? Pourquoi investir massivement dans la guerre et l’armement plutôt que de protéger nos concitoyens, nos forêts et ceux qui risquent leur vie pour nous tous et toutes ?

A l’heure des choix notamment budgétaires, nous rappelons une autre réalité : l’idéologie libérale tue et détruit ! » (2) Et le retour minute par minute de ce qui s’est passé le 22 juillet, lorsque la débroussailleuse d’un engin d’un sous-traitant d’Enedis a mis le feu aux abords de la route départementale reliant Saumos au Porge, le prouve :

les moyens ont manqué, d’autant qu’au même moment d’autres départs de feux étaient signalés ailleurs sur le territoire er qu’il a donc fallu partager les moyens existants !

Les moyens qui avaient été promis en 2023 après les incendies de 2022 dans la forêt des Landes (nouveaux canadairs basés localement à Biscarrosse dans les Landes ou à Cazaux en Gironde) ont été remis en cause. Le 22 juillet, seuls 8 sur les 12 canadairs de la flotte française sont disponibles, et ils sont basés loin. Sur 8 avions bombardiers d’eau, 1 est en panne, alors que les pompiers doivent faire face à plusieurs feux en même temps dans différentes régions. Pour les professionnels du feu, la seule façon d’agir avec succès, c’est l’attaque massive et précoce d’un feu naissant. Or, pour cela, il faut des moyens et notamment l’appui aérien, composante indispensable du combat et des forces dont il faut disposer. En Gironde, comme il a été démontré, ce n’était pas le cas.

Alain Laratta, syndicaliste sapeur-pompier dénonce, comme nombre de ses collègues, « un système à saturation qui ne peut plus reposer sur le seul dévouement des ses agents ». Déjà en mai 2024, à la veille des Jeux olympiques et à la surprise générale, les 9 syndicats des sapeurs-pompiers se rassemblaient à Paris, venus de toute la France, pour faire valoir leurs revendications. Les revendications de 2022 sont toujours sur la table des négociations en 2026  :

formation et embauches de pompiers professionnels en nombre suffisant, renouvèlement de tous les matériels détruits par les précédents feux, protection minimale des pompiers face au feu (combinaisons et cagoules certifiées contre les fumées toxiques), une visite médicale professionnelle pour tous les pompiers, embauche à l’échelon correspondant de plusieurs milliers de pompiers ayant satisfait aux examens.

Suite à ce que la situation de cet été a mis en lumière, l’intersyndicale des sapeurs-pompiers a déposé un préavis de grève qui couvre la période du 8 septembre au 20 octobre et prépare une mobilisation d’ampleur pour les 27, 28 et 29 septembre.

Ils auront, à n’en pas douter, l’appui total de la population. ★


1. 4 pompiers ont néanmoins perdu la vie dans la lutte contre les incendies de cet été, des volontaires comme des professionnels. 2 piégés dans leur camion en luttant contre un feu près de l’aéroport de Mérignac en Gironde, un en Savoie, un autre dans les Bouches-du-Rhône.
2. Extrait du communiqué UD 33 dont on peut retrouver l’intégralité sur notre site.