Parti Communiste des Ouvriers de France

Le 6 octobre a été un immense succès
07 octobre 2026

450 000 manifestants dans les rues le 6 octobre : c’est un grand succès pour les lycéens mobilisés depuis trois semaines et qui veulent se faire entendre d’un pouvoir qui n’écoute pas, qui les méprise et qui envoie les robocops qui frappent à tour de bras.

C’est aussi une victoire pour tous ceux et celles qui les soutiennent. Enseignant.es, venus avec leurs élèves, militants syndicalistes du public comme du privé, mobilisés par les UL et les UD, tôt le matin de la manif, pour permettre aux lycéens d’aller manifester, pour faire reculer les policiers et gendarmes menaçants. Beaucoup de parents d’élèves aussi, inquiets pour leurs enfants, leur avenir et surtout fiers de les voir se mobiliser en masse, de leur dynamisme. Un dynamisme communicatif, qui fait dire que la jeunesse mobilisée apporte de l’espoir, redonne du courage et l’envie de lutter.

Les exigences portées par ce mouvement sont très souvent les mêmes, d’un lycée à l’autre, ce qui fédère ce mouvement. Ce sont les lycées des quartiers populaires qui ont enclenché le mouvement : il s’est propagé aux lycées mieux lotis, du point de vue des bâtiments, du nombre de profs, et même dans le privé, où les lycéens et lycéennes se sont solidarisés et revendiquent cette solidarité. Preuve de l’attachement des jeunes à l’égalité, à combattre les discriminations et l’individualisme…

La dénonciation du déferlement de violence policière qui s’est abattue depuis le début du mouvement est omniprésente dans les manifestations. Nunez et Lecornu persistent, en multipliant les déclarations de soutien aux « forces de l’ordre », en focalisant sur les « casseurs extérieurs au mouvement, de l’ultra gauche », en lançant des accusations de manipulation, notamment contre LFI, considérant que les jeunes sont manipulables et incapables de penser par eux-mêmes. Concernant les jeunes gravement blessés par des tirs de grenades, des projectiles tirés par des LBD, ils le déplorent, mais continuent à justifier l’usage de ces armes de guerre contre des jeunes !

L’exigence de l’interdiction des LBD et des grenades de désencerclement, est portée depuis des années, est plus que jamais posée.

Dans son intervention du 7 octobre, Lecornu n’a pris aucun engagement concret qui aille dans le sens des exigences des lycéens : Parcoursup est maintenu, alors que sa suppression est très largement exigée ; l’annonce d’une augmentation du budget est une entourloupe : elle ne tient pas compte de l’inflation ; la proposition de dialogue et d’espace d’expression vise surtout à faire revenir les lycéens dans les bahuts. L’annonce de solutions au manque de profs est une promesse creuse, sans moyens supplémentaires.

Le gouvernement joue la montre et le pourrissement : les lycéens continuent leur mouvement.

Strasbourg, Metz, Mulhouse…

STRASBOURG

Plus de 10 000 manifestants à Strasbourg. Une manifestation très dense et très dynamique. Des centaines de panneaux réclamant plus de moyens pour les études, plus de profs, des logements pour les étudiants, la suppression de ParcourSup, de la considération pour les lycéens, que les pouvoirs publics prennent leurs revendications avec sérieux. Un certain nombre de panneaux étaient politiques, contre le système ; ils exprimaient « non à la guerre », « investir dans les études pas dans la guerre », il y avait aussi des drapeaux palestiniens. « L’éducation est un investissement pas un coût » « Nous voulons le BAC pas la BAC » « Le fascisme s’attaque à l’école car on y apprend Ensemble » « Plus de pognon pour le lycée pas pour finir policier » « Attaque budgétaire, Riposte populaire » « Manifester c’est pour revendiquer, pas pour être blessé », « La violence vient de l’État qui n’écoute pas », « Moins de police nationale, Plus de justice sociale », etc.

Les enseignants étaient nombreux aussi pour soutenir leurs élèves, mais aussi pour pointer du doigt leurs propres conditions de travail qui ont des répercussions sur les études des jeunes. On pouvait lire sur un panneau « Futurs profs déjà malmenés par le système ». Un prof de français avait une pancarte « J’ai plus les mots ».

