CIPOML : Les contradictions fondamentales de notre époque s’accroissent, et le scénario actuel offre des conditions plus favorables à l’activité révolutionnaire de nos partis 13 janvier 2026
Nous publions quelques extraits du texte sur la situation internationale issu des travaux de la dernière plénière de la CIPOML. Il a été rédigé avant l’agression du Venezuela.
Le texte complet est à lire sur notre site.
L’une des caractéristiques les plus marquantes de la scène internationale actuelle est l’intensification de l’agressivité de l’impérialisme américain.
(…) La présence de Donald Trump à la Maison Blanche a aggravé les contradictions inter-impérialistes, y compris avec ses alliés traditionnels, car son slogan « Make America Great Again » (Rendre sa grandeur à l’Amérique) est, dans la pratique, un cri de guerre lancé par les monopoles internationaux les plus puissants et les secteurs les plus réactionnaires de l’oligarchie impérialiste américaine, dans le but de récupérer les positions que les États-Unis ont perdues sur la scène économique et politique mondiale ces dernières années. (…) Donald Trump a relancé le recours direct à la menace d’une intervention militaire comme moyen de soumettre ceux qui expriment leur désaccord ou résistent à ses politiques interventionnistes. Il a averti qu’il pourrait intervenir militairement pour « reprendre » le contrôle du canal de Panama ; il s’est exprimé en des termes similaires concernant son intention d’annexer le Groenland et le pôle Nord. Ses menaces contre la Russie persistent et il tente de parvenir à un accord avec celle-ci pour se partager l’Ukraine. Il apporte notamment un soutien économique et militaire à Israël pour dévaster la Palestine. (…) Depuis fin août, les États-Unis ont déployé une flotte navale dans le sud des Caraïbes, ce qui a été dénoncé comme une préparation à une invasion du Venezuela. (…) Entre les mains des capitalistes, l’IA n’est pas mise en œuvre pour libérer du temps de travail ou améliorer la vie de la classe ouvrière, mais pour réduire les coûts de main-d’œuvre, intensifier le contrôle sur le processus de production et approfondir la concurrence entre capitalistes. Son introduction accélère la tendance historique à remplacer le travail vivant par le travail mort, générant un chômage structurel et élargissant l’armée de réserve industrielle, ce qui pousse à son tour les salaires à la baisse et précarise davantage les conditions de travail.
De plus, l’IA devient un instrument idéologique et disciplinaire. Les plateformes numériques, la surveillance algorithmique et la gestion automatisée du travail permettent un contrôle plus exhaustif des rythmes, des mouvements et des comportements des travailleurs, tout en renforçant de nouvelles formes d’exploitation, telles que le travail à la tâche ou les contrats « indépendants » à court terme au lieu d’emplois permanents à temps plein. (…) Dans le même temps, ces technologies permettent de faire progresser les mécanismes de contrôle de masse de la population, tels que la reconnaissance faciale et d’autres systèmes de surveillance. Ce n’est pas un hasard si le domaine militaire a été la première cible du développement de l’IA : sa recherche et son financement ont été fortement motivés par les besoins de défense et la concurrence géopolitique. Aujourd’hui, les grands monopoles technologiques chinois et américains dominent ce secteur stratégique.
La dégradation accélérée de l’environnement que connaît la planète est la responsabilité du système capitaliste.
Elle se traduit aujourd’hui par des perturbations climatiques de plus en plus extrêmes : vagues de chaleur sans précédent, inondations dévastatrices, incendies de forêt massifs et perte accélérée de biodiversité. Ces phénomènes ne sont pas des événements isolés ou de simples « cycles naturels » ; ils sont le résultat direct d’un modèle économique basé sur l’exploitation illimitée des ressources et l’accumulation effrénée. Les pays capitalistes les plus développés ont toujours été les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre, de la consommation excessive d’énergies fossiles et de l’expansion des industries polluantes. Bien qu’ils représentent une minorité de la population mondiale, ils concentrent la majeure partie de l’empreinte écologique et ont bâti leur richesse sur un modèle de production qui ignore les limites de la planète.
