Parti Communiste des Ouvriers de France

Clap de fin pour le CLEPT
10 juin 2026

Dans une réunion autour de notre journal, à Grenoble, des lectrices ont évoqué la colère des jeunes – et de leur enseignants – qui ont brutalement appris que la structure qui accueille des «  décrocheurs scolaires », était en cours de démantèlement.

Cette expérience d’un « Collège Lycée Élitaire Pour Tous » est en place depuis plus de 25 ans, mais le recteur d’Académie a décidé ce printemps d’y mettre fin en s’appuyant sur une enquête administrative à charge qu’il a commanditée.

Cela fait partie des mesures d’austérité et de la recherche d’économies que subissent l’ensemble des élèves, des enseignants et des personnels de l’Éducation nationale, mais cela va plus loin. Comme le rappelle le communiqué des élèves, ce sont les piliers fondamentaux sur lesquels repose le CLEP qui sont remis en cause  :

«  l’accès à des savoirs exigeants pour tous, la confiance, le collectif, la place donnée à notre parole et la conviction que nous sommes capables d’apprendre comme les autres ».

Comme ils le disent, ce qui disparaît, «  c’est un lieu où les savoirs reprennent du sens, parce qu’on nous reconnaît enfin capables d’y accéder pleinement ».

Alors que le système scolaire est de plus en plus sélectif et dégradé pour les élèves des milieux populaires, qu’il reproduit et accentue les inégalités sociales, ce ne sont pas seulement des enfants ayant eu des « difficultés scolaires » qui sont sacrifiés, mais des jeunes qui «  ont vécu des expériences douloureuses, des humiliations, des violences institutionnelles qui peuvent laisser des blessures profondes » ; des jeunes qui ont « été mis en difficulté par un système qui n’a pas su prendre en compte [leurs] réalités, [leurs] parcours, [leurs] blessures ».

C’est l’illustration, une fois de plus, qu’austérité et réaction vont de pair.

Au-delà du CLEPT, c’est l’idée même d’une école qui puisse être un lieu « qui émancipe », un lieu « où la parole des élèves existe, où elle est écoutée, respectée, considérée  », qui est remise en cause. Les élèves actuels, les anciens élèves, les parents, les équipes enseignantes, abasourdies par la brutalité des attaques, ont raison de se battre.

Nous les soutenons.

Le texte des élèves a été publié sous forme de pétition  » class= »lien-journal » target= »_blank » rel= »noopener noreferrer »>https://c.org/ZQL7SXQXXG★


Correspondance Grenoble