La manifestation des jeunes lycéens et étudiants étaient soutenue par de très nombreux adultes. Des syndicalistes de divers syndicats, des associations de parents d’élèves, des profs ont organisé le « service d’ordre » ou plutôt la protection des jeunes. « On ne touche pas à nos enfants ! » La colère des parents et des adultes devant la violence de la police envers les lycéens s’exprimait fortement. Une manifestante a dit : « Notre jeunesse, on leur laisse une planète de merde ; il faut les soutenir ». On pouvait aussi lire sur un panneau « Mamie solidaire », « Méfiez-vous des mères en colère, on ne se terrera pas ».

Banderole importante, celle de la solidarité des étudiants allemands portant le mot d’ordre « Solidarité depuis l’Allemagne. Faire grève ensemble ! ». La banderole était signée Stuko, « Commission des Etudes », organe des étudiants en Allemagne.

Les camarades ont distribué un flyer reprenant l’article de La Forge d’octobre « Les jeunes ont raison de se révolter ». Il a été très bien accueilli. Un camarade a lancé à plusieurs reprises le mot d’ordre « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, les femmes toujours précaires, de cette société-là on n’en veut pas, on la combat ». Le mot d’ordre a été repris et applaudi à un moment donné. Un jeune a demandé de se faire photographier avec notre drapeau.

L’ambiance était à l’intergénérationnel, les jeunes heureux de se retrouver nombreux et contents que leurs revendications soient reconnues et soutenues par les adultes présents, et de pouvoir exprimer leur profond ras-le-bol de la situation.

METZ

A 14 h, la manif a démarré place de la gare à METZ. Nous étions environ 1700 personnes et nous avons défilé jusqu’à la place de la République en slogans, l’incontournable « ACAB » (1) et « Siamo tutti anti antifascisti ». Le cortège a traversé la ville, en faisant un arrêt de quelques minutes devant le palais de justice. Il a dû modifier son parcours car la rue de la préfecture était bloquée par les CRS et la police. Envoi de fumigènes.

Nous arrivons au Campus Universitaire de Saulcy où ont lieu les différentes interventions des organisations étudiantes et politiques ainsi que des syndicats enseignants CGT et UNSA.

Dans la manifestation il y avait aussi les enseignants et des parents. La manifestation s’est bien terminée.

Des tracts du PCOF ont été distribués et le Parti a été présenté.

(1) ACAB (« All Cops Are Bastards ») est un slogan anti police dont l’origine remonte à la grève des mineurs britanniques sous Thatcher (mars1984-mars1985)

Mulhouse

Environ 2 000 manifestants ont défilé dans les rues de Mulhouse pour contester le manque de moyens dans les lycées et les universités.

En tête du cortège, les étudiants et les lycéens, très dynamiques et combatifs, scandaient des mots d’ordre contre le gouvernement Macron et l’extrême droite, tout en revendiquant davantage de moyens pour leurs établissements.

Les lycées sont fermés dans le Haut-Rhin (68). Du côté des étudiants, ils ont réussi à bloquer deux des trois campus universitaires, dont un qui n’avait encore jamais été bloqué auparavant.

La manifestation était festive, revendicative et animée par une jeunesse qui se politise, très déterminée et révoltée contre le système. Les militants du service d’ordre de la CGT veillaient au bon déroulement de la manifestation, qui a également rassemblé des professeurs de lycée, ainsi que des parents venus apporter leur soutien à la mobilisation de la jeunesse.

Des slogans comme  « De l’argent pour les lycées, pour les salaires, pas pour les milliardaires » faisaient le lien avec la question de la guerre et des priorités budgétaires. 

Un message clair ressort de cette mobilisation : ce n’est pas la « casse », comme les médias tentent continuellement de le montrer, qu’il faut mettre en avant, mais la détermination d’une jeunesse qui se politise et se mobilise pour obtenir de meilleures conditions dans ses établissements d’enseignement et qui refuse de rester silencieuse face à la dégradation de ses conditions d’études.

Blois

Sur Blois, 1300 manifestant·es dont 800 lycéen·nes et plus de 500 syndicalistes et parents venus soutenir leurs enfants et les protéger de la police mais également dénoncer la répression policière et le délabrement du service public de l’éducation. 

