Parti Communiste des Ouvriers de France

Burkina ; déclaration de l’UGEB, à l’occasion de la commémoration du 36ème anniversaire de l’assassinat du camarade DABO Boukari
09 juin 2026

Nous publions le document de l’UGEB sur la situation politique et sociale qui règne au Burkina Faso et sur l’état du système universitaire, rendu public à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de DABO Boukari. Cette déclaration a été suivie immédiatement par l’arrestation du secrétaire générale du syndicat et de plusieurs militants. Nous dénonçons cette répression qui met en danger les camarades de l’UGEB et qui vise aussi le PCRV. Nous avons consacré une page à cette question dans La Forge de juin.

Union Générale des Etudiants Burkinabè – UGEB 

Camarades étudiantes et étudiants,

Sympathisantes et sympathisants,

Camarades militantes et militants,

19 mai 1990 – 19 mai 2026, cela fait exactement 36 ans que notre camarade DABO Boukary, alors étudiant en 7e année de médecine à l’Université de Ouagadougou, a été assassiné par les hommes de main du capitaine Blaise COMPAORE. En rappel, en mai 1990, les étudiants de l’Institut des Sciences naturelles / Institut de Développement rural (ISN/IDR), actuelle UFR/SVT, sous la bannière de leur corporation, engagèrent une lutte pour l’élargissement des libertés démocratiques, la transparence dans l’évaluation des connaissances et la suppression des critères ultra-sélectifs de passage.

En réponse à ces revendications légitimes, les autorités politiques et universitaires optèrent pour la répression en excluant les responsables de la corporation, les membres du Comité Exécutif de l’ANEB ainsi que plusieurs militants. Cette situation entraîna une grande mobilisation des étudiants, marquée par une marche de protestation organisée le 16 mai en direction du rectorat de l’Université de Ouagadougou pour exiger la levée des sanctions.

Mais comme il fallait s’y attendre, la manifestation fut violemment réprimée par les militaires du Conseil de l’Entente, ouvrant la voie à une véritable chasse à l’homme : arrestations, détentions, tortures, courses-poursuites dans plusieurs quartiers de Ouagadougou, perquisitions illégales et menaces contre les familles des militants.

Face à cette répression, le Comité exécutif et les responsables de la corporation furent contraints à la clandestinité. C’est dans ce contexte que le camarade DABO Boukary fut enlevé aux 1200 logements, conduit au Conseil de l’Entente puis torturé jusqu’à la mort. Cette répression, orchestrée notamment par Salifou DIALLO, Gilbert DIENDERE et BAMBA Mamadou, visait à liquider l’ANEB et à museler les étudiants.

Pendant 32 ans, la mobilisation des étudiants, des démocrates et des défenseurs de la justice au Burkina Faso et ailleurs permit de maintenir vivante la lutte pour la vérité et la justice dans l’affaire DABO. Cette persévérance aboutit finalement au procès historique de septembre 2022, qui condamna le général Gilbert DIENDERE, le médecin colonel BAMBA Mamadou et le sergent Victor Magloire YOUGBARE.

Camarades étudiantes et étudiants,

Sympathisantes et sympathisants,

Camarades militantes et militants,

La commémoration de ce 36e anniversaire de l’assassinat de notre camarade intervient dans un contexte international marqué par l’exacerbation de la crise structurelle et multidimensionnelle du système capitaliste impérialiste. Ainsi, les puissances impérialistes se livrent à une bataille féroce pour le repartage de la planète en zone d’influence, la conquête de nouvelles sphères de domination en vue de l’accaparement et le contrôle des matières premières et des débouchés. Ces rivalités s’expriment par la multiplication des guerres de rapine comme c’est le cas en Ukraine, au Soudan, en Afghanistan, en Syrie, au Pakistan, au Yémen, en RD Congo, etc.

Sur le plan africain, près de soixante-dix ans après les indépendances formelles, le continent africain continue de demeurer le concentré de tous les maux de la planète : analphabétisme, chômage, vie chère, maladies, pauvreté, famine, banditisme, guerres, misère, sécheresse, etc.

Au Sahel, les groupes armés terroristes, produits de l’impérialisme principalement français, continuent d’endeuiller les populations civiles et militaires à travers des attaques répétées, des massacres en masse des populations, des enlèvements de citoyens et des destructions d’infrastructures.

Les récentes attaques qui ont eu pour cible le cœur de la capitale Bamako au Mali et environnants viennent confirmer une fois de plus l’échec du putschisme, longtemps brandi comme solution dans la lutte contre le terrorisme.

