Parti Communiste des Ouvriers de France

Canicule : Une politique qui aggrave la situation
07 juillet 2026

Face aux canicules à répétition et à celles à venir, jamais le gouvernement, celui-ci comme les précédents, ne parlent de s’attaquer aux causes pour essayer de limiter au maximum dans les prochaines années la hausse des températures. Pire, il prend des décisions qui continuent de favoriser les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique. En plus de cela, il tente de démanteler les agences d’ingénierie publiques comme l’ADEME (1), ou les CAUE (2), dont les missions contribuent à la préservation de l’environnement ! Face à ces attaques, la riposte s’organise.

Il est beaucoup question, dans les discours, d’adaptation au changement climatique. S’adapter est aujourd’hui une nécessité, voire une obligation, sous peine de catastrophe humaine et environnementale de grande ampleur  ; mais le choix des mesures d’adaptation n’est pas neutre comme on le constate à propos de la climatisation.

La question de la climatisation

Quand on a plus de 35 degrés dans son logement, et qu’il est avéré que nous aurons des épisodes caniculaires à répétition, la tentation est forte de se tourner vers l’achat d’un climatiseur… encore faut-il en avoir les moyens ! Car au-dessus d’un certain seuil, le bon vieux ventilateur ne suffit plus à supporter des chaleurs extrêmes. Et cela d’autant plus qu’on se retrouve face à l’inaction du gouvernement, incapable de nous protéger collectivement. A part de nous dire de ne pas oublier de boire de l’eau, de nous mettre à l’ombre et de veiller aux plus fragiles, on ne peut pas dire que les conseils de santé publique France nous aient beaucoup aidés  ! Qu’il faille climatiser des espaces comme les hôpitaux, les Ehpad, des établissements scolaires, certains lieux publics… semblent une évidence car nous n’avons aujourd’hui pas vraiment d’autres choix. Prévoir des lieux refuges climatisés pour tous ceux qui vivent dans des « bouilloires thermiques » est aujourd’hui une exigence. Mais climatiser tout, partout, est une aberration. Les émanations de gaz réfrigérant des climatiseurs dans l’atmosphère ont un pouvoir de réchauffement supérieur au CO2 .

Dans des zones très urbanisées et très climatisées, les rejets d’air chaud contribuent à créer des îlots de chaleur. Mais, surtout, ces appareils sont gros consommateurs d’électricité. Il faudrait donc produire toujours plus d’électricité. Les nouvelles centrales nucléaires promises par Macron ne verront le jour que dans plusieurs années et, en attendant, des centrales nucléaires existantes sont à l’arrêt pour cause de sécheresse et de manque d’eau dans les rivières, eau nécessaire à leur refroidissement.

Faudra-t-il envisager de remettre en service les centrales à gaz ou à charbon productrices de CO2 et donc de gaz à effet de serre ? Ce que l’on constate pour le moment, c’est que les infrastructures ne sont pas adaptées à une hausse importante des températures. D’un bout à l’autre du pays, la canicule a causé des dégâts sur les réseaux de transport et de distribution d’électricité. RTE et Enedis, les deux gestionnaires de réseaux, prévoient de très lourds investissements pour les rendre plus robustes au réchauffement climatique. Son coût, n’en doutons pas, se répercutera sur les utilisateurs… Les canicules vont nous coûter cher à tout point de vue, économiquement mais aussi en termes de santé humaine et d’environnement. Et la climatisation, on le voit, ne règlera pas tout !

Volte-face du RN

«  Nous [le Rassemblement national] n’avons jamais été climatosceptiques » , a affirmé Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, le 28  juin sur BFM – TV. Malheureusement pour ce parti et ses dirigeants, les déclarations aux médias (radio, télévision ou journaux) sont là pour contredire cette affirmation péremptoire. Il est de notoriété publique que ce parti a toujours été climatosceptique.

Le Monde a relevé quelques perles, dont les déclarations le 5  janvier  2024 de l’actuel maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès (alors député de l’Aude) sur BFM TV  : « Réchauffement climatique  ?

