Parti Communiste des Ouvriers de France

Bourges : succès de la rencontre débat de solidarité avec le peuple kanak, le 20 mars
30 mars 2025

Suite à une mobilisation importante du collectif Solidarité Kanaky 18 avec une conférence de presse dont le Berry s’est fait l’écho, et la diffusion d’un flyer, l’amphithéâtre du Muséum d’Histoire Naturelle était bien rempli avec près de 130 personnes. Les familles kanak du Cher, mobilisées par Jacky Vama, frère de Guillaume incarcéré à la prison de Bourges, sont venues en nombre pour cette rencontre débat avec les quatre invités.

La bonne organisation de cette rencontre a été saluée ; c’est le fruit de l’unité et du lien tissé avec Jacky Vama qui a tenu à réaliser le déroulé en images sur écran des cinq heures de cette manifestation. C’est notre camarade, Mathijs Schoevaert, un des porte-paroles du collectif avec Claire Dumas qui a ouvert la réunion, en montrant, dans la situation actuelle de fascisation et de guerre, l’importance de cet évènement à Bourges contre l’ordre colonial qu’impose France en Kanaky en rupture avec les accords de décolonisation. Il a souligné l’importance de développer la solidarité concrète avec le peuple kanak avec l’exigence de la libération de tous les prisonniers politiques. Une présentation du collectif Solidarité Kanaky 18 a été faite, en rappelant son historique qui renvoie au Comité  Solidarité avec le Peuple Kanak fondé par Claire Dumas et Mathijs, il y a plus de 30 ans. Un moment fort à l’époque a été l’inauguration de la rue Jean Marie TJIBAOU par le maire PCF, J.C. Sandrier et Irène Félix, actuelle présidente de Bourges Plus (Agglo) qui a tenu à être présente dans la salle. Le collectif 18 qui poursuit ce combat est uni pour agir avec l’accord de la famille Vama avec laquelle il a échangé la coutume. Cela signifie notamment d’éviter de s’ingérer dans les questions internes aux forces politiques kanak, de soutenir le FNLKS et la CCAT et de mobiliser les milieux populaires pour développer la solidarité avec le combat du peuple kanak. Cela se concrétise par l’exigence de la libération des prisonniers politiques kanak.

Claire Dumas est intervenue pour donner le thème de la soirée « à l’heure de la reprise du dialogue entre le gouvernement et le FNLKS, mieux comprendre pour mieux soutenir le processus pacifique et irréversible de l’accession à l’Indépendance de la Kanaky-Nouvelle Calédonie sous l’égide de l’ONU ».

Elle a présenté le déroulé qui s’affichait sur écran en présentant les invités. En premier, Jacky Vama a présenté une vidéo sur l’entreprise d’agroforesterie de son frère Guillaume, qui a suscité un grand intérêt. Il a été suivi par l’échange avec José Bové, cofondateur de la Confédération paysanne, qui est la référente avec la CGT, de l’USTKE sur les enjeux de l’agriculture traditionnelle. Claire a lu une lettre de Guillaume Vama dans laquelle il montre l’importance de la formation des jeunes pour développer cette activité en lien avec la lutte pour l’Indépendance.

Après la projection du film « Kanaky-Nouvelle-Calédonie, la trajectoire (interrompue) du Caillou » présenté par son réalisateur invité Mehdi Lallaoui, un riche débat s’est instauré avec le public. Isabelle Leblic, anthropologue au CNRS coprésidente de l’AISDPK, invitée par le collectif, est revenue sur le film qui introduit toutes les questions qui se posent sur le processus des accords de Matignon Oudinot de 1988 et des accords de Nouméa de 1998. Maître François Roux, avocat historique du FNLKS, déjà venu à Bourges à l’occasion de sa visite à Guillaume, a développé sur les premières avancées du procès avec le dépaysement du tribunal à Paris et souligné l’importance des actions entreprises sur la question du droit international auprès de l’ONU. Dans la salle Mina Kherfi représentante de l’USTKE, membre du Parti Travailliste et une des responsables du Collectif Solidarité Kanaky est également intervenue pour dénoncer la gravité de la situation économique sociale et d’apartheid dans laquelle est tenu le peuple Kanak. A noter la présence de Nicolas Sansu député du Cher PCF. La fin des débats a été marquée par un moment d’émotion avec la coutume faite par Jacky Vama aux invités et organisateurs et les mots forts de José Bové prononcés en retour.

Les échanges ont pu se poursuivre dans le hall avec les invités autour de boissons et de victuailles, autour de la table de librairie bien fournie de revues dont des articles de notre journal, avant de repartir non sans avoir rempli la caisse de soutien. Succès de cette soirée, suivie par les familles en Kanaky et de l’Ile des Pins, qui fera date et dont nous avons eu nombre de retours chaleureux lors de la manifestation contre le racisme du 22 mars qui se sont concrétisés dans l’intervention particulièrement applaudie qu’a faite la Confédération Paysanne pour la libération de Guillaume Vama.

De gauche à droite, sur la première photo : Maître Roux, avocat historique du FLNKS; Mehdi Lallaoui, réalisateur du film sur la Kanaky; Isabelle Leblic, chercheuse au CNRS, co présidente de l’AISDPK, José Bové, cofondateur de la Confédération Paysanne, Mathys Schoevaert et Jacky Vama.

Sur la deuxième photo, Claire Dumas est à côté de José Bové