Parti Communiste des Ouvriers de France

Abandon du SNU, mais la militarisation de la jeunesse continue…
10 octobre 2025

On peut parler d’un échec politique pour Macron, qui avait fait du service national universel (SNU), depuis 2017 et sa première campagne présidentielle, une des grandes réformes de son premier quinquennat, réforme qu’il a maintenue pour le second.

Le SNU a été porté par plusieurs ministres, depuis Philippe, qui était partisan d’une formule très «  militaire », en passant par Attal, qui s’est fait connaître du grand public en faisant appel à des « influenceurs » pour le promotionner, sans oublier Sarah El Haïri qui s’est dévouée sans compter pour vanter les différentes versions du SNU, en insistant sur la dimension idéologique de l’engagement des jeunes pour les valeurs de la République et de la Nation.

La version militariste de Philippe en 2018 n’avait aucune base légale. La constitution ne permettait pas de rendre ce type d’engagement obligatoire pour les mineurs.

Le secrétariat au SNU et les missions locales ont prospecté les associations intéressées à s’investir dans le dispositif, en fournissant des encadrants et ont cherché des enseignants acceptant de jouer le jeu. Mais les difficultés et les dérives se sont accumulées :

brimades, comportements sexistes, harcèlement sexuel de la part d’un encadrement souvent incompétent. A cela s’ajoute le fait que la proportion des jeunes « volontaires » provenant de milieux liés à l’armée, est toujours resté élevé, ce qui faussait les enquêtes de satisfaction régulièrement publiées pour prouver que les jeunes étaient en attente de ce type d’engagement. Dotés d’un uniforme, ils participaient aux «  cérémonies commémoratives  » largement couvertes par la presse régionale.

Le collectif « Non au SNU », auquel participe notre parti, joue un rôle important pour dénoncer ce dispositif et exiger son abandon pur et simple.

Autre aspect important, le dispositif est très cher ! De 3,5 à 5 milliards, pris sur les budgets de l’Education nationale, qui copilotait le dispositif avec le ministère de la défense.

Cette ponction n’a fait qu’aggraver la situation de précarité qui frappe l’enseignement public.

Malgré cela, Macron s’est obstiné. Il annonçait encore en 2023 que le processus allait se poursuivre et s’accélérer et que le SNU serait rendu obligatoire, sur fond de guerre en Ukraine et de discours sur la guerre qui serait devenue une menace imminente, sur la nécessité d’y préparer la Nation et d’accélérer la militarisation de toute la société, jeunesse comprise.

La haute hiérarchie militaire exige plus de matériels, plus de soldats formés. Les armées n’ont pas besoin du SNU. Il leur faut des mécanismes de recrutement et de formation et ne veulent dégager ni argent ni encadrants dans une mission de « formation à la citoyenneté ».

Macron, incapable de reconnaître l’échec de ce dispositif, va charger Lecornu d’annoncer son abandon, et la création d’un «  service militaire volontaire ». L’objectif est d’y recruter 40 000 jeunes dans un cadre strictement militaire, avec des périodes d’entraînement au sein même d’unités militaires.

Le SNU est donc supprimé dans le cadre de la mise en place de la mission « Etat efficace » qui vise à supprimer le maximum de délégations ministérielles et interministérielles, pour faire des économies.

Mais la présence de l’armée dans l’enseignement, au collège et au lycée, est renforcée autour de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC), obligatoire pour tous les jeunes, garçons et filles, de nationalité française, à partir de 16 ans. Elle aura un caractère militariste renforcé  : jeux de rôle autour de thèmes de la défense, ateliers avec du tir sportif, activités «  mémorielles  » et réflexion sur la Nation, la défense nationale et le patriotisme… et prise de contact direct avec l’armée.

Le contenu de l’enseignement de certaines matières va se militariser, notamment dans le programme d’éducation morale et civique. A cela s’ajoute l’augmentation des « classes de défense » dans les établissements (collèges, lycées) proches d’une « unité militaire », avec des contacts réguliers tout au long de l’année.

Cela signifie concrètement que la mobilisation, pour contrer cette entreprise d’embrigadement de la jeunesse, commence par l’école, les enseignants, les parents d’élèves et les élèves et leurs organisations respectives et que le « non à la militarisation » doit prendre en compte la dimension de la « militarisation de la jeunesse », à travers des mots d’ordre concrets. ★