Au parlement, c’est la droite qui donne le ton 12 février 2026
On se rappelle le précédent du vote d’une proposition de loi présentée par le RN dans le cadre de sa niche parlementaire et qui a été votée par des LR et des macronistes. Ce n’était jamais arrivé.
La résolution se proposait d’abroger l’accord entre la France et l’Algérie qui date de 1968.
Double signal : le RN devenait suffisamment fréquentable pour que des élus de droite et des macronistes votent une de ses propositions. Qui plus est, une résolution portant sur les rapports avec l’Algérie, un pays dont l’extrême droite lepéniste n’a jamais accepté l’indépendance.
Cette fois, ce sont les LR qui profitaient de leur niche parlementaire pour faire passer des projets de loi ; un sur l’inscription des frères musulmans sur la liste des organisations terroristes au niveau européen (adopté, mais sans caractère contraignant) ; une résolution sur l’interdiction de créer toute nouvelle agence administrative (adoptée) pour « lutter contre l’inflation d’agences de l’Etat » ; un projet de loi sur la possibilité de faire travailler certaines catégories de travailleurs le 1er Mai et limiter encore davantage le droit de grève dans les transports ; un autre projet sur l’élargissement de la légitime défense pour les policiers faisant usage de leur arme (qui ne sera pas voté, car hors délai, mais qui sera soutenu par le gouvernement) et un sur l’interdiction du port du voile pour les mineures dans l’espace public, également « hors délai ».
Outre le caractère réactionnaire de toutes ces propositions, dont plusieurs ne pouvaient que recueillir l’assentiment des élus RN, il y a le fait que ce sont les élus RN qui ont préempté toute la discussion, justifiant les textes, bataillant avec les élus LFI et d’autres, lançant invectives sur invectives. Alors que l’objectif était, d’après les élus LR présentant les textes, de couper l’herbe sous les pieds du RN, c’est ce dernier qui a pris le dessus, répondant à la place des LR. Il faut dire que ces derniers n’ont pas bataillé pour garder la main.
Cela ressemblait plutôt à un partage des rôles, préfigurant des alliances à venir, pour gérer ensemble les affaires.
Nunez, ministre de l’intérieur, a souligné à plusieurs reprises, y compris après cette niche parlementaire, qu’il partageait les préoccupations en matière de légitime défense des policiers. ★