Camarades étudiantes et étudiants,

Sympathisantes et sympathisants,

Camarades militantes et militants,

Sur le plan national, la situation demeure préoccupante au double plan politique et socio-économique.

Malgré la réception de lots de matériels militaires pompeusement médiatisés, la persistance de la guerre civile réactionnaire est patente, avec une recrudescence des attaques terroristes aussi bien de par leur ampleur que leur intensité. Cela révèle au grand jour, l’incapacité manifeste du MPSR II à rétablir la sécurité, près de quatre ans après sa prise du pouvoir, et contraste avec les premières déclarations de son chef, qui avait promis de mettre fin à la guerre en trois mois.

Pour faire avaler la pilule amère et masquer son échec patent à venir à bout de l’hydre terroriste, le pouvoir s’emploie délibérément à semer une confusion idéologique entre les concepts de putsch et de révolution, afin de détourner l’attention et la vigilance des masses.

Sur le plan des libertés, la situation actuelle comporte les mêmes traits caractéristiques que le contexte de 1990 en matière de remise en cause des libertés. Les pratiques quotidiennes du pouvoir en place rappellent à la conscience collective les pages les plus sombres de l’histoire de notre pays à travers le slogan : « Si tu fais on te fait et il n’y a rien ».

Des citoyens sont enlevés, séquestrés ; les uns sont emmenés au front, les autres gardés secrètement dans des lieux inconnus, des années durant, sans qu’ils n’aient la moindre occasion de comparaître devant un tribunal afin que l’on sache les faits qui leur sont reprochés. Au nom de la lutte contre le terrorisme, les libertés démocratiques, syndicales et politiques sont constamment violées.

L’adoption de la loi n°011 portant libertés d’association, ainsi que l’obligation faite aux associations de domicilier leur compte à la banque du Trésor, participent du projet du pouvoir de contrôler et s’approprier les moyens d’action des organisations démocratiques qui ont choisi de garder leur indépendance vis-à-vis de lui, afin de mieux les asphyxier.

C’est dans ce même registre que, s’inscrit le refus de délivrance de récépissés de renouvellement à certaines organisations syndicales, parfois plus de trois années après leur demande.

Ainsi, en septembre 2025, après la tenue victorieuse de son 32e congrès, le dossier de demande de renouvellement du récépissé de l’UGEB a d’abord été rejeté à la réception, sous condition que l’UGEB soustraie de ses statuts sa plateforme d’union ainsi que toute expression ayant trait à la « lutte », « défense », « revendication », « syndical », avant d’être finalement accepté après maintes et maintes tractations. A ce jour, soit plus de huit mois après le dépôt, notre organisation n’a toujours pas son récépissé. L’UGEB saisit cette occasion pour dénoncer les manœuvres visant à la liquider.

Sur le plan social et économique, la situation se caractérise par une paupérisation croissante des populations, accablées par la misère, la famine, la vie chère et croupissant sous le poids de taxes et d’impôts injustes. Concernant, le chômage, l’accès à un emploi décent est devenu un véritable luxe réservé à quelques rares « chanceux ».

Camarades étudiantes et étudiants,

Sympathisantes et sympathisants,

Camarades militantes et militants,

L’enseignement supérieur, 36 ans après l’assassinat de DABO, les préoccupations pour lesquelles lui et ses camarades se battaient demeurent plus-que d’actualité. Pis, elles se sont aggravées.

Sur le plan infrastructurel, les universités publiques sont confrontées depuis plusieurs décennies à une insuffisance criarde d’infrastructures (amphithéâtre, salles de cours, TP, laboratoires, toilettes etc.). Cette situation contraint souvent les étudiants et leurs enseignants à errer, tels des sinistrés, à la recherche de salles de cours. Dans les universités et centres universitaires, nombreux sont ceux qui ne disposent pas de sites propres.

D’autres sont contraints de loger dans les sites d’emprunt inadaptés aux effectifs des étudiants. À l’Université Yembila Abdoulaye TOGUYENI (UYAT) de Fada, les trois quart des promotions prennent les cours hors du site de l’université.

À l’Université Nazi BONI (UNB) de Bobo, les étudiants sont contraints de squatter dans près d’une dizaine de locaux éparpillés à travers la ville dans des conditions scabreuses.

Sur le plan académique et pédagogique, les universités publiques du Burkina Faso sont plongées dans un bourbier total depuis la mise en œuvre de la réforme LMD. Cette situation occasionne les retards académiques avec des années sans tête ni queue, les chevauchements d’années et de semestres, etc.