Leur bras armé est constitué des monopoles et des grandes sociétés transnationales, dont le pouvoir économique et politique leur permet d’imposer des pratiques hautement polluantes dans la recherche du profit. Les entreprises des secteurs de l’énergie, des mines, de l’agroalimentaire et des transports ont joué un rôle central dans la destruction des écosystèmes, la déforestation massive, l’expansion des infrastructures polluantes et l’obstruction systématique à des politiques environnementales fortes. Tout en externalisant les coûts environnementaux vers les communautés et les pays les plus vulnérables, elles continuent de promouvoir un modèle extractif qui intensifie les catastrophes naturelles et aggrave la crise climatique mondiale.
L’exploitation des terres dites rares révèle la profonde contradiction du « capitalisme vert », qui promet une transition écologique sans remettre en question les logiques d’accumulation qui ont produit la crise environnementale. La production de technologies « propres » – telles que les voitures électriques, les batteries à haute capacité ou les éoliennes – dépend d’une extraction minière intensive dont l’approvisionnement implique la destruction des écosystèmes, la contamination des sols et des eaux, et des conditions de travail effroyables dans les pays dépendants.
Ainsi, sous le discours de la durabilité, les grandes puissances et les grandes entreprises transfèrent les coûts environnementaux et sociaux vers d’autres régions, reproduisant des relations néocoloniales tout en se présentant comme des leaders climatiques. (…) Une militarisation croissante de la société est en cours, qui impacte les plans économique, politique et social.
La plupart des pays subordonnent leurs budgets, leurs politiques publiques et leurs modes de gestion à la préparation à la confrontation, renforçant les appareils répressifs, criminalisant la protestation et normalisant la présence militaire dans des sphères qui appartenaient auparavant à la vie civile.
Ce phénomène est particulièrement visible dans les pays capitalistes les plus développés, où la puissance militaire est non seulement un élément central de la politique étrangère, mais aussi un facteur structurant de l’ordre interne. La militarisation ne se limite pas à l’augmentation des budgets de défense ou au renforcement des appareils armés ; elle s’exprime également dans la manière dont les États, les médias et les grandes entreprises façonnent les perceptions, les comportements et les priorités sociales selon une logique sécuritaire.
L’augmentation soutenue des dépenses militaires aux États-Unis, dans l’Union européenne, au Japon, en Chine, en Russie et dans d’autres pays impérialistes et capitalistes développés, en est un signe évident.
Au cours des dernières décennies, (…) les pays capitalistes occidentaux ont consacré une part croissante de leur PIB à l’équipement militaire, à la modernisation technologique et au renforcement d’alliances stratégiques telles que l’OTAN. (…) Au niveau culturel, la militarisation opère à travers le divertissement, l’éducation et la publicité. Des industries telles que Hollywood et les jeux vidéo entretiennent des relations étroites avec les complexes militaroindustriels, reproduisant des récits qui glorifient la guerre, l’héroïsme martial et la supériorité technologique. La figure du soldat est présentée comme un symbole d’ordre, de sécurité et de patriotisme, tandis que les conflits géopolitiques sont simplifiés afin de légitimer les interventions militaires ou l’expansion des bases à l’étranger. Cette pénétration culturelle contribue à faire percevoir la force comme une réponse naturelle ou inévitable aux tensions internationales.
Enfin, la militarisation prend également des formes économiques. Le complexe militaro-industriel est l’un des secteurs les plus lucratifs du capitalisme contemporain. Les entreprises qui se consacrent au développement d’armes, de systèmes de surveillance et de technologies à double usage font pression sur les gouvernements pour obtenir des contrats de plusieurs milliards de dollars. Cette alliance entre l’État et le capital fait de la guerre et de la préparation à la guerre un moteur économique, faussant les priorités sociales et détournant des ressources qui pourraient être consacrées à la santé, à l’éducation, au logement ou à la lutte contre le changement climatique.
Conférence internationale des partis et organisations marxistes-léninistes (CIPOML),
Novembre 2025