Dérèglement climatique  ? Le 3  janvier  2024, la Suède a enregistré les températures les plus basses depuis vingt-cinq  ans, avec –  43°C. A cette heure, nous n’avons pas encore de commentaires du GIEC. Ils ne se sont toujours pas manifestés  », confondant dans son ironie météo et climat.

Sans toujours nier directement le réchauffement climatique comme avait pu le faire en son temps J.-M. Le Pen, ce sont surtout des discours relativisant ou minimisant ces phénomènes et/ou mettant en doute le rôle des activités humaines dans le réchauffement. Le RN a également souvent pris pour cible le GIEC et les travaux des scientifiques sur ce sujet, sans parler de sa détestation des écologistes, qu’il contribue à criminaliser.

C’est sans doute pour tenter de faire oublier ses positions passées qu’aujourd’hui il attaque à boulet rouge l’exécutif, dénonçant « l’incapacité de l’Etat, des gouvernements, à prévoir, à organiser les choses » , et présente son plan de climatisation généralisée. Quant à la surconsommation d’électricité que le «  tout-climatisation  » entraîne, ce fervent partisan du tout-nucléaire, n’y est pas hostile.

En plus de sa démagogie la plus crasse, il montre son incompétence. ★


1. ADEME : Agence de l’environnement et de lamaîtrise de l’énergie. Elle finance des projets innovants d’infrastructure dans le domaine de la transition énergétique et écologique, aux côtés d’investisseurs privés.
2. CAUE  : Conseil d’architecture, d’urbanismeet de l’environnement est une association qui accompagne les acteurs du territoire et le grand public dans un objectif de qualité de l’architecture et de son environnement.

Rupture numéro 4 Réchauffement climatique et destruction de l’environnement : système impérialiste responsable

En février 2025, notre parti éditait le numéro 4 de sa revue Rupture consacré à la question de l’écologie. Il le faisait à partir de ses outils d’analyse marxiste-léni niste, liant question théorique, politique, et pratique de la lutte de classe. Dans le contexte actuel où la canicule que nous venons de vivre a remis au premier plan des préoccupations des ouvriers et des masses populaires la question du réchauffement climatique, nous invitons nos camarades à faire connaître et diffuser plus largement ce numéro ; nous invitons nos lecteurs qui ne le connaîtraient pas encore, à se le procurer en le commandant à notre société d’éditions ou auprès de nos militants. Il faut que la juste colère qui s’exprime contre le « gouvernement de l’inaction », se nourrisse de la conscience de la responsabilité du système capitaliste impérialiste – dont ce gouvernement défend les intérêts – et renforce notre volonté collective de mettre à bas ce système « broyeur de vies ». Nous reproduisons ci-dessous un court extrait d’un entretien avec un paysan savoyard, militant de la Confédération paysanne publié dans la revue.

La fuite en avant de l’agriculture industrielle Dans les années à venir l’agriculture devra faire face aux graves conséquences du dérèglement climatique auquel elle contribue de façon significative : par sa surconsommation d’énergie directe (carburants, gaz, électricité) et indirecte (béton, acier, engrais azoté issu du gaz naturel, produits phytosanitaires, transport, transformation, stockage…). L’emploi massif de pesticides (la France figure parmi les pays d’Europe et du monde qui en consomment le plus) et l’utilisation intensive d’engrais, ont permis dans un premier temps d’augmenter les productions, mais à quel prix ? Dépendance vis-à-vis des monopoles de l’agrochimie, pollution des eaux, usure des sols, contamination des producteurs et des populations ! La mécanisation à marche forcée favorise la concentration des terres dans les mains de ceux qui ont les moyens d’investir. Les paysans disparaissent et les engins de plus en plus lourds détruisent les sols. La destruction des haies, le drainage des surfaces humides, la disparition des prairies naturelles, la monoculture sur de grandes surfaces, détruisent la biodiversité, conduisent au déclin des polinisateurs et entame la capacité d’absorption du CO2 .

Ce type d’agriculture ne fait pas que contribuer au dérèglement climatique. Il en aggrave également les conséquences : incapacité à retenir les eaux et inondations en cas de fortes pluies, érosion des sols, progression de la désertification à l’échelle de la planète, phénomène qui menace également l’Europe du Sud (Portugal, Espagne, Grèce, Italie, et qui n’épargnera pas le sud de la France).