Brésil : à la veille du 2ème tour des élections présidentielles 20 octobre 2026
Nous publions la résolution de l’exécutif national de l’Union populaire pour le socialisme (UP). Elle rend compte de la campagne de l’UP pour le 1er tour, analyse les raisons qui ont conduit au recul de Lula et du PT et donne la consigne pour le 2ème tour qui aura lieu le 24 octobre : vote pour Lula afin d’empêcher le retour à la présidence d’un Bolsonaro. A la fin de la résolution, nous nous faisons l’écho d’une mobilisation organisée à Grenoble, par des camarades et des amis de l’UP, avec le soutien de notre parti.

RÉSOLUTIONS DE L’EXÉCUTIF NATIONAL DE L’UNITÉ POPULAIRE (UP)
9 octobre 2026
L’exécutif national de l’Unité Populaire, réuni à Recife/PE, les 7 et 8 octobre 2026, a pris les décisions suivantes :
- L’Unité populaire pour le socialisme (UP) félicite tous les candidats de notre Parti aux élections de 2026 pour leur dévouement, leur fermeté et leur engagement envers le programme de la révolution socialiste brésilienne, pour la capacité politique dont ils ont fait preuve en défendant ce programme et les propositions de changement du Brésil, pour avoir représenté tous les militants de notre parti de manière déterminée et inlassable. L’UP insiste sur le fait que ce travail a contribué à élever le niveau de conscience d’une partie considérable de la classe ouvrière et de notre peuple.
- Pour la première fois depuis sa fondation, l’Unité populaire a présenté 17 candidats au poste de gouverneur, 23 au poste de sénateurs, 46 au poste de députés fédéraux et 36 au poste de députés d’État. Et cela, en plus de briguer pour la deuxième fois la présidence de la République, avec une binôme de deux travailleuses et révolutionnaires, un fait également unique dans l’histoire de notre pays.
- Notre agitation et notre propagande se sont principalement déroulées aux portes des usines et des entreprises, sur les places, les rues, les villages, les bidonvilles, les quartiers pauvres, les universités, les écoles, les foires et autres lieux de grand passage de personnes. Elles ont amplifié notre propagande en faveur de la lutte pour le socialisme. Nous devons toujours soutenir notre peuple, là où il vit et travaille.
- Malgré les ressources extrêmement faibles et la répartition inégale du fonds électoral, qui font que l’UP n’a reçu que des miettes, alors que les partis riches reçoivent des milliards ou des millions de reais, nous avons distribué environ 20 millions de brochures dans tout le pays, contenant des dénonciations concrètes de l’exploitation capitaliste et prônant une augmentation de 100 % du salaire minimum. De plus, durant la campagne, nous avons renforcé la lutte pour la fin de « l’échelle 6×1 » (qui ramène la semaine de travail de 44 à 40 heures et met fin à l’échelle 6×1, c’est-à-dire six jours travaillés suivis d’un seul jour de repos). Nous avons appelé à la lutte contre les féminicides et contre l’impérialisme. Nous avons défendu le système de santé public (SUS), l’éducation publique et gratuite, etc.
- Nous considérons que tous ces faits signifient déjà une grande victoire pour l’UP. En plus, nous avons augmenté le vote en notre faveur, pour le poste de président de 129,65 % (de 53 519 à 122 911 voix). Il est donc impossible de parler des élections de 2026 au Brésil, sans évoquer le rôle joué par l’UP dans ces élections et de ses succès.
- Nous pouvons dire que nous nous comportons comme un véritable parti national et révolutionnaire, qui vise à développer une œuvre collective gigantesque, seule façon de surmonter les limites imposées par le système dominant actuel, le système capitaliste. Autrement dit, nous sommes plus forts en tant que parti. Nous luttons contre l’individualisme : au lieu de promouvoir les célébrités, nous appelons à la lutte collective. La tâche consiste désormais à recruter au parti et à organiser les forces.
