Parti Communiste des Ouvriers de France

Bosch Vendôme (41) : Les ouvriers-ères ne désarment pas !
07 juillet 2026

Bosch a déjà supprimé plus de 6  000 emplois en Allemagne dans le secteur de l’automobile pour garantir l’accroissement constant de ses profits. C’est environ 22 000 emplois que les monopoles de l’automobile entendent supprimer dans le secteur automobile en Allemagne. Volkswagen vient d’annoncer 100  000 suppressions de postes de travail dans le monde.

Bosch, plus grand équipementier automobile mondial, suit le mouvement et veut faire payer aux travailleuses et aux travailleurs les restructurations du secteur et les ventes contenues des voitures électriques.

Depuis que la multinationale a annoncé son intention de mettre fin à la production de colonnes de direction pour vendre l’usine de Vendôme 41, le syndicat CGT Bosch organise la lutte des ouvrières et des ouvriers pour défendre leurs intérêts de classe dans le cadre d’une intersyndicale CGT, CFDT et CFE-CGC. Les débrayages successifs puis la grève totale (voir La Forge d’octobre et de novembre 2025) ont été suivis par 90 % des 270 salariés pour contraindre la direction à payer la casse sociale. Après plusieurs semaines de lutte en cette fin d’année 2025, les salariés ont fait plier le monopole : entre le paiement des jours de grève, les pertes de production et la garantie des accords sur les indemnités supra légales, le prix à payer par Bosch s’est élevé à plusieurs millions d’euros. Pour la reprise du travail, la direction de l’entreprise a même été contrainte de s’engager à verser une prime individuelle de 5 000 euros par salarié.

Depuis, la direction de Bosch s’est contentée de confirmer mollement aux syndicats la poursuite de l’opération de cession de l’usine. Informés de la casse sociale en cours en Allemagne, les camarades ont multiplié les débrayages pour obtenir les informations sur les éventuels repreneurs, la poursuite de l’activité, le maintien des emplois et contraindre la multinationale à annoncer la vérité sur ses intentions concernant la fermeture de l’usine.

Sans attendre, le 28 mai les salariés décident de la grève totale. Plus de 250 salariés sont mobilisés devant l’entreprise pour refuser de subir, comme leurs camarades de l’usine de Moulins 03, l’extinction des volumes de production sans avoir arraché avant le maximum au patron. Comme en 2025, ils exigent de négocier des mesures de protection de leurs droits et de leurs conquêtes sociales en cas d’échec du processus de cession.

Alors que les grévistes « remontés » entament leur 9e jour de grève, la direction locale et les dirigeants de Bosch Allemagne proposent aux syndicats de négocier … la fermeture de l’usine (?!). Le délégué syndical CGT rejette ce chantage et déclare au nom de l’intersyndicale que « ce sont les patrons qui ferment les boîtes, pas les ouvriers-ères ! ». Il quitte la réunion en rappelant la position des salariés :

NON aux licenciements ! Maintien des emplois à défaut de quoi Bosch doit payer la casse sociale !

A l’extérieur de l’usine, ce vendredi 5 juin, les grévistes saluent la position de leurs représentants et entendent poursuivre la grève jusqu’à ce que Bosch négocie sur leurs revendications. Le Secrétaire Général de la Fédération CGT de la métallurgie, présent sur le piquet à l’issue du congrès de la CGT à Tours, salue à son tour la lutte des camarades de Bosch pour leur avenir et celui de leurs familles.

La direction locale fait mine de ne pas comprendre «  les revendications portées par l’intersyndicale  » .  Elle considère que si les grévistes veulent fermer l’usine, la direction négociera.

Cette position totalement provocatrice ne relève pas que de la simple communication. Bosch essaye de faire porter aux ouvriers la responsabilité de la fermeture de l’usine.

Il s’agit en fait d’une véritable bataille idéologique qui ne dit pas son nom contre cette partie de la classe ouvrière qui se bat et qui résiste .

Contre ces ouvriers et ces ouvrières qui ne veulent ni du licenciement ni d’un « accompagnement de haut niveau » orchestré de concert par le monopole, les pouvoirs publics locaux et l’État pour liquider la boîte et les salariés avec. Le syndicat CGT a réussi à imposer cette position de classe aux autres organisations plus réformistes en raison de l’unité des travailleurs-euses dans l’action pour la défense de leurs intérêts.

Face à la détermination des grévistes et après 12 jours de grève, pour obtenir la levée du piquet, Bosch a dû s’engager au préalable par écrit à négocier sur les revendications de l’intersyndicale et sur le paiement de l’intégralité des jours de grève.

Mais pour les camarades de Bosch, cette nouvelle bataille gagnée pour leurs emplois, leurs conquêtes sociales est avant tout la marque d’un rapport de force favorable pour faire payer le plus cher possible la casse sociale envisagée par le monopole.

Bosch est prévenu : ça ne se fera pas sans bruit et sans lutte ! ★