Parti Communiste des Ouvriers de France

Billet du 21 janvier 2026
21 janvier 2026

Avant toute chose, nous incitons nos lecteurs à lire les articles de notre journal de janvier, qui intervient sur plusieurs questions traitées ici et qui fait un bilan de l’année 2025 sur le plan national et international.

Ce sera quand même le 49.3, pour un budget d’austérité !

Lecornu a fini par utiliser le 49.3 pour faire passer le budget de l’Etat. Il lui en faudra 3 : un pour la partie recettes, un pour les dépenses et un pour le texte définitif, après passage au Sénat. Lecornu espère boucler cette séquence, sans chuter sur une motion de censure, grâce à l’engagement du PS, donné par O. Faure qui partage avec Lecornu le reniement de leur engagement à ne pas utiliser cet instrument. Pour se justifier, Faure aligne les « reculs » concédés par Lecornu : le repas à 1 euro pour tous les étudiants ; une hausse de la prime d’activité ; l’engagement à créer dans l’Education nationale 2000 emplois pour accompagner les enfants en situation de handicap ; le maintien de la prime Renov’… Mais cela ne remet pas en cause les réductions des budgets des services publics et sociaux et ceux des collectivités.

Macron a mis la pression pour faire passer le budget général, obnubilé par la hausse de celui de la guerre : c’est maintenant la Loi de programmation militaire qui devrait passer de 413 milliards pour 2024-2040 à 449 milliards, pour la prochaine. 2 milliards sont déjà prévus pour le Service national qui est entré en vigueur.

Le « deux poids, deux mesures » du gouvernement vis-à-vis des organisations syndicales paysannes

Une nouvelle mobilisation a eu lieu à Strasbourg, rassemblant des milliers d’agriculteurs devant le parlement européen, le mardi 20 janvier. Ils venaient de tous les pays de l’UE. En France, c’est principalement la FNSEA qui avait appelé à faire pression sur les députés européens pour qu’ils retardent la mise en œuvre de l’accord UE-Mercosur signé par la présidente de la commission européenne le 9 janvier, au Paraguay.

Pour essayer de calmer les colères des paysans, elle a annoncé qu’une partie des subventions européennes versées au titre de la Politique agricole commune (PAC) seront versées par anticipation – et resteraient à un niveau élevé (294 milliards pour la campagne 2028-2034, comparés aux 387 milliards de la campagne 2021-2027). Elle a confirmé que les mesures et normes, notamment dans le domaine de la protection de l’environnement, seront soit suspendues, soit revues à la baisse… Mais elle ne cède rien sur l’accord UE-Mercosur, que les gouvernements de la majorité des Etats membres de l’UE soutiennent.

Depuis quelques jours, les dirigeants de la FNSEA, syndicat qui défend l’agriculture capitaliste, productiviste, exportatrice et l’agro business, sont redevenus les principaux interlocuteurs du gouvernement. Autorisés à occuper les rues de Paris, jusque devant l’Assemblée nationale, avec de gros tracteurs (le 13), reçus par Lecornu et la ministre (à minuit !), ils dictent leurs exigences. Ils veulent la publication rapide des décrets d’application de la loi Duplomb, combattue cet été et dénoncée comme une nouvelle loi « obligeant les agriculteurs à produire toujours plus, pour gagner toujours moins, au détriment de leur santé, de celle de leurs sols et de celle des consommateurs ». Les dirigeants de la FNSEA veulent plus de bassines de retenues d’eau, plus d’élevages industriels, la suppression de plusieurs directives qui limitent les épandages de pesticides…

Lecornu promet des aides, des allègements de charges… et annonce que la « loi d’urgence agricole » qu’ils demandent, sera présentée dans les prochaines semaines.

Le traitement est tout autre vis-à-vis de la Confédération Paysanne. Des responsables nationaux, des différentes régions et des DOM, ont occupé pacifiquement une annexe du ministère de l’agriculture, le 15 janvier. Les forces de l’ordre en grand nombre ont arrêté 52 militants qui ont été gardés à vue pendant 18h, dans différents commissariats de Paris. « Tact et souplesse » vis-à-vis de la FNSEA, comme l’a dit le ministre de l’Intérieur, matraques et gardes à vue pour les militants de la Confédération paysanne.

Cette arrestation a provoqué une mobilisation des militants de la Confédération et de plusieurs organisations syndicales et associatives.

Kanaky : le texte Elysée Oudinot, c’est Bougival en pire

Macron a voulu tenir à tout prix, une nouvelle rencontre autour du texte de Bougival. Fixée au 16 janvier, le FLNKS a refusé d’y participer (voir son communiqué en annexe).

Pendant trois jours, les organisations qui ont participé à la rédaction du texte de Bougival, ont discuté et adopté deux textes : un « accord complémentaire à l’accord de Bougival » qui est présenté comme « accord Elysées-Oudinot » et « relevé de conclusions », « session consacrée au volet économique et social ».

En attendant une analyse détaillée, ce qui ressort de ces textes et des commentaires qui les ont accompagnés, c’est que l’exécutif persiste dans sa volonté d’imposer ses vues, en niant complètement le FLNKS, les organisations qui le composent et les droits fondamentaux du peuple kanak à l’autodétermination. Que les forces anti indépendantistes réactionnaires se radicalisent et sont encouragées par les garanties données par l’Etat colonial, notamment à travers le renforcement de hyperprovincialisation. Et que Macron ne renonce pas à faire passer ce texte dans la constitution française, avant la fin de son quinquennat.

Le peuple kanak et ses organisations ne plieront pas. Nous serons à leur côté.

Nous interviendrons prochainement sur la question de la volonté de Trump qui représente les intérêts des monopoles et de l’impérialisme américain de prendre le contrôle du Groenland et sur les tensions inédites que cette politique provoque avec les Etats impérialistes d’Europe et sur la révolte du peuple iranien.

Annexe