Contre la criminalisation de la solidarité avec le peuple palestinien, le combat continue ! 10 juin 2026
Les exactions commises par Israël au Liban et en Palestine poussent peu à peu le gouvernement français à prendre ses distances, au moins en apparence, de l’Etat sioniste. Après les images scandaleuses du ministre israélien des affaires étrangères Ben Gvir , humiliant les militants de la flottille pour Gaza après leur enlèvement en pleine mer, la France s’est vue obligée de l’interdire d’accès . Le ministre a cependant rappelé à cette occasion qu’il considérait les initiatives comme la flottille de Gaza inutiles et surchargeant les services consulaires.
Néanmoins, les images du ministre israélien se moquant de militants maltraités ainsi que les récits de la violence de leur arrestation et des tortures qui ont suivi l’ont poussé à saisir la procureure de la république.
Depuis, le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour torture et crime de guerre qu’il a confié à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (qui regroupe des enquêteurs de la police judiciaire et de la gendarmerie).
L’autre front médiatique sur lequel le gouvernement se voit contraint de prendre position est celui des salons d’armement . Depuis 2024, la pression se fait de plus en plus forte sur les autorités françaises, en particulier au travers de la campagne « Stop Arming Israël » pour interdire les entreprises israéliennes des grands salons d’armement français qui sont des événements parmi les plus importants du commerce militaire mondial.
Cette année-là, le gouvernement avait annulé la participation d’Israël au salon Eurosatory sous la pression du mouvement de solidarité mais la justice avait opportunément invalidé la décision. Aujourd’hui, comme en 2025 au salon aérien du Bourget, le gouvernement a pris une mesure minimale en décidant d’interdire aux entreprises israéliennes participantes d’exposer du matériel offensif, ce qui réduit de moitié le nombre d’exposants par rapport à l’année dernière.
Ces mesures d’affichage ne doivent cependant pas faire oublier que le gouvernement français se refuse toujours à prononcer de véritables sanctions contre Israël et son industrie de guerre. Dans les faits, la répression contre les militants du mouvement de solidarité n’a pas cessé. Plusieurs étudiants ont été traînés en justice pour apologie du terrorisme ou antisémitisme à l’image de Téba , l’étudiante de la Sorbonne qui vient d’être condamnée à 4 mois de prisons avec sursis et 10 000 euros d’amende pour avoir simplement exclu d’un groupe de discussion whatsapp des comptes abonnés à des contenus proisraéliens.
L’avocat franco-palestinien Salah Hamouri , expulsé d’Israël en 2022 après y avoir passé dix ans en prison pour son activisme, est toujours menacé. Les préfets décident systématiquement d’interdire les conférences et débats auxquels il est invité pour « menace à l’ordre public » même si les recours au tribunal administratif auxquels sont contraints, lui et les organisateurs, finissent par casser ces décisions. Ce fut le cas encore récemment à Besançon : si la conférence a finalement été autorisée par la justice, il n’a pu y participer qu’en visio-conférence. Il est aussi victime aujourd’hui d’accusations mensongères de la part du Shin Bet (le renseignement intérieur israélien) qui l’accuse d’avoir animé une cellule terroriste depuis l’étranger, accusations qui visent évidemment à le faire inculper en France pour le faire taire. Une tribune de soutien déjà signée par plusieurs personnalités de gauche a été publiée sur Mediapart pour dénoncer ce harcèlement.
Les autorités refusent aussi toujours de renouveler le visa du militant Ramy Shaat , qui a passé deux ans en prison sous le régime réactionnaire égyptien du général Sissi, alors qu’il est marié à une française et père d’une petite fille, sous prétexte encore une fois qu’il représente une menace à l’ordre public. Grâce à la mobilisation du mouvement de solidarité qui a fait de lui un citoyen d’honneur de la ville de Nanterre et qui a organisé un rassemblement de 150 personnes devant la commission des expulsions des Hauts-de-Seine qui examinait son dossier, cette dernière a émis un avis défavorable à son expulsion, mais ce n’est qu’un avis consultatif et le combat doit continuer.
Il faut faire connaître ces combats et ces quelques victoires juridiques, ici ou ailleurs, comme en Suisse où le tribunal de Genève a blanchi cinq militants ayant participé à des rassemblements interdits en 2023 et 2024 en précisant qu’un génocide était probablement en cours à Gaza et que des militants ne sauraient être condamnés pour avoir réclamé la paix.
Continuons à nous battre pour imposer enfin des sanctions concrètes contre l’Etat sioniste d’Israël ! ★
