Belgique : Un plan de réformes sociales XXL ! 10 mars 2026
En quelques mois, le gouvernement belge veut imposer de force une réforme sociale concernant à la fois les retraites, l’assurance chômage et le code du travail.
La réforme de l’indemnisation du chômage
Le gouvernement a modifié la durée d’accès aux allocations chômage, pour application au 1 er janvier 2026.
« Le droit aux allocations chômage sera désormais limité à un maximum de 24 mois. Ce droit comprendra 12 mois de base auxquels pourront s’ajouter jusqu’à 12 mois supplémentaires en fonction de l’expérience professionnelle. » (1) Cela constitue un changement majeur dans le système belge où les allocations étaient jusqu’ici de durée illimitée, avec des indemnités dégressives et des actes de recherche d’emploi devant être prouvés. Il y a en même temps une réforme des minima sociaux. Les CASP (2) sont inquiets, car l’Etat fédéral leur versera 37 millions d’euros d’aides en moins, alors qu’ils verront affluer les laissés-pour-compte de l’allocation chômage. Quant aux allocations d’insertion, elles seront limitées à un an maximum et les conditions d’accès revues au 1 er mars.
Réforme des pensions 2025–2029
Les périodes dites « assimilées », périodes durant lesquelles un travailleur n’a pas exercé un emploi pour diverses raisons (maladie, temps partiel, crédit-temps,…), n’impactaient pas jusqu’à présent le calcul de la pension. Un projet de loi veut revenir sur cette disposition. Objectif 2040 : une économie de 1,5 milliard d’euros. Pour les retraités, cela signifierait une perte moyenne évaluée à plus de 300 euros par mois selon les calculs du Service fédéral des Pensions. Et les femmes en seraient les premières victimes (3). Chez les fonctionnaires, les retraites prendraient en compte les 10 dernières années au lieu de l’ensemble des carrières. Par ces mesures, le gouvernement veut pousser les travailleurs à rester jusqu’à 67 ans.
Droit du travail
Le gouvernement veut renforcer le retour au travail. En cas d’incapacité de travail, la période du salaire garanti (4) sera limitée ; la période de reprise progressive du travail suite à maladie est supprimée ; le délai de rechute pour toucher le salaire garanti passe de 2 à 8 semaines ; une procédure pour maintenir le contact avec les travailleurs en incapacité de travail devra être intégrée dans le règlement de travail de l’entreprise ; le salarié en longue maladie pourra être licencié au bout de 6 mois.
Le gouvernement veut également supprimer le statut des cheminots.
Pour le ministre belge de la mobilité, le statut des cheminots freine « la souplesse nécessaire » à une gestion libérale du rail.
Droit des étrangers
Le regroupement familial est soumis à l’existence de moyens d’existence stables, réguliers et adéquats, d’un revenu disponible dont le seuil va être relevé à 2 173,88 € nets/mois (5).
Mobilisation de grande ampleur contre cette politique
Dès l’annonce de ces mesures en 2024, la riposte s’est organisée. Des mouvements de grève, des manifestations qualifiées d’historiques ont eu lieu. La mobilisation nationale du 13 février 2025 à Bruxelles a rassemblé plus de 100 000 participants. Le 31 mars, une journée de grèves nationales a été largement suivie. La journée d’actions d’avril 2025 a regroupé à Bruxelles près de 7 000 personnes, à Anvers 5 000, à Liège 8 000. Sans compter les autres villes. Les cheminots ont fait plus de 23 jours de grève ; en 2025, il y a eu 13 jours d’actions nationales. Si certaines lois sont passées, le gouvernement de coalition a dû revoir sa réforme et réduire d’un quart son impact. Si les mobilisations ont fait reculer la date d’application, le gouvernement est déterminé à faire passer ses réformes.
Une riposte des travailleurs s’organise à nouveau. Le FGTB appelle à une nouvelle manifestation nationale le 12 mars.
« Ensemble, on a déjà fait bouger les lignes ! Pension, index, flexibilité, fiscalité… Nous ferons bouger l’Arizona (6). LE 12 MARS, TOUTES ET TOUS À BRUXELLES » . ★
