Parti Communiste des Ouvriers de France

Au lendemain des élections
09 avril 2026

Comme on le voit, les résultats de ces élections municipales délivrent plusieurs messages, divers, du fait même du caractère de ces élections « locales » qui ont été transformées dans les très grandes villes en test national.

En tenant compte de ce que nous avons dit sur le niveau élevé de l’abstention, cela montre qu’il faut prendre avec prudence les déclarations sur les « percées de LFI » ou sur « l’irrésistible vague RN ».

La campagne électorale a permis à la droite et à la réaction, RN compris, de développer leurs thèses et de faire élire des militants, c’est un fait. Il en va de même pour LFI. Ces militants, élus, vont faire leur travail pour élargir l’influence de leur parti.

LFI a incontestablement engrangé des succès, mais elle ne présentait des listes que dans de grandes villes, notamment dans celles où elle a déjà une base électorale importante. Cela n’enlève rien à l’importance de ses résultats, qui montrent qu’elle est bien présente dans les milieux populaires, dans les quartiers, qui étaient peu représentés dans les équipes municipales, dans des secteurs de la jeunesse étudiante, qui se sont politisés, mais cela souligne aussi qu’ils ne sont pas extrapolables au niveau national.

Quoi qu’il en soit, les exécutifs municipaux vont être confrontés aux politiques d’austérité, aggravées par les conséquences de la guerre impérialiste au Moyen-Orient. La diminution des budgets est à l’ordre du jour partout, d’autant que l’Etat réduit les dotations à toutes les collectivités territoriales, dont dépendent les communes.

Il y a évidemment des différences entre la politique d’une municipalité RN, de droite, ou LFI, ou d’alliance de forces de gauche. Dans les municipalités de droite, d’extrême droite, de très nombreuses associations craignent à juste titre de voir leurs subventions diminuer, voire être supprimées, surtout celles qui viennent en aide aux populations défavorisées, aux migrants, aux familles monoparentales, aux enfants des milieux les plus défavorisés. Il faudra se battre pour déjà les maintenir et leur permettre de poursuivre leur travail essentiel.

A la tête de plusieurs villes de la banlieue parisienne, lyonnaise, il y aura des maires issus de l’immigration. La réaction se déchaîne contre eux, laissant libre cours à un racisme ouvert, aux accusations d’incompétence, de communautarisme. Les cris de joie des électeurs et les quolibets à l’encontre des battus sont considérés comme des insultes intolérables par les responsables au plus haut niveau de l’Etat, qui n’entendent pas les propos racistes.

Dans la plupart des cas, il s’agit de maires LFI, ou qui ont été soutenus par LFI et d’autres partis au deuxième tour. Conseillers municipaux, à la rigueur, mais maires, non !

Les appels à manifester contre le racisme qui vise ces élus et la dénonciation du silence du gouvernement, des ministres, de Macron, sont pleinement justifiés.

Notre parti, tant au niveau national que local, ne s’est pas engagé en présentant des candidats, comme nous l’avons fait quand nous étions dans le Front de gauche. Mais, partout, nous avons donné des consignes de vote, notamment au deuxième tour.

C’est pourquoi, nous avons contribué, à notre échelle, à faire barrage au RN, quand celui-ci menaçait de gagner (sans pour autant soutenir la droite)  ; nous avons contribué à battre la réaction, à sanctionner des figures marquantes de la Macronie qui avaient le soutien d’une partie de la droite et de l’extrême droite.

Il fallait le faire, nous l’avons fait et nous l’assumons. ★