Parti Communiste des Ouvriers de France

C’est par la grève, les manifs, avec la solidarité ouvrière et populaire qu’on arrache nos revendications !
10 octobre 2025

Bayrou était à peine poussé vers la sortie que les critiques de ses « amis » sont tombées. Gestion trop solitaire, trop brutale, … tout y passe. Leurs reproches ne portaient pas sur le fond – nous faire payer – mais sur la façon d’essayer de justifier ces milliards de soi-disant économies sur le budget de l’Etat. A force de brandir le risque de faillite de l’Etat endetté, d’évoquer le FMI et sa gestion criminelle de l’austérité mortifère imposée au peuple grec, Bayrou a effrayé une bonne partie de la base sociale et électorale de la macronie. Il a surtout mis en colère la masse des travailleurs, actifs et retraités, des hommes et femmes des milieux populaires, des jeunes qui ont tout de suite compris que c’était eux qui allaient payer les «  40 milliards  », augmentés des 4 milliards que Macron a ajoutés, de son propre chef, pour que le budget des armées et de police soient les seuls à augmenter ! Avec ces 44 milliards, le projet de budget annoncé par petits bouts pendant les mois d’été, a été rapidement qualifié de budget de méga-austérité.

Quand il est devenu évident que les seuls à être épargnés de toute contribution fiscale étaient les riches, et même les hyper-riches, les grandes entreprises qui engrangent des milliards de profits, le rejet est monté d’un cran. Et quand les aides financières, sous forme de subventions et autres exonérations fiscales et sociales, pour les patrons, ont commencé à être documentées et comptabilisées – jusqu’à 270 milliards – la contestation s’est encore amplifiée. Le grand patronat est monté au créneau, à travers notamment le président du Medef et quelques multi-milliardaires, pour essayer de nier ce que tout le monde supputait depuis des années, mais qui n’avait pas été chiffré. Puis, quand l’exigence de «  taxer le capital » a commencé à monter, le Medef a haussé le ton. Il s’est fait menaçant, allant même jusqu’à parler de se «  mobiliser massivement  ». Bayrou n’était plus là, débarqué suite à sa décision bravache de « poser la question de confiance au parlement  ».

C’était Lecornu, clone de Macron, qui a pris ses fonctions le jour même de la grande mobilisation du 10 septembre, promettant des «  changements de forme et de fond ».

Durant plus de trois semaines, il a procédé à des consultations, suscitant des espoirs chez les dirigeants du PS, qui se sont portés candidats pour le futur gouvernement, pour finir par être renvoyés à leur rôle d’opposants responsables au parlement.

Dans la rue, les grosses mobilisations du 18 ont montré que la masse des militants et des manifestants ne croyaient pas à ces changements et qu’ils disaient toujours Non à la politique et au budget d’austérité.

Lecornu a rapidement donné des gages au patronat  ; pas de réelle taxation du Capital ! pas de remise en cause des fondements de la politique néolibérale que Macron applique sans discontinuité, gouvernement après gouvernement.

Il a «  piégé  » les dirigeants du PS en annonçant qu’il allait donner tout le temps nécessaire à la discussion parlementaire du projet de budget, en ne recourant pas au 49.3.

Autrement dit, il veut obliger le PS à participer à cette discussion, à faire des propositions d’amendements… Parallèlement, il a passé une alliance non déclarée avec le RN, pour que ce dernier ne le censure pas, et il a battu le rappel de tous les leaders des droites et de la mouvance macroniste, pour former un gouvernement dont le maître mot est d’assurer la stabilité politique. Avec la reconduction de la plupart des ministres de Bayrou aux postes-clés, il espère pouvoir « durer », ce qui n’est aucunement garanti.

Une des missions de Lecornu est d’essayer d’empêcher la cristallisation de la contestation sociale sur une ou l’autre question concrète (comme cela a été le cas au moment du « non aux 64 ans  » de la contre-réforme des retraites) et de tout ramener à la discussion parlementaire.

Ce n’est pas le terrain de la contestation sociale dont les fronts de mobilisation se sont multipliés.

Il y a les mobilisations de la jeunesse, pour pouvoir manger à sa faim, étudier correctement, ne pas se faire matraquer quand elle revendique pour le climat, pour défendre son droit à un avenir et qu’elle se solidarise avec les peuples, comme le peuple palestinien.

Il y a les travailleurs et les usagers du système public de santé. Il y a les ouvriers et les travailleurs qui font grève pour faire plier les patrons qui veulent licencier, leur faire payer la « casse sociale ».

Il y a les salariés de l’audiovisuel public qui se battent contre son démantèlement et la razzia des milliardaires d’extrême droite… C’est par la grève, c’est par les manifs, c’est avec la solidarité ouvrière et populaire qu’on arrache nos revendications ! ★