Parti Communiste des Ouvriers de France

Colère et solidarité populaire face à des feux d’une ampleur catastrophique
28 juillet 2026

Ces incendies ravagent en ce moment des dizaines de milliers d’hectares de forêts en France et en Espagne. Ils menacent des grandes agglomérations comme celles de Madrid et de Bordeaux. Des centaines de maisons ont été détruites. En Gironde, plus de 200 000 habitants ou vacanciers ont été évacués, y compris des EHPAD et des établissements médicaux sociaux ; des milliers de personnes ont dû abandonner leur domicile. Une pollution de l’air et des seuils d’alerte aux particules fines largement dépassés dans plusieurs départements sont sources d’importants risques sanitaires pour les personnes fragiles et les femmes enceintes. De nombreuses entreprises ont été détruites ou ont dû cesser leur activité (comme c’est le cas pour plus de 13 5000 d’entre elles en Gironde), avec de milliers de salariées concernés dans les secteurs industriel, du tourisme et de l’agriculture… L’incendie de la forêt de Fontainebleau en Ile-de-France, comme ceux de Bretagne ou en Finlande, il y quelques années, montrent que ce ne sont plus seulement les régions du Sud qui sont concernées.

Les profits avant l’écologie, les rafales avant les canadairs !

Devant l’ampleur du sinistre, l’État a mobilisé des militaires pour seconder les pompiers, organiser l’évacuation des populations menacées et sécuriser les zones sinistrées. A grand renfort de publicité, le gouvernement a annoncé l’aménagement d’un avion de transport miliaire A400M en bombardier d’eau… et la distribution massive de masques FFP2 pour la population des zones concernées. Mais cela ne peut faire oublier l’impréparation manifeste face à de telles catastrophes pourtant tout à fait prévisibles :

  • La situation très difficile des SDIS (Services départementaux d’incendie et de secours) qui manquent d’effectifs et leur sous-équipement, notamment en bombardiers d’eau (faute d’entretien et de renouvellement de la flotte, seuls 7 canadairs sur 12 sont actuellement opérationnels !)
  • La division par 2 du nombre d’agents de l’ONF, chargés de l’entretien des forêts et les coupes sombres dans les budgets des collectivités locales
  • Les politiques d’urbanisme et d’aménagement du territoire inadaptées aux risques climatiques alors que dans le même temps l’Etat tente de museler ou de liquider les services en charge de l’aménagement et de l’environnement (DREAL, DDTM, ONF, OFB, CAUE, ADEME, CEREMA …), et d’assouplir les règles d’urbanisme.
  • Le soutien à une sylviculture industrielle de monoculture, particulièrement inflammable, exploitée par des propriétaires privés pour les grands groupes de l’industrie du bois.
  • La destruction accélérée de l’agriculture paysanne extensive jugée « peu rentable », en particulier méditerranéenne et pastorale, ce qui accentue l’enfrichement des territoires, au bénéfice de l’agriculture intensive de plaine jugée « plus rentable » et qui capte toutes les aides publiques.
  • La militarisation à marche forcée et la mobilisation de toutes les ressources pour l’armement et l’économie de guerre, aux dépens de la sécurité sanitaire, sociale et écologique. 

Le Mouvement de la Paix l’illustre dans un communiqué où il indique « Le sous-équipement en avions Canadair est notoire malgré les revendications des pompiers. Il faut retenir à cet égard que le coût d’un Canadair est d’environ 50 millions d’euros, alors que le coût d’un Rafale, cet avion susceptible de porter l’arme nucléaire (avec tous ses équipements) est de l’ordre de 250 millions d’euros. La France possède 170 Rafale et la loi de programmation militaire prévoit d’atteindre rapidement le chiffre de 225 avions Rafale. »

Respect aux pompiers et à la solidarité populaire !

L’engagement et le courage des pompiers -professionnels et volontaires- sont exemplaires et unanimement salués. La population de son côté n’a pas eu besoin des conseils du gouvernement (« Veillez sur vos voisins, en période de canicule » !) pour multiplier les initiatives de solidarité autour des pompiers et des victimes des incendies.

Parmi de nombreux témoignages, celui d’une camarade : « J’ai dû héberger mes deux petites filles évacuées de leur logement à Die dans la Drôme à cause de l’incendie, la mère préparant des repas pour les pompiers. »

Comme les mégafeux du Canada ou de Californie, ces incendies sont le résultat d’un profond dérèglement climatique, qu’ils alimentent encore en retour.  Les responsabilités et l’impréparation des dirigeants politiques, le scandale des surprofits et des choix budgétaires, font grandir la colère contre Macron et son gouvernement. Ils poussent à se poser la question d’un changement profond de l’organisation et des règles de la société. Un changement qui ne pourra se faire, sans une rupture radicale avec les lois du marché et la course aux profits consubstantielles à un système broyeurs de vies qui menace aujourd’hui la planète et la société toutes entières.

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