Un local pour les livreurs à vélo de Grenoble 12 juin 2025
En imposant aux livreurs le statut de travailleurs indépendants « micro-entrepreneurs, les Deliveroo, Uber Eats et autres plateformes, se dispensent de toutes leurs obligations d’employeurs : les livreurs sont payés à la course (et non sur leur temps de travail réel comprenant de nombreux temps d’attente) ; ils doivent financer eux-mêmes leurs outils de travail (vélo, téléphone équipements…) ; la rue est leur « local de travail ».
Ces conditions matérielles les placent dans une grande précarité et les exposent à de nombreux risques. Elles rendent également plus difficile l’organisation collective.
Le 11 juillet une conférence de presse était organisée pour la remise des clefs par la Ville de Grenoble, d’un local au centre-ville qui sera géré par l’Association pour les droits et l’accompagnement des livreurs indépendants (ADALI).
Lors de cette conférence de presse, son président qui est également secrétaire du syndicat CGT des livreurs de Grenoble, a rappelé le parcours pour arriver à ce beau moment. Voici son intervention.
Les premières rencontres avec la mairie de Grenoble datent de 2021.
L’initiative en revient à l’union locale CGT, après que quelques-uns d’entre nous ce soient rendus à la Bourse du travail pour exposer les difficultés que rencontrent les livreurs à vélo travaillant pour les plateformes Uber Eats et Deliveroo.
Ces difficultés sont nombreuses, à commencer par la précarité économique liée au niveau scandaleusement bas de la rémunération des courses.
Avec un statut de pseudo indépendants, les livreurs sont payés à la course. Ils doivent même financer leur outil de travail (vélo, téléphone et tout ce qui va avec, notamment les assurances).
Débarrassées de toutes les contraintes d’un employeur classique, les plateformes ne paient pas les temps d’attente et, bien sûr, ne mettent pas de local de travail à la disposition des livreurs : qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige ou que ce soit la canicule …, par tous les temps les livreurs attendent les commandes dans la rue.
Ces conditions font que c’est très difficile pour les livreurs de se retrouver en collectif de travail.
C’est pourquoi nous avons pris l’initiative de nous syndiquer pour défendre nos droits vis-à-vis des plateformes et participer aux luttes des autres travailleurs comme nous l’avons fait au moment au moment de la réforme des retraites.
Nous avons également créé une association le 8 décembre 2022 : l’Association pour les droits et l’accompagnement des livreurs indépendants (ADALI)
Pourquoi s’adresser à la Ville de Grenoble ?