Parmi les syndicalistes se trouvaient de nombreux et nombreuses camarades élu·es, mandaté·es et grévistes de l’éducation (Enseignants, AED, AESH, infirmières, vie scolaire et TOS), de l’hôpital public, de la CPAM et de l’ADMR (organismes sociaux), de l’énergie (centrale nucléaire et Enedis) et du secteur privé: CDM (maroquinerie), Enerflux/Sirius, Phinia, Valeo (Métallurgie), Thalès, La Poste, clinique psychiatrique de la Borde, retraité·es etc…

 Il s’agit de la troisième manifestation lycéenne, la première avec l’appui et l’appel à la grève de trois syndicats (CGT, FSU et Solidaires). Au total des 3 mobilisations 4000 jeunes ont manifesté et plusieurs lycées ont été bloquées. Les lycéen·es de Vendôme (lycée Ronsard) dans les quartiers populaires ont été violemment réprimés jeudi tandis qu’à Blois la police a été rapidement dépassée par la masse des lycéen·es mobilisées devant leur lycée et dans la rue (1600 manifestant·es). 

Aujourd’hui, le lycée Ronsard à Vendôme a été fermé pour éviter le blocus lycéen. La répression de jeudi avait pour objectif de terroriser les parents et de les forcer à garder leurs enfants à la maison.

Le dispositif répressif à Blois où se déroulait la manifestation était particulièrement renforcé. Les militaires de la gendarmerie (PSIG: peloton de secours et d’intervention) et les gendarmes mobiles armés de boucliers, LBD, casques et protections, se sont substitués à la police nationale devant les lycées les plus mobilisés pour empêcher tout blocage et repousser les lycéens. Ils ont « protégé » également les grilles de la préfecture pendant que la BAC tentait en vain d’isoler des jeunes du cortège en raison de la présence syndicale CGT en queue du rassemblement et sur les abords.

Devant le lycée et la préfecture, les jeunes ont scandé « Plus d’argent pour des profs, des moyens pour étudier pas pour les riches et les militaires ».

Grenoble

13 000  personnes dans  les rues de Grenoble. Des milliers de jeunes. De nombreux enseignants, des parents d’éléves d’éléves défilant à leurs cotés, tous plus ou moins mélangés dans un énorme cortége, très dense. Certains syndicats, notamment les syndicats CGT de l’université, des territoriaux, de l’énergie…, s’étaient également fortement mobilisés.

Tombé hier soir, l’arrêté préfectoral interdisant les rassemblements devant les lycées n’a « arrêté » personne. Beaucoup de militants qui avaient répondu à l’appel des syndicats CGT, FSU, Solidaires et CNT sont venus en début de matinée devant le lycée Mounier et les dizaines de fourgons policiers ont dû s’éloigner.  Le cortège lycéens, rejoint un peu plus tard par un cortège étudiant étaient déjà très gros avant de rejoindre la manifestation prévue à 11h à partir de la Place Victor Hugo.

Des centaines de pancartes étaient brandies pour dire les revendications et dénoncer la répression.

Le parti était présent avec son drapeau et les autocollants « La Forge, journal communiste pour la rupture révolutionnaire ». Des camarades accompagnaient leurs enfants lycéens. D’autres étaient avec leur syndicat.

Plusieurs centaines de personnes ont également manifesté à Bourgoin-Jallieu

Dans le Rhône

Lyon

20 000 manifestants a Lyon. Un cortège très dense, offensif. Les lycéens et étudiants soutenus par l’intersyndicale et les parents d’élèves. Manif calme bien qu’arrosée de gaz lacrymo à la fin, comme souvent.

Villefranche-sur-Saône

350 manifestants : lycéens du public et du privé, enseignants et soutiens se sont rassemblés puis ont manifesté dans les rues de la ville pour des conditions d’études et de travail dignes.

Femmes Egalité avait des panneaux : « Les jeunes pensent au futur, l’État dresse des murs, solidarité avec les jeunes mobilisés » ou « Jeunesse réprimée au lieu d’être écoutés, solidarité avec les jeunes mobilisés ». Les camarades du parti étaient présent.e.s.