Aujourd’hui, les autorités affirment avoir pour priorité le rattrapage du retard. Pour cela, un arsenal de mesures issu de leur plan de résorption des années académiques a été appliqué.

Il a consisté à la récupération des périodes de vacances des étudiants durant deux années successives, à la programmation de manière intensive des cours et évaluations, à la diminution des volumes horaires de cours etc. Dans certaines universités, à l’exemple de l’Université Daniel Ouezzin COULIBALY (UDOC) de Dédougou et le Centre Universitaire (CU) de Kaya, les étudiants se sont vus imposé un programme de cours de 7h à 21h allant jusqu’à l’occupation des jours fériés et des dimanches.

Le plan a également consisté au bâclage de certains travaux pratiques et travaux dirigés ainsi qu’à la réduction considérable des volumes horaires de cours et de stage. À l’Université JKZ de Ouaga, par exemple, les heures de stage des étudiants de la 6ᵉ année de médecine sont passées de onze mois à seulement deux mois.

Au CU de Tenkodogo, le nombre d’heures de cours est passé de 20h à 10 h. Au CU de Manga, les volumes horaires dans les filières dites professionnelles ont été réduits de 15 à 8 heures.

À l’Université Lédéa Bernard OUÉDRAOGO (ULBO) de Ouahigouya, à l’institut de formation et de perfectionnement aux métiers (IFPM) et dans la promotion gestion foncière et immobilière (GFI 3) par exemple, les volumes horaires des modules comme Elaboration d’étude et planification local et celui de Droit de l’habitat social sont passés de 48h à 36h. Le bilan de la mise en œuvre de ce plan est sans équivoque avec des taux d’échec très élevés et jamais égalés.

À l’UJKZ, les promotions de Licence 2 MPCI P24 et de la Licence 3 mathématiques P22 ont enregistré en session normale du S3 et S5 respectivement 05 admis sur 301 étudiants, soit un taux de réussite de 1,66% et seulement 01 admis sur 27 étudiants, soit un taux de réussite de 3,7%.

À l’Université Norbert ZONGO (UNZ) de Koudougou, la Licence 2 Mathématiques promotion P23, a enregistré seulement 02 admis sur 147 étudiants en session normale du semestre 4 (1,36%).

C’est dans ces conditions que les autorités se félicitent à rompre les mains d’avoir rattrapé le retard. Sûrement après avoir consacré la formation au rabais et chassé en grande masse les étudiants des campus.

Comme si cela ne suffisait pas, elles ont concocté de nouveau, un régime d’étude cynique à travers les arrêtés n°2025-244 et n°2025-245/MESRI/SG/DGESuP, portant régime général des études respectivement des diplômes de Licence et de Master dans les institutions publiques et privées d’Enseignement supérieur et de Recherche. Ces textes contiennent des dispositions plus dangereuses et plus toxiques que ceux de 2019, farouchement combattues par les étudiants et, qui ont valu l’enlèvement et l’envoi des étudiants au front dans le cadre de la lutte contre leur application.

Ces arrêtés instituent désormais l’augmentation des frais d’inscription de 16 500 F à 51 500 F au master, soit une augmentation de plus de 300 % et l’exclusion en cas d’obtention de 40 % et 30 % de zéro dans les éléments constitutifs d’un semestre, respectivement en Licence et en Master entre autres.

Alors que l’absence à une évaluation est sanctionnée par la note de zéro, quel qu’en soit le motif, les autorités, à travers cette disposition, en viennent à nier de fait le droit des étudiants à tomber malades pendant les périodes d’évaluations.

Les conséquences de l’application de ce texte sont particulièrement lourdes et ont suscité une grogne, conduisant ainsi le ministère (MERSI) à instaurer un moratoire suspendant l’application de cette disposition pour l’année académique en cours.

À l’UDOC, par exemple, près de 600 étudiants devraient être exclus à l’issue des délibérations des sessions normales des semestres impairs.

Au CU de Kaya, en Physique et applications (Licence 2, semestre 3), 17 étudiants sur 57 seraient exclus. À l’UJKZ, 13 étudiants de la promotion Psychologie P24 seraient également exclus lors de la session normale du semestre 3.

La tenue récente de la conférence de presse du MERSI confirme que les autorités sont conscientes de la toxicité de leurs textes mais en lieu et place de les abroger s’entêtent à reporter son application.

