Parti Communiste des Ouvriers de France

Piratage des données informatiques : Un système de protection numérique en faillite
08 septembre 2026

Les attaques informatiques récurrentes contre les sites de l’administration française deviennent de plus en plus inquiétantes pour le grand public. Des données de toutes sortes, personnelles et professionnelles, sont à la merci des hackers capables d’activer des virus complexes, permettant de franchir les protections des sites publics et privés (comme le site de SFR).

Les dernières, survenues en juin et juillet 2026, mais révélées seulement les 12 et 13 août, ont ciblé l’administration fiscale et le ministère de l’Éducation nationale. Elles montrent à quel point les systèmes de sécurité cybernétique sont au moins défaillants, contrairement aux affirmations des responsables «  sécurité  », y compris ceux d’un groupe comme Thales, monopole de l’électronique de défense.

Des exemples ont été donnés publiquement sur les intrusions. Fin 2025, suite à l’infection de l’ordinateur personnel d’un fonctionnaire bourguignon de l’antenne locale du ministère de l’Agriculture par un virus nommé « infostealer » (littéralement « voleur d’info »), c’est tout le réseau de la police nationale qui est scruté et exploré à des fins de « solidarité entre hackers ». Officiellement, cela n’ira pas plus loin. Nuñez, ministre de l’Intérieur, avait, dans sa déclaration, privilégié l’erreur humaine comme la cause de cette faille sécuritaire.

L’arrestation de deux jeunes, dont un mineur de 16 ans, a permis d’identifier le groupe Zerobytes derrière les dernières intrusions (SFR, France Travail) cet été. C’est un collectif français dont les objectifs sont motivés par l’appât du gain qui en est l’auteur. En effet, le piratage massif des données peut rapporter beaucoup, en quelques clics.

Les « excuses », la « compassion », la « transparence » et la « considération » exprimées par David Amiel, chef du ministère de l’Action et des comptes publics, et d’autres comme la directrice de la DGFIP ou la ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique… apparaissent bien hypocrites et aucunement rassurants. L’État annonce qu’il va mettre les moyens humains et financiers pour répondre aux besoins d’investissements des monopoles en matière de sécurité informatique.

En réalité, ces moyens vont aller en priorité aux acteurs de l’IA et du numérique qui profitent de la manne de l’État sur le dos de la population.

La « numérisation » massive mise en cause

Le gouvernement a poussé les feux de la numérisation généralisée dans tous les secteurs publics et au recours à «  l’intelligence artificielle  » pour justifier les coupes sombres dans les effectifs des administrations. Des pans entiers de la population, n’ayant pas accès aux outils numériques, pas de formation et qui ont besoin du contact humain avec un agent, pour avoir accès à leurs droits, ont été jetés dans le désarroi total. Retraités, familles monoparentales des milieux populaires, habitants isolés… sont les victimes de cette forme de discrimination, de remise en cause de l’accès pour tous aux services de base, avec de graves conséquences sociales. Mais avec ces piratages de masse, ce sont toutes les catégories sociales qui sont menacées de voir leurs informations personnelles tomber entre les mains de maffias.

Les organisations syndicales comme la CGT, FO, Solidaires, la CGT, les organisations démocratiques, comme la LDH alertent régulièrement sur le danger que constituent ces intrusions numériques et dénoncent la fuite en avant dans le recours généralisé de l’IA. La dénonciation de la consommation exponentielle d’électricité et d’eau de refroidissement des data centers gagne de l’ampleur, y compris aux USA. Il faut l’encourager. ★



Derrière cette informatisation généralisée se trouvent des groupes et des entreprises telles Sopra Steria (5,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025) qui ont des contrats juteux avec, entre autres, le ministère des Armées, des Finances, de la Justice, France Travail ou France télévisions pour accélérer l’IA. C’est « un acteur clé du développement et de la maintenance des grands systèmes d’information fiscaux français (comme le prélèvement à la source ou les applications de gestion de la fiscalité) ». Il y a aussi Capgemini (22,46 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025) qui passe des contrats avec toutes sortes d’ad ministrations publiques de l’État. Ce dernier lui a confié un contrat de 1,1 milliard d’euros sur 5 ans. Début 2026, Capgemini était soupçonné de connivence avec l’Ice, la tristement célèbre police trumpienne contre les immigrés vivant aux États-Unis.