Chambéry

Plus de 2000 manifestants. Dès le début de matinée drs centaines de lycéens se son retrouvés devant le lycée Monge

Tours

Une énorme manifestation de soutien aux lycéens.

Plus de 4000 manifestant.e.s  se sont retrouvé.e.s ce mardi 6 octobre à Tours, qu’ils soient lycéen.nes, érudiant.e.s, parents ou enseignants venus soutenir leurs revendications. 

C’était une foule énorme, précédée par la jeunesse marchant en rangs serrés avec des multitudes de pancartes donnant toutes les revendications avec beaucoup d’inventivité. Les mots d’ordre étaient offensifs, incluant les conditions d’étude, et l’état des bâtiments, mais aussi la répression qui s’est abattue depuis le début du mouvement avec un jeune homme, Maël,  qui a perdu un œil suite à un tir de LBD par la police. Celle-ci s’est fait discrète pendant le passage du cortège. Sur une pancarte : « Pas de réarmement démographique si c’est pour finir mutilé par les flics ». Mais aussi : « On vous envoie des SOS vous nous envoyez des CRS » les enseignant.e.s et parents qui suivaient étaient sur les mêmes revendications. Certain.e.s du lycée Grandmont, le plus grand de Tours racontaient que la pluie tombe dans les classes et qu’une fois elle est tombée sur une multiprise et a fait sauter l’électricité. La région leur a dit que si elle faisait la réfection de tout le lycée, il n’y aurait plus rien pour les autres établissements de la région. 

Les syndicats de l’éducation, de CGT, Solidaires, FSU, FO qui avaient appelé au soutien des lycéen.e.s faisaient le service d’ordre pour sécuriser la manifestation qui s’est passée sans heurts. 

Il y avait à la fois une inquiétude pour l’avenir et aussi une satisfaction de voir la jeunesse prendre son avenir en main. Sur une pancarte : « Merci la jeunesse de nous réveiller ! Soutenons-la protégeons la ! »

Les mots d’ordre antifascistes côtoyaient des mots d’ordre pour demander plus de moyens : retrait des 54 milliards de coupes budgétaires dans les services publics et la sécurité sociale ; ou pour avoir le droit à un avenir. Les solidarités entre générations se manifestaient dans les 2 sens : je suis là pour ma mère, AESH à l’école publique ou Educ Spé au foyer de vie, ou Infirmière à l’hôpital public.

Le journal La Forge a été diffusé dans la manif. 

Devant une telle détermination, le gouvernement aura du mal à arrêter le mouvement tout en voulant maintenir son budget d’austérité, d’autant plus que les revendications vont au-delà des revendications matérielles, mais posent les problèmes d’inégalité sociale, de quel avenir on prépare à la jeunesse et la question du système.  Un dessin représentait un missile avec le commentaire : « ceci n’est pas une politique éducative ». 

 La Confédération paysanne avait des pancartes pour une lutte commune : « Étudiant.e.s, Paysan.e.s, même combat, on veut vivre un avenir désirable, ensemble pour notre futur ». 

Toulouse

30 000 manifestants annoncés. La foule compacte des lycéens a défilé de la place Jeanne d’Arc jusqu’à St-Cyprien avec une forêt de pancartes exprimant leurs revendications. Ils constituaient l’immense majorité des rangs.
Pour les accompagner beaucoup de syndicalistes notamment CGT FSU mais aussi
quelques drapeaux FO, et bien sur les parents FCPE ou les militants comme celles et ceux du rond-point Palestine Tournefeuille par exemple.
Des militants syndicaux, CGT éduc, Airbus, collectivités, région,… ont suivi les jeunes tout au long du cortège dans le but d’empêcher les risques de mise en danger des jeunes dans le rapport aux forces de l’ordre qui sont restées discrètes dans une certaine mesure sauf en fin de manif.
En fin de manif impossible de sortir à St Cyprien. Tout était bloqué par forces de l’ordre, pas de métro, parc à proximité fermé : nous n’avions plus qu’à rebrousser chemin. Un barrage de CRS nous laissait passer, certes mais la condition était d’enlever les chasubles sinon on ne pouvait pas franchir le cordon et on s’exposait à une amende.