Sur le plan social, la clochardisation de l’étudiant burkinabè est à son paroxysme. Les allocations sociales sont insuffisantes et leurs taux sont largement dépassés au regard du coût actuel de la vie. Concernant les bourses, elles sont accordées au compte-gouttes avec seulement 3,8 % des étudiants burkinabè qui en bénéficient. Quant à l’aide, environ 38,9 % des étudiants du public la perçoivent.

Une grande majorité d’étudiants se retrouve laissée pour compte sans possibilité de bénéficier ni de l’aide, ni du prêt dont le taux d’intérêts est fixé 6%.

En outre, la non-prise en compte de la situation académique réelle des étudiants ainsi que, la réduction du nombre de sessions de dépôt du FOSER, de cinq à trois, ont eu pour conséquence l’exclusion de milliers d’étudiants du bénéfice de leurs allocations, malgré les cris de détresse et les multiples interpellations formulées.

S’agissant de l’hébergement, sur 13 villes abritant les universités et centres universitaires publics, seules trois sont couvertes par ces services avec seulement 3% des étudiants qui sont logés.

Relativement au transport, il demeure une situation problématique pour les étudiants. En plus de l’insuffisance des bus, viennent s’ajouter la cherté du tarif et l’inadéquation entre les heures de service et les programmes académiques. Pour preuve, le ticket pour un trajet entre la ville de Ouagadougou et le site de l’université Thomas SANKARA coûte 500 F. Dans les villes de Tenkodogo et Manga, les lignes de la SOTRACO ne sont pas encore opérationnelles pour desservir les sites de cours.

Concernant la restauration, se munir d’un plat au restaurant universitaire relève d’un parcours de combattant. L’insuffisance des plats servis est de plus en plus criarde. Au CU de Kaya par exemple, 770 plats sont servis par jour pour plus de 1800 étudiants. Au CU de Gaoua, 566 plats sont servis par jour pour une population de 1270 étudiants. À l’UNZ, ce sont 10.000 plats qui sont servis pour 66.292 étudiants.

Quant à la qualité, elle laisse fortement à désirer. Il est désormais courant que des étudiants, après une consultation médicale, soient même déconseillés par des agents de santé de continuer à se restaurer au restaurant universitaire (RU).

Cette situation est d’autant plus alarmante qu’au cours de ses tournées dans les universités, le ministre de l’Enseignement supérieur, interpellé par un étudiant dénonçant la mauvaise qualité des plats servis, lui a répondu avec zèle et condescendance : « vous devez manger ce que vous trouvez, vous ne pouvez pas payer 100 FCFA et s’attendre à un repas de qualité ».

Ces propos honteux et indignes d’un ministre de l’enseignement supérieur disent long sur le mépris que, les autorités manifestent à l’endroit des étudiants et laissent entrevoir qu’elles nourrissent une volonté pernicieuse d’augmenter le prix du ticket de la restauration.

De plus, la réduction du quota mensuel de repas, passé de 70 à 65 traduit une volonté réelle des autorités d’affamer les étudiants pour faire des économies.

Sur le plan des libertés, des textes scélérats sur les franchises universitaires et libertés académiques sont à l’ordre du jour, en occurrence le décret de 2022 manifestement tout aussi liberticide que celui qu’il a remplacé notamment le décret n° 2012-646. Ce décret va jusqu’à nier l’existence des organisations à caractère syndical sur les campus.

Pour enfoncer le clou, nos espaces universitaires semblent se substituer en bastions de la pensée unique. Le ministre en charge de l’enseignement supérieur, encore lui, ne disait-il pas que le rôle de l’étudiant est d’obéir et de se taire ? C’est le lieu pour nous de rappeler que, l’université n’est pas un camp d’assujettissement et d’embrigadement encore moins une prison.

Elle est, par excellence, le lieu de la confrontation des idées, du débat et de la contradiction. Pour cela, les étudiants ont pleinement le droit de donner leurs opinions sur la conduite des affaires de l’université, surtout lorsqu’elles vont à l’encontre de leurs intérêts.

La crise sécuritaire que connait notre pays depuis plus d’une décennie frappe de plein fouet les universités et les étudiants. Le CU de Dori et l’Université YAT sont principalement les plus affectés. Le premier est dans une ville enclavée, sous embargo, et n’est accessible que par escorte militaire ou par voie aérienne. Quant à la seconde, elle a subi deux incursions terroristes au cours de l’année académique, dont la plus récente remonte au 19 mars 2026. Cette situation contribue à limiter les déplacements des étudiants qui vivent permanemment dans la psychose.

