Parti Communiste des Ouvriers de France

Une rentrée scolaire dans des conditions très dégradées
08 septembre 2026

Cette rentrée scolaire 2026 commence comme s’est achevée la précédente par un épisode caniculaire, ce qui aggrave encore des conditions bien dégradées. Comme un symbole, le gouvernement divise par 5 l’enveloppe budgétaire annoncée en juin pour l’adaptation des écoles au changement climatique… L’école est exsangue, conséquence des suppressions massives de postes, des réformes et les inégalités y sont toujours plus fortes. Un rapport du haut commissariat à la stratégie publié le 31 août dernier rappelle que  : « à l’école élémentaire la dépense publique d’éducation par élève apparaît inférieure à la moyenne de l’OCDE  » ; et la France fait également partie des pays européens qui comptent le plus d’élèves par enseignant, » « à l’école comme au collège ».

La relative baisse démographique a été aussi le prétexte pour supprimer 4 000 postes d’enseignants, alors que cela pourrait permettre d’alléger les effectifs par classe et d’améliorer les conditions de travail des personnels et des élèves.

Beaucoup de classes se retrouvent sans enseignant et de nombreux élèves en situation de handicap ne bénéficient pas d’accompagnement faute d’AESH en nombre suffisant.

Des dizaines de contractuels ont appris aussi quelques jours avant la rentrée que leur contrat n’était pas renouvelé, les rectorats comptant sur les stagiaires plus nombreux cette année, du fait de la coexistence des concours à Bac+5 et Bac+3, pour assurer les heures. Les personnels se retrouvent brutalement en situation très difficile, ayant le sentiment d’être jetés après avoir pour certains et certaines exercé leur métier pendant plusieurs années, et souvent dans des conditions difficiles.

Le ministère poursuit une politique élitiste et réactionnaire, avec des annonces déconnectées des besoins urgents de l’école, comme la commémoration obligatoire du 11 novembre dans toutes les écoles et établissements pour «  renforcer la cohésion nationale et comprendre comment les conflits ont façonné la société et les engagements citoyens  », et l’interdiction très médiatisée du portable au lycée, annoncée quelques jours avant la rentrée, sans tenir compte des obstacles matériels dans les établissements.

Suite au scandale qui a touché notamment le périscolaire, le ministère se dit attentif à la parole des élèves en mettant en place un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles. Mais, dans le même temps, au lycée de Stains 93, deux enseignantes lanceuses d’alerte qui ont dénoncé des faits de violence dans leur établissement sont menacées de « mutation dans l’intérêt du service ». Par solidarité, les personnels de l’établissement étaient en grève ce jeudi 3 septembre.

Enfin, à ces conditions, il faut ajouter les conséquences de la cyberattaque qui a frappé le ministère.

Cela illustre le manque de moyens techniques, humains, financiers pour assurer l’indispensable sécurisation du développement informatique.

Les académies de Nantes et Toulouse sont fortement touchées. Dans l’académie de Toulouse, plus aucune communication possible par le biais des messageries professionnelles, pas de possibilité d’utiliser les outils numériques. Des enseignants remplaçants, des AESH n’avaient pas de moyen de communication pour connaître leur affectation.

Les élèves non affectés en lycée en juin sont eux aussi encore dans l’incertitude. Tout cela a conduit les personnels enseignants et administratifs à devoir se débrouiller. Le hall du rectorat de Toulouse est transformé en vaste centre d’information, avec des tables dédiées aux différents corps et des personnels qui viennent exposer leur situation. Conséquence, les affectations des personnels remplaçants se fait sans respect des critères, les chefs d’établissements contactant directement les contractuels ou TZR (Titulaire sur zone de remplacement).

Cela a rajouté beaucoup de stress et de difficultés, sans compter des inquiétudes sur le versement de la paye de septembre, en particulier pour les personnels nouvellement recrutés ou affectés.

Tout cela doit contribuer à nourrir la colère des personnels qui doit s’exprimer massivement lors de la journée de grève et de manifestation du 29 septembre prochain, aux côtés des autres travailleurs-euses de la fonction publique. ★