Parti Communiste des Ouvriers de France

Échos des manifestations du 17 octobre
19 octobre 2026

Strasbourg : Près de 30.000 manifestants le 17 octobre

La colère est énorme par rapport au refus du gouvernement de répondre aux revendications populaires. Il fait la sourde oreille et envoyé les CRS contre les manifestants. Le préfet avait interdit le rassemblement Place Kléber. Les rangs sont denses. Les manifestants n’ont pas cédé face à la police, et des affrontements ont duré jusqu’en début de soirée. Il y a eu des heurts, des blessés et de nombreuses arrestations. Une très grande détermination de la part des manifestants.

Voici le témoignage d’un camarade :

« Le rendez-vous fixé était 14h place Kléber, la manifestation n’était pas autorisée. Nous sommes restés une heure sur la place. J’ai pu discuter des positions du Parti et j’ai distribué le tract mensuel sur le soutien aux lycées : un franc succès. Puis le cortège s’est mis en route direction rue des grande arcades, très animé, au son des ‘ »Emmanuel Macron on vient te chercher chez toi « , « ACAB » et « siamo tuti antifascisti ». Les premiers accrochages ont eu lieu rue de la 1ère Armée où les CRS avaient bloqué la rue pour empêcher la traversée du pont. Gaz lacrymo et grenades de désencerclement. La manifestation s’est alors divisée en trois cortèges. Certains sont restés place du Corbeau où avait lieu à 17h l’hommage aux Algériens noyés dans la Seine le 17 octobre 1961. Cette manifestation, bien qu’autorisée, a été gazée et trè réprimée. Les autres ont cherché à sortir de la nasse organisée par les CRS en allant dans les ruelles vers l’Hôpital. Les affrontements se sont poursuivis. 16H10, fin du cortège, accrochage des jeunes avec les CRS porte de l’hôpital jusqu’à place Saint-Louis. Les CRS répliquent ; les gaz s’invitent dans la Petite France, des touristes sont touchés, enfants compris. Dans l’ensemble, j’ai reçu bon accueil de la part des jeunes et moins jeunes. Des tracts ont été distribués et le journal d’octobre vendu, avec le mot d’ordre contre l’exploitation, la militarisation la destruction de l’environnement. Les syndicats étaient présents. La CGT dénonce « la répression visant à empêcher la population de participer aux manifestations. » Elle appelle « à poursuivre la mobilisation pacifique avec les jeunes et à mettre partout en débat sur les lieux de travail les conditions de la construction du rapport de force pour gagner sur les revendications »

A Mulhouse (68), Colmar ….

A Mulhouse, le syndicat étudiant CSTE a organisé une cérémonie en hommage aux Algériens noyés dans la Seine en 1961 avec un repas militant. Ils ont ensuite rejoint la manifestation qui a regroupé près de 2000 personnes l’après-midi. Enormément de jeunes, dynamiques et mobilisés. La manifestation s’est tenue dans le calme. Des affrontements ont eu lieu en marge de la manifestation en fin d’après-midi. A Colmar (68) ce sont près de 500 manifestants. Dans certaines petites villes d’Alsace (comme Wingen-sur-Moder), les personnes ont manifesté sur place, avec slogans et pancartes. Ils n’avaient pas tous les moyens économiques pour rejoindre la grande ville la plus proche. Dans d’autres petites villes (comme par exemple Erstein), les manifestants ont rejoint les cortèges des grandes villes.

Partout, les manifestations ont démarré dans le calme, très dynamiques et offensives pour défendre leurs revendications. La présence des forces de police, les provocations ont augmenté la colère des manifestants. Souvent à la marge des manifs, la colère s’est concrétisée par des affrontements et la détérioration d’édifices publics représentant l’autorité. Une autorité qui ne tient pas compte des revendications des gens. Il y a eu des dégâts matériels importants mais cela n’est pas comparables aux dégâts matériels et psychologiques que ce système de classe impose depuis longtemps à la vie des travailleurs et de la population.

Partout, des lycéens, des étudiants, des retraités, des syndicalistes, des gilets jaunes, des fonctionnaires, des sans-papiers, des antifascistes, des anti-impérialistes, portant leurs revendications, dénonçant les super-riches d’un côté et la galère du peuple de l’autre. « Nous voulons vivre dignement ! » « On veut transformer cette France en quelque chose de bien ! » Colère profonde, révolte contre l’injustice et la contre la répression forment le socle des manifestants.

Notre parti résume « Ce système capitaliste, broyeur de vies, ça suffit ! »

Photos sur les manifestations à Strasbourg

La ville de Tours envahie par les manifestants

L’appel a rassemblé environ 12.300 personnes au plus fort. L’appel était passé par les réseaux sociaux avec les gilets jaunes mais des syndicats appelaient aussi à se joindre au mouvement: CGT, Solidaires, FSE, Confédération Paysanne… qui étaient identifiés avec leurs drapeaux. C’est une marée humaine qui s’est déversée dans les rues de Tours avec pancartes, slogans… Elle était la concrétisation  de toutes les colères accumulées se reconnaissant autour de la mobilisation lycéenne et étudiante! Ceux-ci mettaient leur marque sur le mouvement avec leurs mots d’ordre antifascistes et contre les violences policières mais pas seulement.

Les manifestants sont venus de tous les horizons géographiques et de tous les secteurs populaires. On a vu les hospitaliers, avec des blouses blanches par ci par là. Certains sont venus isolément  d’autres avec leur syndicat entreprises comme ST-Microelectronics . Les gilets jaunes étaient disséminés dans le cortège. Il y avait aussi des avocats, des étudiants en médecine qui dénonçaient leur exploitation.