À l’étranger, les étudiants burkinabè font face à des conditions sociales, économiques et académiques particulièrement difficiles. À Dakar, le logement constitue le principal problème des étudiants burkinabè. Le coût moyen du loyer mensuel est de 70 000 FCFA, avec une bourse mensuelle de 55 100 FCFA et d’une aide au logement de 30 000 FCFA pour les plus « chanceux » qui disposent de bourse.

Dans l’agglomération parisienne, la réalité est tout aussi alarmante. Le studio meublé coûte entre 500 (soit 327 978 FCFA) et 950 euros (soit 623 159 FCFA) par mois et la chambre de colocation environ 480 euros/mois (soit 314 859 FCFA). Le tout face à une bourse de 552 euros (soit 362 087 FCFA) et une aide au logement dérisoire de 76 euros (soit 49 852 FCA). Que dit des non boursiers ?

En France, dans le cadre du projet de loi de finance 2026, le Senat français a adopté une mesure injuste et xénophobe, qui prévoit la suppression de l’Aide personnalisée au logement (APL) pour les étudiants étrangers non boursiers et une augmentation de 50 % des frais de renouvellement du visa, pouvant atteindre 100 euros (soit 65 595 FCFA).

Ces mesures visant particulièrement les étudiants étrangers s’inscrivent dans la continuité du plan « Bienvenue en France » lancé en 2019, qui a déjà entraîné une explosion des frais d’inscription les multipliant par 16 avec 2 895 euros (1 898 493 FCFA) pour une année de licence et 3 941 euros (2 584 626 FCFA) en master contre respectivement 170 euros (soit 111 512 FCFA) et 243 euros (soit 159 409 FCFA) pour les étudiants français et européens.

Camarades étudiantes et étudiants,

Sympathisantes et sympathisants,

Camarades militantes et militants,

La commémoration de ce 36e anniversaire de l’assassinat de notre camarade, intervient également dans un contexte où les autorités politico-universitaires ont informé l’UGEB au cours d’une rencontre, de leur ambition de récupérer le terrain DABO de l’UJKZ en vue de la construction d’un complexe pédagogique et d’une stèle en son hommage en précisant que, cette mesure s’inscrirait dans le cadre de l’Initiative Présidentielle pour une Education de Qualité (IPEQ).

Si l’UGEB n’est pas contre le principe de construire des infrastructures, elle s’insurge sur le fait d’arracher aux étudiants le terrain DABO qui représente un symbole de lutte et de résistance.

Camarades étudiantes et étudiants,

Sympathisantes et sympathisants,

Camarades militantes et militants,

En acceptant donner sa vie pour la juste cause des étudiants, DABO demeure un martyr et le symbole vivant de la jeunesse et l’exemple type de la résistance estudiantine.

Par son acte de bravoure, de courage et d’exemplarité, son nom reste à jamais gravé dans la mémoire collective des étudiants et de notre peuple.

Malgré sa courte et intense vie, le sacrifice de DABO constitue un exemple de courage, de combativité et d’engagement. C’est pourquoi, la commémoration de ce jour anniversaire de la disparition du camarade DABO, vise à lui rendre hommage, à magnifier son esprit de sacrifice et de résistance mais aussi à mettre en garde les apprenti-fascistes afin qu’aucun étudiant ne soit intimidé, menacé et assassiné pour la défense des intérêts matériels et moraux des étudiants. L’UGEB appelle l’ensemble des étudiants burkinabè à :

  • ✓se mobiliser en son sein afin de se battre pour exiger l’amélioration de nos conditions de vie et d’études et s’organiser pour résister face à la répression ;
  •  ✓rester vigilant afin que, les criminels et tortionnaires de DABO en prison purgent convenablement leurs peines tout en refusant la consécration de l’impunité au nom d’une quelconque grâce ou amnistie ;
  • ✓se mobiliser pour exiger la vérité et la justice sur les cas d’enlèvement, de séquestration, tortures et d’enrôlements forcés d’étudiants sous le MPSR II.

L’UGEB invite enfin les étudiants à se mobiliser pour faire des activités commémoratives dans les différentes sections, un franc succès.

Non à la prime de l’impunité aux auteurs de crimes de sang !

Vive la journée DABO Boukary !

En avant pour de meilleures conditions de vie, d’études et pour plus de liberté !

Plein succès aux activités commémoratives du 36e anniversaire de l’assassinat de DABO !

Vive l’UGEB !

Pain et liberté pour le Peuple

Fait à Ouagadougou, le 19 mai 2026

Le Comité exécutif