Parti Communiste des Ouvriers de France

En novembre 2024 les ouvriers et les salariés avaient mené une grève majoritaire importante de 12 jours avec blocage pour arracher de meilleures conditions de départ, suite au plan du patron qui prévoyait 234 suppressions d’emplois pour février 2025. Suite à ce mouvement pendant lequel ils ont montré leur détermination et où la solidarité s’est exprimée de manière très forte tout au long du mouvement, ils ont gagné une hausse importante des primes de départ. L’intersyndicale avait exigé que ces conditions de départ soient aussi appliquées à l’avenir, en cas de nouveau plan de restructurations. Car dans de nombreuses têtes l’avenir de l’usine était compromis, vu la crise dans le secteur automobile.

Le patron vient d’annoncer la fermeture pure et simple de l’usine pour juin/juillet, le temps de finir d’honorer les quelques commandes qui restent. 320 emplois supprimés ! Pour les salariés c’est un nouveau coup dur ! L’action du 13 février « Usine Morte » répond à ce nouveau plan. L’intersyndicale CGT – CFDT a appelé à la grève de tous et à la solidarité extérieure.

Dans son communiqué de presse de janvier, le syndicat CGT de Dumarey dit notamment :

« Notre colère est légitime, les salariés refusent d’accepter les conditions imposées par la direction, ils revendiquent :

– la revalorisation des indemnités supra légales

– l’augmentation de la durée du congé de reclassement et du budget formation

Soyons lucides, Dumarey a les moyens financiers avec un site valant plusieurs centaines de millions d’euros, un capital social de 81 millions d’euros ainsi qu’un parc machines récent. Mais sans mobilisation forte, aucune concession ne sera accordée. »

Ces exigences, les syndicalistes et beaucoup de salariés les considèrent comme leur DÛ !

Plus de 200 personnes se sont retrouvées à l’entrée du site de Dumarey, où brûlait très tôt un feu de palettes. Les salariés distribuaient un tract aux voitures et camions qui passaient devant l’entreprise. Ce fut un concert incessant de klaxons de soutien. Nos camarades ont participé à l’action pour apporter le soutien du parti.

Les discussions avec les salariés et les syndicalistes, les prises de parole des militants Dumarey, ont éclairé la difficulté de la situation actuelle. Dans le plan précédent, la direction a licencié les trois quarts de l’équipe syndicale CGT, comme des militants CFDT. Dans les ateliers, les fortes têtes qui entraînaient leurs collèges dans la lutte, ont été mises sur la liste des départs. L’atmosphère, les conditions de travail se sont dégradées. Difficile de garder le moral quand on soupçonne que cela va vers la fin.

Malgré cela, une bonne partie des salariés étaient en grève.

Ils y ont rencontré leurs anciens collègues, les anciens de l’équipe syndicale qui sont venus les soutenir et les encourager « Ne lâchez pas ! ». Ils ont apporté leur témoignage pour montrer qu’il faut se battre ; qu’augmenter la durée du congé de reclassement est une nécessité: 10 ou 12 mois ne suffisent pas pour retrouver un emploi. Des salariés licenciés dans le dernier plan, environ 120, n’ont pas retrouvé de travail actuellement et se retrouvent au chômage. Beaucoup de syndicalistes ont dénoncé tout le profit que le patron s’est mis dans les poches, résultat du labeur des salariés (160 millions de dividendes depuis 2017, dénonce la CGT). Et aussi les aides publiques de 35 millions et le « franc symbolique » au moment où General Motors a cédé l’usine à Punch-Dumarey. Alors revaloriser la supra-légale n’est pas exagéré. D’ailleurs jamais le patron n’a voulu dire ce qu’il a fait avec ce qui reste des 60 millions injectés dans le plan de 2024. Un militant CGT, licencié, qui avait été dans le combat de 2024, exhorte ainsi les travailleurs : « Il ne faut pas que cette fermeture se résume juste à cette journée d’aujourd’hui. Pour moi, vous pouvez aller chercher beaucoup plus que nous, car ils ont les moyens de payer. Dumarey s’enrichit sur notre dos. C’est une fermeture, c’est inéluctable, vous serez dehors au mois d’août. Alors battez-vous, les collègues, on vous soutiendra. On fera des collectes s’il faut. Mais ne partez pas juste en ayant fait cette journée, sinon c’est encore lui qui gagne. Il faut que cela fasse des vagues, cela ne doit pas passer sous silence. Regarder ce qu’ils ont eu à côté chez Novasco : ils ont eu plus que nous. Ils n’ont pas fait aussi longtemps grève. Tout est possible ».

L’intervention a été vivement applaudie et « Dumarey doit payer » a été lancé et repris par les militants et les salariés.

Des syndicalistes d’autres secteurs étaient là aussi, comme les militantes de la CGT Hôpitaux, Santé action sociale, l’agro, d’Educ’action, une délégation CFDT de la région Lorraine, les militants des UL. Les partis de gauche étaient venus les soutenir. Une prise de paroles a eu lieu où tout le monde pouvait exprimer son soutien. Des messages de soutien ont été envoyés. Les jeunes étudiants de la FSE ont également apporté leur soutien et le porte-parole a fait le parallèle entre la répression des syndicalistes et travailleurs. « Les étudiants doivent lutter aux côtés des travailleurs … on est solidaire de la lutte de travailleurs, on se rendra sur les piquets de grève pour asseoir un rapport de force, pour gagner des victoires, … on ne veut plus servir de chair à patron … Il y en a assez pour tout le monde et Dumarey doit payer »

Notre camarade porte-parole est intervenu pour resituer la fermeture de l’usine du port du Rhin dans le contexte général du système, où la logique des patrons de toujours plus de profits prend une ampleur inégalée entraînant fermetures d’entreprises, casse de secteurs entiers. Dumarey a fait main basse sur le travail des ouvriers, qui n’ont que leur force de travail à vendre. Ce ne sont pas les ouvriers qui sont comptables de cette situation, Dumarey doit payer.

Toute cette solidarité montre l’importance de ce combat. Et pour dire « ne lâchez pas – vous pouvez compter sur notre soutien »

L’action « USINE MORTE » a montré que malgré la situation actuelle complexe et difficile, cette mobilisation a été un réel succès ; la solidarité reste un moyen pour encourager ceux qui veulent se battre. Beaucoup attendent une suite.