Macron était bien sûr la cible de la colère populaire mais il y avait ça et là une remise en cause des choix de budget contre les services publics, mais aussi du système capitaliste, de l’ordre colonial. « Stop gueux sacrifiés au nom des profits », « Outremer: l’histoire coloniale n’est pas finie tant que les inégalités perdurent ». « Que les larmes des racistes remplissent les bouteilles d’eau en Guadeloupe ».. . La FI était bien présente sur les pancartes. Beaucoup de pancartes ou de slogans dénonçaient le RN. L’internationalisme était présent avec le drapeau palestinien, une pancarte d’Amérique latine « El pueblo unido jamas sera vencido ».

Dans l’ensemble la manifestation s’est déroulée dans le calme précédée par quelques blocages d’autoroute et de postes à essence le matin . Quelques débordements l’après-midi avec des vitrines cassées et des feux place Jean-Jaurès ou à l’entrée de la rue de Bordeaux, avec répression par la police avec des gaz lacrymogènes.

Paris : plusieurs manifestations, du matin au soir, avec des dizaines de milliers de personnes

Les manifestations ont commencé dès le matin, à plusieurs endroits de la capitale. Les autorités ont déclaré qu’elles ne tolèreraient aucune manifestation ou rassemblement dans les zones où sont situés des « lieux de pouvoir », comme l’Élysée, Matignon, ou les Champs Élysées, où de nombreuses manifestations de gilets jaunes avaient eu lieu à partir de novembre 2018.

Le parti avait donné rendez-vous près de la place de la République, point de départ des deux cortèges annoncés et déclarés. En fin de compte, il n’y a eu qu’un seul parcours – République Place Clichy. La place de la République où des milliers de manifestants s’étaient rassemblées, et où l’orchestre du « nouveau monde, engagé pour la justice sociale et climatique en France » donnait un concert, a été très vite attaquée par la police. Elle a bloqué et gazé des centaines de manifestants qui voulaient rejoindre la manifestation « autorisée ».

Nos camarades expliquent :  » Il y avait beaucoup de monde ; beaucoup de jeunes, des lycéens et des étudiants, des jeunes venus en bandes. Beaucoup de lycéens venus par bahuts pas forcément avec une banderole, mais organisés avec leurs profs. Le cortège dans lequel nous avons manifesté a mis très longtemps à démarrer, car des milliers de personnes, venues de la République remontaient les trottoirs pour gagner la tête de manif. La manifestation était très bruyante, festive, avec des slogans lancés par des méga et largement repris, contre la répression policière. Les plus scandés : »tout le monde déteste la police » et un nouveau ; « la police déteste tout le monde », le mot d’ordre anti fasciste, « siamo tutti anti fascisti » et « la jeunesse emmerde le RN ». La police était quasiment invisible. Toujours beaucoup de pancartes portées à bout de bras.

Nous avons manifesté avec drapeaux et panneaux, aux côtés des camarades de la didf, des amis et des camarades de l’ODJ (Burkina) qui ont fait une déclaration de soutien au mouvement des jeunes. La Palestine était également très présente, à travers le drapeau et des panneaux faisant la référence au 17 octobre 1961. »

Les affrontements avec la police, les pillages, ont eu lieu en dehors de cette manifestation qui a rassemblé des dizaine de milliers de personnes.

Carcassonne

Malgré deux appels différents lancés sur les réseaux, environ un millier de personnes se sont retrouvées en ville pour manifester. Soit le double du 29 septembre ou du 6 octobre ici.
Après quelques prises de paroles généralistes (GJ, jeunes …), le rassemblement s’est transformé en manif spontanée dans la ville.
L’ambiance était calme, même si sans slogans ni animation, et la police plutôt discrète.
Les syndicats, associations et partis se sont peu affichés pour cette première action.
Pas mal de jeunes et de militants, mais aussi de nouveaux soutiens par rapports aux actions précédentes de la rentrée sociale.

A Narbonne environ un millier également.

Bordeaux : 50 000 manifestants, malgré le chaos organisé par les autorités

Malgré les autorisations légales, l’intersyndicale (CGT, FSU, CNT, FO, UNEF, FSE) n’a pas pu démarrer à 14h alors que plus de 50.000 personnes, au moins avaient rejoint le point de départ. Des pancartes par milliers, des drapeaux par centaines ! C’est, du côté des autorités, un chaos organisé, alors que tout se passait bien et normalement. On n’a pas pu commencer le parcours, bloqués par la police puis gazés ; le gazage de la tête du cortège a commencé avant 14h. La suite fut un désordre général total. 

Une marche pacifique s’est improvisée vers l’hôtel de ville, sans direction de manif, car la tête de manif initiale est devenue fin de manif car nous avons dû rebrousser chemin sur 500 mètres, avant de prendre le cours V. Hugo.

À 400 m de la mairie de Bordeaux se trouve la résidence personnelle de la préfète de Nouvelle-Aquitaine S. Brocas, bien connue pour sa gestion calamiteuse des grands feux de juillet en Gironde. Sa résidence a été attaquée et incendiée par des manifestants.

Dans de telles circonstances il nous a été quasi impossible d’établir notre point fixe prévu place de la Bourse. Nous l’avons improvisé là où nous avons pu arriver : au milieu de la foule à 200 mètres de la place, et avons distribué largement quand les lacrymogènes ont chassé la tête du cortège forçant l’ensemble des milliers de personnes à faire demi-tour. Drapeaux et pancartes levés !