Allemagne: Les jeunes ne veulent pas du service militaire ! 08 mai 2026
Le ministre de la défense, Boris Pistorius, issu du SPD, s’est fait le porte-parole le plus zélé de la militarisation à marche forcée de l’impérialisme allemand. Il vient de présenter un document sur la stratégie militaire allemande pour devenir la « première armée conventionnelle d’Europe » (non dotée de l’arme nucléaire). Ce genre de texte n’existait plus depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale : les orientations générales de l’Otan servaient de guide en la matière, avec l’idée que les USA, à la tête de l’Otan, en étaient les piliers et les garants.
La guerre engagée par l’impérialisme russe en Ukraine, qui a immédiatement pris le caractère de guerre inter-impérialiste, a été qualifiée par le gouvernement allemand de l’époque (Scholz) de « changement d’époque », justifiant des investissements colossaux dans la défense.
Dès le 27 février 2022, un plan de 100 milliards a été annoncé pour « la modernisation de la défense ».
Puis, en 2025, 500 milliards ont été annoncés pour les « infrastructures » et la « neutralité thermique » (pour permettre aux Verts de voter), pour permettre les acheminements rapides par routes et par chemins de fer des matériels militaires lourds, vers la frontière de l’Est. Enfin, en mars 2025, sous la présidence de Merz (CDU) ce fut l’adoption par le parlement d’un vaste programme d’investissements d’argent public de plusieurs centaines de milliards, pour notamment tenir compte du « revirement » de Trump. Le slogan de Pistorius : « l’Allemagne doit être apte à la guerre en 2029 » !
Le mouvement des jeunes contre l’embrigadement dans l’armée se développe
Les « marches de Pâques » ont eu lieu dans 100 villes, réunissant des dizaines de milliers de manifestants.
Le « rejet de la réintroduction du service militaire obligatoire » était porté par les nombreux cortèges de jeunes, qui participent aux « grèves scolaires » contre ce projet (1).
Ce mouvement est l’objet d’une intense campagne de dénigrement venant des médias, du gouvernement, des autorités scolaires… Se joignent aussi quelques « influenceurs » ; ils se disent opposés au service militaire à titre strictement individuel, et ciblent en priorité le fait que les jeunes s’organisent pour cet objectif concret, avec leur thème constant : « vous vous faites manipuler ». Comme cela ne suffit pas, la répression s’intensifie, avec des menaces d’exclusion pour les participants aux grèves scolaires, des intimidations vis-à-vis des parents et des enseignants. Il est clair que l’enjeu pour l’oligarchie allemande est d’embrigader, de gré ou de force, les jeunes.
La militarisation se décline dans l’industrie
Les camarades de l’Organisation pour la construction d’un parti communiste des travailleurs d’Allemagne (Arbeit Zukunft) expliquent : « Face aux suppressions d’emplois, ce sont surtout les entreprises d’armement qui proposent aujourd’hui des emplois de qualité. Par exemple, après la fermeture de l’usine Continental, des collègues ont été directement placés chez Rheinmetall et Hensoldt. Mais des entreprises jusqu’ici civiles se tournent elles aussi de plus en plus vers la production d’armement. Suite au rachat par KNDS, l’ancienne usine Alstom de Görlitz soude désormais des chars d’assaut au lieu de wagons.
(…) VW a également annoncé récemment son entrée dans le secteur de l’armement (…). L’usine VW d’Osnabrück a par ailleurs fait la une des journaux, car elle pourrait à l’avenir produire pour l’armée israélienne » (2). Ces exemples renvoient à ce qui se passe chez nous.
Dans ces usines, l’opposition syndicale commence à s’organiser autour de l’initiative « syndicats contre l’armement et la guerre ». Les prises de position se multiplient : « Nous, collègues de l’IG Metall chez VW, observons avec une grande inquiétude la course à l’armement mondiale et la multiplication des guerres. En Allemagne, on cherche déjà les premières usines à convertir à la production d’armement.
Ceux qui nous promettent ainsi des emplois tentent de manière malhonnête d’instrumentaliser les craintes de voir baisser les effectifs de l’industrie automobile. La course à l’armement ne garantit pas la paix, mais prépare les guerres.
» A faire connaître largement dans le mouvement syndical ! ★
