A quand la fin des moteurs thermiques ? 13 janvier 2026
Il semble bien que la date de 2035 qui avait été fixée dans le pacte vert européen ait du plomb dans l’aile. L’interdiction de la mise sur le marché de voitures neuves émettant du CO2 qui avait été actée par les 27 en 2022 est sévèrement chahutée, tout particulièrement par les constructeurs automobiles allemands.
Mais cela arrange aussi les autres… Comme plusieurs des mesures prises au début des années 2020 concernant la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de l’environnement, les Etats membres de l’UE et l’UE elle-même reviennent sur ces mesures l’une après l’autre. Car, aujourd’hui, la situation économique mondiale a changé et les mesures « écologiques » prises dans un certain contexte vont à l’encontre des intérêts des monopoles, notamment de ceux des industriels de l’automobile.
On sait le poids économique que représente cette industrie en Allemagne. Sous les coups de boutoir d’une concurrence internationale aiguisée, de la poussée inflationniste et de la paupérisation des masses populaires, la transition vers l’électrique ne se fait pas au rythme prévu. Les voitures électriques sont chères, et comme vient de le publier une étude récente, elles ne peuvent concurrencer les voitures chinoises beaucoup plus économiques.
Nous avons déjà parlé dans ce journal des difficultés de l’industrie automobile allemande, d’une véritable crise qui a pour conséquence directe des milliers de travailleurs licenciés. Dans La Forge d’octobre, novembre et décembre 2025 nous avons traité de cette crise dans l’industrie automobile et notamment des difficultés dans la reconversion à l’électrique. Cette reconversion se heurte en effet à différents problèmes : technologie pas encore au point, nécessité d’investissements très importants dans de nouveaux équipements industriels et dans la R&D, un prix de vente des voitures élevé et une quantité importante d’électricité à produire et à acheminer jusqu’aux bornes.
Sous la pression des monopoles du secteur, qui réclamaient depuis des mois de la « flexibilité », mardi 16 décembre, la Commission européenne a décidé de revenir sur l’interdiction de la vente de voitures neuves essence et diesel à partir de 2035.
Après cette échéance, les constructeurs pourront donc continuer à vendre une part limitée de voitures neuves équipées de moteurs thermiques ou hybrides, qui trouveront un débouché dans tous les pays où le prix des voitures électriques est prohibitif. ★
