Allemagne : Résolution de jeunes syndicalistes : Ne pas mendier, mais se battre ! 08 septembre 2026
Nous reproduisons l’article des camarades d’Allemagne sur une initiative des comités locaux du syndicat IG Metall, qui montre que l’opposition d’une partie importante de la jeunesse à la militarisation à marche forcée, s’organise, faisant le lien entre les revendications concrètes.*
Début août, plusieurs comités locaux de jeunesse de l’IG Metall du BadeWurtemberg et la représentation des jeunes et des apprentis de MercedesBenz Untertürkheim ont rédigé une résolution commune et l’ont diffusée au sein de l’IG Metall. Elle doit faire l’objet d’un large débat et bénéficier d’un large soutien.
Les délégués du personnel de Mercedes-Benz Untertürkheim ont ouvert la voie.
« En tant que comités locaux de jeunesse de l’IG Metall de Stuttgart, Esslingen, Fribourg-Lörrach, Ludwigsburg-Waiblingen, ReutlingenTübingen et en tant que comité des jeunes et des apprentis de MercedesBenz Untertürkheim, nous emboîtons le pas ».
Presque chaque jour, nous entendons : Des emplois sont supprimés, les apprentis et les étudiants ne sont pas embauchés, des usines entières ferment. Partout, on veut faire des économies – surtout à nos dépens. Et ce n’est pas seulement au travail que nous sommes attaqués.
Le monde politique, lui aussi, cède de plus en plus aux exigences des capitalistes :
La journée de 8 heures ? Le gouvernement veut l’enterrer.
On perd son emploi ? Alors on est censés accepter n’importe quel boulot mal payé et peu attractif.
La santé ? Elle devient plus chère.
Seules les personnes qui ont de l’argent ont encore accès à des soins de qualité.
La retraite ? Elle est apparemment surestimée. On nous demande de travailler jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Les contrats à durée déterminée ? À l’avenir, une durée maximale de 4 ans, voire plus, sera possible.
Alors que chez nous, on nous impose des coupes budgétaires et que nous perdons nos emplois, il y a soudain assez d’argent pour le réarmement et la guerre.
De plus, le service militaire obligatoire est réintroduit, car en cas de doute, nous devrions même défendre cette misère au péril de notre vie. Mais au lieu de « mourir pour la patrie », nous voulons :
Des emplois sûrs et une embauche à durée indéterminée après la formation et les études.
Une bonne rémunération pendant la formation et les études.
Le maintien des places d’apprentissage.
Des investissements dans le social et la santé plutôt que dans l’armée.
La paix pour tous.
Mais une chose est claire : cela ne nous sera pas offert sur un plateau.
Car les capitalistes… et nous, nous ne jouons pas dans la même équipe.
Eux, ils font des profits. Nous, nous faisons le travail. Eux, ils s’enrichissent.
Nous, nous devons nous priver.
Se plaindre ne sert à rien. Mendier non plus. Et espérer que quelqu’un d’autre s’en charge, encore moins. Si l’on veut que les choses changent, ce ne sera que si nous prenons les choses en main et que nous nous battons.
C’est pourquoi nous disons : protestation, résistance, grève !
Nous nous rallions aux propos des délégués syndicaux d’Untertürkheim ci-après :
Une meilleure politique passe par notre lutte syndicale et politique !
C’est pourquoi nous n’attendons pas que quelqu’un nous demande de protester. C’est nous qui commençons !
Nous renouons avec des discussions politiques plus intenses avec nos collègues sur place, dans l’entreprise.
Quand on a pris conscience de sa situation, comment pourrait-on être arrêté ?
Nous saisissons chaque occasion pour critiquer les patrons et leur gouvernement. À l’avenir, il n’y aura plus d’assemblée des jeunes, de réunions de l’organisation des jeunes syndiqués, sans débat politique.
Même si, au début, nous sommes peu nombreux ou seuls, si nous élevons la voix et prenons position, nous serons plus nombreux.
Dès que le climat au sein des travailleurs sera mûr, nous organiserons des actions de protestation – sur le lieu de travail et en ville.
Nous nous engageons au sein de notre syndicat et réclamons des manifestations contre la cupidité des patrons, contre le gouvernement et pour un avenir meilleur – jusqu’à la grève. Et si les dirigeants syndicaux hésitent, alors nous le ferons nous-mêmes. » ★