- Tout cela a été réalisé avec un grand engagement et un grand dévouement de nos militants et militantes, de nos candidats et candidates.
- L’UP n’a pas de temps de passage à la télévision et sur la radio ; l’UP est censuré par Globo TV et toutes les chaînes de télévision qui ont cherché à cacher l’existence de l’UP et de notre candidate à la présidentielle Samara Martins. L’ensemble de notre fonds électoral représente presque le même montant que celui que les partis riches investissent dans une seule candidature au poste de député. Ces conditions démontrent à quel point les défis que nous avons dû surmonter sont immenses.
- Nous évaluons que la défaite du PT et de Lula au premier tour, qui a profité au candidat du Parti Libéral (PL) et de l’extrême droite Flavio Bolsonaro, était le résultat du mécontentement de la population à l’égard de la politique économique du gouvernement. En effet, le gouvernement Lula a maintenu la politique des taux d’intérêt élevés en faveur du capital financier, en réduisant les investissements sociaux pour payer 1 000 milliards de reais d’intérêts par an sur la dette publique et en engageant 42% du budget public dans l’amortissement et les intérêts de la dette.
- Sans réduction des prix des denrées alimentaires, le léger réajustement du salaire minimum, n’a pas compensé la perte du pouvoir d’achat.
- Bref, la soumission du PT et du gouvernement Lula à la politique économique de la grande bourgeoisie nationale, l’aggravation des conditions de vie de la population et la soumission à l’impérialisme ont été les principales causes du renforcement de l’extrême droite au 1er tour des élections de 2026.
- Mais la bataille électorale n’est pas encore terminée, elle se poursuit au second tour dans le conflit entre Lula et Flavio Bolsonaro.
- L’UP et tous nos mouvements populaires doivent agir de manière cohérente et ferme pour vaincre une fois de plus le fascisme dans notre pays.
- Bolsonaro représente un gouvernement pire, plus réactionnaire et plus soumis à l’impérialisme. Les conséquences d’un tel gouvernement nous menacent, nous tous et tout le peuple.
- Ce serait une erreur de rester indifférent ou de s’abstenir. Avec le slogan « Bolsonaro plus jamais » nous vaincrons le fascisme. Nous devons mobiliser nos forces militantes pour le second tour des élections présidentielles afin d’empêcher le retour d’une dictature, des fascistes, à la présidence de la République et pour défendre les libertés démocratiques.
- La situation renforce la nécessité d’organiser le peuple et d’approfondir les luttes, nous devons donc lutter contre toute menace aux libertés démocratiques.
- En plus de tenter un coup d’État contre le résultat des élections, Bolsonaro avait refusé le vaccin pendant la pandémie de Covid-19, il a menti à la population et a promu la réforme des retraites.
- Comme le montrent les grandes manifestations antifascistes de Rio, Recife et Curitiba, qui se sont étendues à tout le pays, les jeunes sont prêts à affronter le fascisme dans les rues et à le vaincre. Cette situation nous permet de faire une large agitation et propagande en faveur du socialisme.
- Nous devons descendre dans la rue contre le fascisme, pour la fin de l’échelle 6×1, pour l’augmentation du salaire minimum, pour le retour des entreprises publiques privatisées, dans le secteur public, pour plus d’argent pour l’éducation et le SUS et la fin des féminicides. Ces exigences doivent continuer à être mises en avant, comme nos principaux mots d’ordre.
- Notre mot d’ordre est : “Bolsonaro plus jamais! Vainquons le fascisme !”
- Nous appelons le corps militant et le peuple brésilien à construire les mobilisations et à voter 13.
Exécutif national d’Unité Populaire pour le socialisme (UP), Recife, 8 octobre 2026

Des rassemblements pour mobiliser la communauté brésilienne se tiennent dans plusieurs pays d’Europe. Ici à Grenoble avec le soutien de notre Parti : « Ni le père , ni le fils, Bolsonaro, plus jamais !«


