Parti Communiste des Ouvriers de France

Témoignage de camarades enseignants, militants syndicaux, sur le mouvement dans leur lycée
21 octobre 2026

La mobilisation au lycée Henri Poincaré de Palaiseau (91) a démarré dès le lundi 28/09, veille de la journée de grève du 29/09 de la fonction publique, en lien avec le mouvement lycéen naissant dans le 94 et le 93, contre les conditions d’apprentissage dégradées des lycéen.ne.s (demande de moyens humains et matériels). Quelques enseignants de la CGT educ’ les rejoindront dès le matin même pour, notamment, les protéger des forces de l’ordre. 

Très vite, les élèves du lycée organisent des blocus massifs le lundi et le mardi avec leurs revendications claires sur les manques criant de moyens pour étudier, pour dénoncer le stress généré par la réforme du bac, source d’emplois du temps surchargés, et aussi pour dénoncer leur avenir très incertain…

Cette mobilisation va trouver un écho dans les deux autres lycées de Palaiseau et dans des lycées des villes voisines situées sur le même bassin : Massy, Longjumeau, Antony… 

La mobilisation va continuer toute la semaine dans un face à face musclé avec les forces de l’ordre qui ont pour objectif de dégager le blocus. Les élèves, soutenus notamment par les enseignants CGT, tiennent jusqu’au vendredi 02/10, jour où le blocus est finalement dispersé sous la pression violente de la police. 12 cars de CRS ont été déployés pour ce faire.

Ce matin-là, les élèves du Lycée Poincaré recevront des renforts d’autres lycées également mobilisés. La confrontation va se traduire par 4 gardes à vue chez les élèves et le lycée est décrété « en distanciel » pour la semaine suivante. La direction et la préfecture espèrent visiblement un essoufflement de la mobilisation sur l’établissement, en écartant les élèves de leur lieu de revendications.

En parallèle, deux élèves représentants du mouvement sont invités au Conseil d’administration du lycée. Avec le soutien des enseignants de la CGT, ils développent leurs revendications et dénoncent la fuite d’images de caméras de vidéo-surveillance de la ville de Palaiseau où des jeunes ont été filmés avec un drapeau palestinien, images diffusées massivement, y compris au niveau international, accompagnés de propos racistes et des théories du grand remplacement.

Le samedi 03/10, les enseignants mobilisés réactivent l’intersyndicale des lycées du bassin de Palaiseau pour échanger sur la situation et partager des informations. Cette intersyndicale avait été deux ans plus tôt quand le rectorat avait décidé d’enlever des centaines d’heures d’enseignement de la dotation horaire.

Au terme de cette première semaine de mobilisation, la préfète et la DSDEN ont rédigé un courrier commun afin de mettre une pression maximum sur les parents et les élèves contre la présence des Lycéens devant l’établissement quand celui-ci est fermé.

Le lundi 5/10, pendant le distanciel, lors d’une AG des enseignants et des personnels (hors direction), qui réunira la moitié de l’établissement, une motion est rédigée en soutien au mouvement et dénonce le travail en « distanciel ». Le même jour, l’UL CGT de Massy (qui couvre plusieurs villes, dont Palaiseau) a invité des élèves représentants du mouvement à participer à la Commission Exécutive pour informer de leur mouvement et encourager les travailleurs à les rejoindre lors de la journée du 6/10. Journée fructueuse !

Le jeudi 08/10, en réponse à l’annonce de S. Lecornu, les personnels du lycée sont convoqués en plénière par la direction de l’établissement pour la réouverture progressive du lycée avec des « moments d’échanges démocratiques ». Nouvelle assemblée générale des personnels pour dénoncer l’utilisation des enseignants réquisitionnés pour faire tampon entre les élèves et la direction. A la quasi-unanimité, l’ensemble du personnel refuse de faire pression sur le mouvement et de relayer les manœuvres du gouvernement.

Les enseignants du lycée réaffirment leurs revendications ; des moyens humains :

un CPE, plus d’Agents d’éducation AED, plus de profs remplaçants, plus d’Accompagnants d’élèves en situation d’handicap AESH, des agents et des moyens matériels, pour l’entretien des salles de travail élèves, des toilettes décentes, des salles de classe fonctionnelles et des manuels scolaires papiers.

Ce même jour, une dizaine d’élèves représentants des différents lycées de Palaiseau sont reçus par le maire de la ville (proche de la présidente LR de la région, V. Pécresse) et ses équipes. A nouveau, ils réaffirment leurs revendications. Le maire peine à convaincre.

Le lundi 12/10, retour progressif des élèves. Le lycée est partiellement bloqué durant la matinée, avec la présence d’étudiants venus en soutien.

Le mardi 13/10, rétablissement du distanciel total et l’organisation d’une manifestation sur la ville au départ du lycée jusqu’à la mairie avec des participants de lycées de Palaiseau et quelques étudiants. Manifestation parisienne l’après-midi avec de nombreux élèves palaisiens et de nombreux enseignants.

Le jeudi 15/10, les enseignants élus au CA du lycée Henri Poincaré élabore une motion de rejet du distanciel qui dénonce la pseudo continuité pédagogique, motion qui reçoit le soutien de l’association locale des parents d’élèves CAPE91 et de celui des établissements de l’intersyndicale du bassin.

Le samedi 17/10, enseignants, élèves et AED participent à la manifestation parisienne.

Le mardi 20/10, une réunion est prévue entre les représentants des enseignants et les parents de CAPE91.