Aides à domicile : Nous refusons de payer pour aller travailler ! 09 avril 2026
Le 27 mars dernier, le tract du syndicat CGT ADMR 41 titrait :
« A la suite de la mobilisation appelée par la CGT, la direction de l’ADMR 41 lâche 5 centimes d’euros en plus pour les indemnités de déplacement.
» « Aujourd’hui, avec 5 centimes en plus, l’indemnité va passer à 19 centimes par kilomètre mais nous continuons toujours de payer pour travailler.
» Car l’envolée du prix des carburants (8 à 9 centimes en une semaine et 20 centimes en un mois) pèse très lourdement sur la vie des travailleuses et des travailleurs et en particulier des aides à domicile et des auxiliaires de vie qui se déplacent chaque jour pour intervenir chez les personnes âgées.
Qu’elles utilisent leur véhicule personnel ou celui de l’entreprise, les aides à domicile réalisent en moyenne largement plus de 600 kilomètres par mois pour se rendre au domicile des personnes âgées. La grande majorité travaille à temps partiel et est payée en dessous du smic mensuel. Leurs indemnités kilométriques sont loin de compenser les frais de déplacements et tous les temps de déplacements professionnels ne sont pas payés ni indemnisés. De ce fait, 17,5 % de ces travailleuses vivent sous le seuil de pauvreté.
Aujourd’hui, des aides à domicile informent leur employeur qu’elles n’ont plus les moyens de se rendre chez un bénéficiaire, d’autres mangent et restent dans leur voiture pendant la pause de midi sans rentrer chez elles pour ne pas dépenser de carburant.
Alors que les salaires n’ont pas été augmentés depuis 2021, aucune aide de l’Etat n’est prévue pour compenser la hausse du carburant. De surcroît, le 19 mars dernier, le gouvernement Macron a refusé d’agréer l’accord de revalorisation salariale de la branche qui prévoyait d’augmenter les salaires de seulement 63 euros bruts par mois. Les conseils départementaux, qui sont les principaux financeurs, s’y sont opposés en raison de l’absence de compensation par l’Etat. Dans ce secteur, comme dans la santé et l’éducation, les budgets austéritaires du gouvernement Lecornu produisent leurs conséquences antisociales.
Les conseils départementaux et les directions d’associations employeuses disent déplorer l’absence de volonté politique de l’Etat pour reconnaître le travail des aides à domicile. Mais les premiers soutiennent les politiques austéritaires et les seconds regrettent que la profession soit si peu considérée justifiant « qu’on ne peut pas abandonner les bénéficiaires… ». Comme l’a été le covid, la hausse des carburants est un révélateur de la condition des aides à domicile dans un contexte de vieillissement de la population et des besoins croissants des personnes âgées pour leur maintien à domicile.
De plus en plus d’aides à domicile et auxiliaires de vie prennent la parole pour dénoncer leurs conditions de vie et de travail et lancent des initiatives pour rendre visibles leurs revendications. C’est évidemment le cas dans les associations où un syndicat organise les salarié.es et obtient des avancées comme dans le Loir-et-Cher avec le syndicat CGT ADMR 41 mais également dans les associations dépourvues d’organisations syndicales qui voient la colère monter et les travailleuses abandonner un métier dont le salaire ne leur permet pas de vivre.
Les contradictions s’aiguisent entre les conditions de travail calamiteuses, les salaires de misère des travailleuses et les besoins des personnes âgées. Les nombreux partages sur les réseaux du tract de la CGT ADMR 41 ainsi que la pétition initiée par une aide à domicile (1) et sa large diffusion par la CGT démontrent l’ampleur de la colère sociale et sa capacité de mobilisation. Nous devons aider ces travailleuses à s’organiser pour que leur colère se transforme en mobilisations partout où c’est possible. ★
