Parti Communiste des Ouvriers de France

Grève chez Airbus en Espagne
08 septembre 2026

Dans notre édition du mois de juillet, nous nous faisions l’écho de débrayages à l’usine Airbus de Toulouse. L’article détaillait les conditions de travail et de salaire dégradées dénoncées par les travailleurs alors que les carnets de commande étaient pleins et les bénéfices en hausse. Certains syndicats, et notamment FO, majoritaire, s’opposaient au mouvement spontané des ouvriers et faisait tout pour l’empêcher de se développer et gagner en force.

L’article de nos camarades du Parti Communiste d’Espagne (ml), que nous publions, porte sur le mouvement de grève coordonnée des travailleurs des usines Airbus en Espagne. Il décrit la même réalité  :

profit en hausse, salaires et conditions de travail en baisse. C’est pour exiger des augmentations de salaires que les 14 000 salariés se sont mis en grève illimitée.

Ces exemples montrent que, quel que soit le pays, la politique du groupe est la même et que les travailleurs ont tout intérêt à s’unir dans la lutte par delà les frontières.

Vive la grève chez Airbus !

Mardi dernier, le 25 août, les salariés d’Airbus, en rejetant l’accord préliminaire conclu entre l’entreprise et les syndicats CCOO, SIPA et ATP, ont relancé la grève de juillet en entamant une grève illimitée soutenue par une large majorité de travailleurs et appelée par la CGT, l’UGT et ÚTIL. 14  000 salariés des six usines que l’entreprise possède en Espagne : Getafe, Cadix, Albacete, San Pablo, Tablada et Illescas. Le PCE (ml) apporte tout son soutien à la lutte engagée par le personnel d’Airbus.

La réponse de l’entreprise ne s’est pas fait attendre et était prévisible :

tenter d’intimider les syndicats et les salariés en menaçant de suspendre les embauches si la grève se poursuivait.

L’un des slogans des salariés résume la raison fondamentale de la mobilisation  :

«  Airbus file comme une fusée et les salaires comme une trottinette ».

Alors que la multinationale a réalisé en 2025 un bénéfice de 5 221 millions d’euros et, au premier semestre 2026, de 2 243 millions (soit une hausse de 47 %), grâce à l’augmentation de la demande du secteur militaire qui a progressé de 83 %, les travailleurs ont subi, depuis la Covid19, une perte cumulée de pouvoir d’achat de 11  %. Les conventions collectives se succèdent, signées sans consultation des salariés, ce qui a détérioré les salaires et les conditions de travail et a consolidé un double barème salarial. L’augmentation des salaires pour compenser les pertes et leur indexation sur l’IPC [indice des prix à la consommation, ndlt], ainsi que l’amélioration des primes et la suppression du double barème salarial font partie de leurs revendications.

Les droits, les acquis et les améliorations ne s’obtiennent qu’au prix de la lutte, ils ne tombent pas du ciel. Airbus, comme n’importe quelle entreprise, ne cherche qu’à maximiser ses profits et, pour cela, doit réduire ses coûts de main-d’œuvre au détriment des salariés. Seule leur mobilisation unitaire et organisée peut arracher et consolider des améliorations, et les assemblées de salariés doivent jouer un rôle fondamental à cet égard.

En cette période de crise du capitalisme impérialiste, où la concurrence entre les grands monopoles, comme Airbus, s’intensifie, ceux-ci recherchent la rentabilité maximale du capital, le profit maximum, afin de rivaliser dans de meilleures conditions, ce qui se traduit par des licenciements, la baisse des salaires et du pouvoir d’achat et la détérioration des conditions de travail et, de manière générale, par une exploitation accrue de la classe ouvrière.

Ceux qui nous condamnent à cette situation, ce n’est donc pas seulement tel ou tel patron, ce n’est pas seulement le patronat, mais tout un système, le système capitaliste, qui non seulement favorise la dégradation des conditions de travail et de vie, mais aussi la détérioration et la privatisation des services publics essentiels pour la majorité des travailleurs. Un système qui engendre la pauvreté, la misère et les inégalités, conséquences de la logique du capital visant à obtenir le maximum de profit  ; qui engendre, comme nous le voyons, des guerres allant crescendo au profit des monopoles et de leur propre reproduction. Seule la lutte unitaire, organisée et ferme du prolétariat, sur tous les fronts, peut changer cet état de choses.

La lutte des travailleurs d’Airbus est celle de toute la classe ouvrière.

Tous avec les salariés d’Airbus !

Vive la lutte de la classe ouvrière !

À bas le capitalisme exploiteur et belliciste ! ★



Commission du travail et des retraites du Comité central du PCE (m-l) Le 29 août 2026