Parti Communiste des Ouvriers de France
10 juin 2026

Editorial

Après la bataille pour le 1er Mai, préparons-nous aux suivantes

L’attaque contre le 1 er Mai, seul « jour férié, chômé et payé » vient de loin. Gouvernement, patronat, droite, macronistes et extrême droite font le forcing pour parvenir à détruire ce droit, mais la riposte du mouvement syndical, du mouvement ouvrier et de la jeunesse a été forte, cela s’est vue dans la rue.

C’est pour le défendre que des dizaines de milliers de manifestants, beaucoup de jeunes et des militants, sont sortis pour dire, comme l’affiche notre « Une » : « Non à la guerre, non à l’austérité ».

Ce mot d’ordre est le fil rouge qui relie les articles, un fil qui relie les combats historiques de la classe ouvrière d’hier à ceux d’aujourd’hui.

C’est la dimension développée par l’article sur le Front populaire , à lire et à garder à portée de main (page 11). « Il est important de resituer le Front Populaire dans son contexte : celui de la montée du fascisme, de l’aiguisement des contradictions inter-impérialistes et de la préparation de la guerre contre l’Union soviétique », qui explique les tactiques communistes de l’époque : « la politique du front unique prolétarien complétée à la politique de front populaire antifasciste ».

Et qui se conclut par une des leçons pour aujourd’hui : « La nécessité d’inscrire la lutte contre la militarisation et la fascisation dans la lutte pour une rupture révolutionnaire avec le système capitaliste-impérialiste ».

La lutte contre la militarisation et la fascisation

La fascisation se décline dans plusieurs domaines et de différentes façons. Nous en soulignons certains.

C’est le RN de Bardella qui se révèle être un parti « pro business » en reprenant toutes les exigences du patronat et en s’affichant ostensiblement aux côtés des dirigeants du Medef.

C’est notamment l’offensive de la réaction pour contrôler les médias, avec Bolloré qui impose ses idées et ses hommes à la tête du conglomérat médiatique qu’il possède déjà – en licenciant le patron de Grasset – et le ciottiste Alloncle, allié du RN, qui sonne la charge contre le service public audiovisuel, pour préparer sa privatisation.

C’est aussi le racisme promotionné sur les médias, et qui se déchaîne contre des maires issus de l’immigration, élus haut la main, lors des dernières municipales. A ce propos, nous rappelons que « le combat contre le racisme ne concerne pas seulement les victimes du racisme et qu’il doit se mener dans l’unité la plus large » et toutes les avancées qu’elles ont permises, dans l’unité des travailleurs et « dans la compréhension du lien entre le système capitaliste impérialiste, ses guerres de pillage et de repartage, avec le phénomène de l’immigration ». La lutte contre la militarisation est abordée sous plusieurs angles, qui se complètent.

Le premier cible « TotalEnergies, profiteur de guerre ». Ce monopole a réalisé 6 milliards de profits en spéculant sur le pétrole et le gaz. Les actionnaires se goinfrent sur le dos des travailleurs obligés de remplir le réservoir de leur voiture pour aller travailler (85 % des travailleurs en zone rurale). Un des mots d’ordre pour tous les usagers populaires : bloquer les prix du carburant.

Cet article est complété par celui sur la paupérisation , inhérente au capitalisme et accentuée par le système impérialiste, avec chiffres et mécanismes : là aussi un article à conserver et à étudier.

Nous retraçons le combat qui va de la lutte « pour la paix », au « non à la guerre impérialiste » qui s’impose aujourd’hui, car la guerre impérialiste se prépare concrètement. Ce combat a commencé à se mener dans le mouvement syndical aujourd’hui. Nous avons voulu « donner des billes » pour que ce combat se développe et s’exprime (page 11). Sous cet angle, on peut dire que les manifestations syndicales du 1 er Mai y ont participé.

La lutte contre la militarisation qui prépare la guerre fait l’objet d’une campagne, sous forme de pétition, « Non à l’économie de guerre et à la militarisation de la société ». Notre parti est signataire de cette pétition qui réunit déjà 60 organisations (page 16). Il appelle à la faire connaître et à s’y associer.

Le mois de mai, c’est aussi celui de l’anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (1986).

Les monopoles du lobby électronucléaire, les constructeurs de voitures électriques, les compagnies minières spécialisées dans l’extraction du lithium (hyper polluant), sont boostés par le « plan d’électrification à marche forcée » de Macron. C’est l’occasion aussi pour lui de généraliser la « méthode Notre-Dame » qui balaie tous les freins – normes environnementales, normes de sécurité « excessives » – au nom de l’efficacité et surtout de l’accélération des procédures pour développer des projets stratégiques – et réaliser le retour sur investissement le plus rapide possible.

Sur le plan international, ce journal revient sur la guerre que mène l’Etat sioniste contre le Liban , avec le témoignage direct d’un ami libanais qui parle notamment de la résistance du peuple libanais. L’Etat sioniste a arrêté la flottille, dans l’illégalité la plus totale, mais la solidarité avec le peuple palestinien se poursuit et la dénonciation de la complicité de la France doit s’amplifier. Les 700 000 signatures contre la loi Yadan, de criminalisation de toute critique de la politique génocidaire de l’Etat sioniste, réunies en quelques jours, les rassemblements et protestations ont fait reculer momentanément le gouvernement qui a déjà annoncé qu’il reviendrait à la charge.

L’impérialisme français, en difficultés en Afrique sub-saharienne, renforce ses liens politiques et militaires avec le gouvernement du Bénin et celui de Côte-d’Ivoire, contre les juntes militaires au pouvoir au Mali , Niger, Burkina Faso, soutenus par l’impérialisme russe. L’offensive des groupes djihadistes et des Touaregs au Mali venait de commencer : l’impérialisme français n’y est pas étranger. Il faut suivre cette situation qui déstabilise cette vaste région, où survivent, dans des conditions toujours plus dures, des populations exténuées . ★


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