Parti Communiste des Ouvriers de France

Sur la « gestion » des canicules
08 septembre 2026

L’autosatisfaction, au mépris de la réalité et de la population, est une des marques du macronisme.

Plan national d’adaptation au changement climatique, plan d’anticipation des vagues de chaleur, instruction interministérielle …, les textes ne manquent pas. Ils n’ont pas empêché le bilan catastrophique des canicules à répétition de cet été et de leur gestion désastreuse. Le dénuement des services publics et leur incapacité à apporter des réponses à la hauteur de la situation ont une fois de plus été mis en évidence. SDIS sous équipés, canadairs hors de fonction, pompiers sous-payés et en nombre insuffisant, hôpitaux saturés, constructions inadaptées –  notamment dans le parc social – , écoles obligées de fermer, pénuries d’eau potable… Un bilan sanitaire très lourd et de flagrantes inégalités face à la crise climatique

La surmortalité liée à la canicule dépasse les 7 300 décès, notamment de personnes âgées. Les personnes fragiles atteintes de pathologies graves (comme la sclérose en plaques, les maladies cardiaques…) ou de troubles psychiatriques ont été particulièrement éprouvées.

Idem pour les travailleurs exposés à l’emballement des thermomètres :

depuis 2018, plus d’une cinquantaine de personnes sont mortes dans des accidents au travail liés aux fortes chaleurs. Pour la santé des travailleurs des champs, la canicule a été un risque supplémentaire qui s’ajoute à l’exposition aux pesticides (et alors que la loi Duplomb vient de réautoriser l’usage de certains produits qui avaient été interdits).

L’été a été particulièrement éprouvant dans les habitats des cités populaires. Mal isolés, parfois sans volets, la plupart des logements qui sont des « passoires thermiques » l’hiver, sont, en cas de canicule, transformés en fours invivables sans qu’il soit possible de trouver des îlots de fraîcheur dans un environnement extérieur bétonné à l’extrême. Les personnes âgées en ont particulièrement souffert. Tout comme les travailleurs qui ne pouvaient récupérer en rentrant du travail. Dans un entretien au journal Le Monde , la fondatrice de l’association Ghett’Up, dénonce en particulier la situation de la jeunesse dans ces quartiers :

«  Les habitants des quartiers populaires, et les jeunes en particulier du fait d’une plus grande fragilité sociale, sont confrontés à un millefeuille de problématiques et d’injustices climatiques. Ils sont à risque à l’extérieur de chez eux, du fait de la grande minéralisation de leur environnement qui renvoie la chaleur, de l’absence d’espaces verts, d’une sous-dotation en infrastructures où se retrouver au frais ou encore de la pollution qui est majorée. La journée, ils sont souvent contraints de travailler sous une chaleur excessive, dans des bâtiments scolaires massivement dégradés et non isolés ou parce qu’ils occupent des emplois où ils sont exposés au soleil. Mais ils se trouvent aussi à risque lorsqu’ils rentrent le soir, à l’intérieur de leur habitat. » D’importants impacts économiques et financiers

L’activité des entreprises a été perturbée. Certaines ont vu leur chiffre d’affaires chuter. Leurs salariés ont été mis en chômage partiel et certains ont perdu définitivement leur emploi. La circulation des trains a été perturbée, des voies navigables ont été fermées. Des récoltes ont été compromises et beaucoup de cultures ne sont plus adaptées aux régions où elles étaient jusqu’à présent développées. De l’aveu du mal-nommé ministère de la transition écologique et de sa ministre, qui a rempilé quelques heures après avoir annoncé sa démission, la facture des canicules de cet été pourrait atteindre les 15 milliards d’euros, avec un impact non négligeable sur le PIB et des estimations de croissance revues à la baisse par la direction générale du Trésor (ministère de l’Économie).

Le dérèglement climatique ne se résume pas aux canicules et aux sécheresses : elles ont été précédées de crues, d’inondations et de coulées de boues puis ont, pendant l’été, laissé la place à de violents orages, à la grêle, à des tornades dévastatrices comme celle qui a balayé le village de Pomas dans l’Aude. Les procédures d’indemnisation par les assurances sont lourdes et complexes et certaines collectivités locales, dans les zones les plus explosées, ne parviennent même plus à assurer les bâtiments publics. Pour les particuliers, les tarifs des assurances habitation et automobile, qui avaient déjà considérablement augmenté, vont continuer à s’envoler.

Pour les travailleurs et les couches populaires, à la fatigue, aux problèmes de santé et de logement, s’ajoute la hausse de l’ensemble des prix qui flambent, eux aussi, sous le double effet du dérèglement climatique et de la guerre des Etats-Unis contre l’Iran.

Colère et mobilisation

Selon le principe du « on a tout fait bien » , le Premier ministre s’est auto félicité en déclarant :

« L’État a tenu.

La France sait gérer les urgences » !

Pendant ce temps, Macron se faisait photographier sur son jet-ski, tandis que la ministre de l’Écologie suivait la crise «  en visio  » depuis sa résidence de Sainte-Maxime  ! La mobilisation «  exceptionnelle  » du ministère des Armées et des services préfectoraux pour protéger les sites industriels stratégiques sensibles liés à la Défense (voir notre article à ce sujet) montre quelles ont été les priorités de l’État.

Ce «  trop c’est trop  », provoque de la colère et des mobilisations  :

celles des pompiers qui ne veulent pas «  être des héros  », mais qui demandent des moyens pour exercer leurs missions (voir notre article Les pompiers se mobilisent et demandent des moyens ) ; celles des salarié.e.s du 115 (Samu social), en grève du 23 juin au 18 août pour demander des augmentations de salaires et dénoncer le manque de places et l’impossibilité de répondre aux besoins des milliers de personnes condamnées à des conditions de vie dans la rue tout aussi difficiles que pendant les grands froids .

Ce n’est pas seulement la gestion des effets de cette crise qui est remise en cause, mais les fausses solutions mises en œuvre par le gouvernent où prônées par ceux qui visent l’Elysée et les fauteuils ministériels, solutions qui ne font qu’aggraver les causes-mêmes de ce dérèglement climatique. Toutes relèvent de la fuite en avant et du dogme selon lequel à tout problème, une solution technique : mégabassines pour «  sauver  » l’agriculture intensive, relance du nucléaire présentée comme une « énergie verte » électrique … Oui, comme nous l’avons largement développé dans le n° 4 de notre revue Rupture :

« Réchauffement climatique et destruction de l’environnement  :

système capitaliste impérialiste responsable » . ★